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MessagePublié: 20 Octobre 2018, 22:43 
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La fin est proche: Pablo Servigne explique la collapsologie en trois mots
APOCOLLAPSE NOW (7/7) L’inventeur du concept de collapsologie nous aide à comprendre les néologismes de cette discipline…

Emilie Petit, avec Laure Beaudonnet

A l’occasion d’Une autre fin du monde est possible, Pablo Servigne nous aide à comprendre les néologismes de cette discipline.
Depuis Comment tout peut s’effondrer paru en 2015, il est présenté comme le prophète de l’effondrement.
Voici un petit lexique de collapsologie en vidéo.
Au mois d’août, 20 Minutes a consacré une série d’articles à la collapsologie. Et comme le sujet nous (et vous) a passionnés, on a décidé de reprendre la série à l’occasion de la sortie d’Une autre fin du monde est possible, signé Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle. L’inventeur du concept de collapsologie nous aide à comprendre les néologismes de cette discipline.

En découvrant la collapsologie, on rencontre tout un tas de nouveaux mots. « Patho-adolescence », « terra quasi incognita », « vivalisme » [et bien d’autres] surgissent entre les lignes d’Une autre fin est possible coécrit par Pablo Servigne, ingénieur agronome et docteur en biologie, Raphaël Stevens, écoconseiller, et Gauthier Chapelle, également ingénieur agronome et docteur en biologie. L’ouvrage édité chez Seuil arrive comme une réponse à Comment tout peut s’effondrer, publié en 2015, qui réunissait des indices du passé et du présent pour tenter de tracer des trajectoires du futur. Cette fois, les trois auteurs offrent des pistes de réflexion sur la manière de vivre (et pas seulement de survivre) l’effondrement de la civilisation thermo-industrelle.

A l’occasion de la parution de ce livre jeudi, nous sommes allés à la rencontre de Pablo Servigne, à Crest, dans la Drôme. On en a profité pour lui demander une petite définition des mots les plus obscurs que nous avons rencontrés au fil des pages. Voici un petit lexique de collapsologie en vidéo.


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La fin est proche: Pablo Servigne, un agitateur pas si pessimiste de la collapsologie
APOCOLLAPSE NOW (6/7) Pablo Servigne publie « Une autre fin du monde est possible » ce jeudi…

A l'occasion de la parution de son nouveau livre, Une autre fin du monde est possible, co-écrit avec Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, nous sommes allés à sa rencontre près de chez lui, dans la Drôme.
Portrait d'un collapsonaute qui ne jure que par la sobriété.
Au mois d’août, 20 Minutes a consacré une série d’articles à la collapsologie. Et comme le sujet nous (et vous) a passionnés, on a décidé de reprendre la série à l’occasion de la sortie d’Une autre fin du monde est possible, signé Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle. On a rencontré l’inventeur du concept de collapsologie, chez lui, dans la Drôme.

Le regard humble, le discours précis, Pablo Servigne n’est pas à l’aise avec l’exercice de l’interview, mais il joue le jeu. A mi-chemin entre le scientifique et le prophète des temps modernes, l’inventeur du terme « collapsologie » a tout l’air d’une star qui s’ignore. A peine assis à notre table dans un restaurant de Crest, dans la Drôme, un client s’approche timidement pour lui murmurer un « merci » sincère. Depuis la parution en 2015 de son best-seller coécrit avec Raphaël Stevens (Comment tout peut s’effondrer a été vendu à 45.000 exemplaires et les ventes sont continues), il est fréquemment alpagué par des passants dans le métro qui lui disent : « Vous avez changé ma vie ». Même la cheffe cuisinière de l’établissement bio où nous sommes attablés pour discuter de son prochain ouvrage Une autre fin du monde est possible publié ce jeudi chez Seuil, n’a pas pu s’empêcher de sortir de la cuisine pour lui témoigner sa gratitude.


« Pour moi le collapse, c’était évident si on avait cette culture scientifique et Raphaël l’avait »

« Il y a plein de jeunes pousses qui émergent, je ne suis pas le seul… J’ai un gros boulot pour mettre les projecteurs sur les autres », insiste, entre deux bouchées, cet agronome de formation aux faux airs de Che Guevara. Collapsonaute averti, comment est-il passé de l’étude du comportement des fourmis -il a fait de l’éthologie après ses études d’agronomie- à la notion d’effondrement ? « Gauthier Chapelle, le troisième larron avec qui j’ai écrit L’Entraide, l’autre loi de la jungle, m’a présenté Raphaël Stevens en 2012 à Bruxelles », explique-t-il. Les deux hommes ont deux choses en commun : ils font le même constat sur l’état du monde et sont « bibliopathes », boulimiques d’études scientifiques..

Pour Raphaël et Pablo, l’écriture de Comment tout peut s’effondrer répondait à un manque. « On a fusionné nos trois bibliothèques sur le collapse, on a plus de 1.000 bouquins et près de 4.000 articles scientifiques. On n’a pas trouvé le bouquin qu’on aurait aimé lire. On aurait aimé quelque chose qui fasse un état des lieux de toutes les disciplines scientifiques et qui inclut la complexité, sur le modèle de la description du sociologue Edgar Morin, avec l’effet de domino », insiste Pablo Servigne qui a été imprégné pendant ses études par la complexité, l’auto-organisation et les phénomènes non-linéaires. « J’ai fait ma thèse à Bruxelles, au laboratoire Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie qui a découvert les lois du chaos. Pour moi le collapse, c’était évident si on avait cette culture scientifique et Raphaël l’avait ».

Au début, ça n’a pas été facile, on les prenait pour des fous. Il a fallu que Pablo Servigne soit publié et invité au Parlement européen pour qu’on commence à le prendre au sérieux. Cinq ans après, ça a bien changé : il est interviewé partout et les discussions qui portent sur l’effondrement de la biodiversité ou le réchauffement climatique se terminent souvent de la même manière : « As-tu lu Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne ? ». On ne peut plus le louper.

« On a fait le choix de vivre dans un habitat léger, on n’a pas de prêt à la banque, on ne paye plus de loyer… »

Encore la semaine dernière, juste après le dernier rapport alarmiste des experts du Giec, il est apparu aux côtés d’une vingtaine de youtubeurs pour tenter de créer un gigantesque lobby citoyen. La vidéo Il est encore temps, vue plus de 9 millions de fois, appelle à mener des actions concrètes pour le climat. En la regardant, on se demande forcément comment (sur) vit ce « chercheur in-terre-dépendant ». « Je n’ai pas besoin de gagner ma vie, je l’ai. Je suis en vie, rétorque-t-il. Il y a tout un imaginaire à déconstruire ». Mais pour remplir l’assiette de sa famille, il n’a pas le choix. Il est bien obligé de jouer le jeu du système. « On a fait le choix d’acheter un habitat léger avec nos économies, on n’a pas de prêt à la banque, on ne paye plus de loyer… Ma compagne est médecin, elle travaille peu, ce qu’il faut pour vivre. Maintenant que je publie, je peux demander un peu plus pour mes conférences. Ca me permet de faire moins de conférences et de gagner du temps à la maison pour m’occuper des poules, du potager, des enfants », décrit cet adepte de la sobriété.

Il a choisi la campagne, « le sauvage », pour ses deux enfants. « On ne voulait pas qu’ils grandissent en ville dans le béton », insiste-t-il. Et, pour lui, deux mots d’ordre : la débrouille et dépenser moins. Il a souvent côtoyé les milieux anarchistes, les punks, les squats dans sa vie. Le système D ne lui pose pas de problème. Et, même s’il n’a pas de télévision, il nous parle de l’émission Nus et culottés coréalisée par Nans Thomassey, l’un de ses amis. Selon lui, partir à l’aventure, dépouillé, et se prendre « la vie dans la gueule », c’est le meilleur moyen de créer des liens authentiques.

On s’attendait à rencontrer un dépressif au bord du suicide, on s’étonne de trouver un (presque) optimiste. « Il y a beaucoup de choses à faire pour limiter les dégâts, assure-t-il avant de citer l’étude sur le climat publiée au mois d’août dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Selon elle, un effet domino pourrait transformer la Terre en étuve d’ici quelques décennies, même si l’humanité parvient à limiter la hausse des températures à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

« Il peut y avoir un sursaut incroyable en très peu de temps, on a une puissance extraordinaire »

« C’est comme si on était sur une pirogue. Le courant commence à secouer, on ne peut plus s’arrêter. A deux cents mètres, il y a des chutes. Certains se disent : "Allons à contre-courant". Mais on n’a pas la puissance, le courant est trop rapide. D’autres disent : "Essayons d’atteindre le bord et accrochons-nous". Ça remue trop. Les scientifiques de cette étude disent : "On peut encore s’accrocher à un petit rocher". De manière coordonnée, on peut encore arriver à ce petit rocher [ces 2°C de moyenne]. Si on arrive à s’accrocher, on ne tombe pas dans les chutes [planète étuve], par contre on n’a jamais vécu ça depuis 800.000 ans », pointe-t-il. Se coordonner, ramer tous et s’accrocher, il n’y a plus que ça.

Le rapport du Giec donne très peu de temps pour se retourner. « Il peut y avoir un sursaut incroyable très rapidement, on a une puissance extraordinaire, on est encore coordonnés, on a un climat de paix », égrène Pablo Servigne. L’idée, c’est de faire en sorte de vivre le mieux possible ensemble avec cette situation. Il faut se raconter de nouvelles histoires : Une autre fin du monde est possible. Il n’a pas de doute là-dessus.



https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2357163-20181019-video-fin-proche-pablo-servigne-explique-collapsologie-trois-mots


https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2356151-20181018-video-fin-proche-pablo-servigne-agitateur-si-pessimiste-collapsologie


... La suite, histoire de mettre toute la série (oui, je suis comme ça, quand je commence, faut que je termine... :mrgreen: )... Et comme ça, ça annonce le deuxième bouquin de Pablo Servigne (j'ai pas lu le premier, mais comme ça, je sais qu'il y en a un second..), et ça résume pas mal de trucs qui à déjà été dit plus haut...


Après... même en étant optimiste et en suivant sa vision hautement optimiste (pour ne pas dire naïve à mes yeux, et le côté "Aie confiance" ça me fait surtout penser à Ka qui veut bouffer Mowgli, mais bon... XD ), perso, ça ne me rassure pas vraiment... :|
De toute façon, un fois l'état de droit effondré... il n'y aura plus rien que je ne puisse apporter à ce bas monde... :mrgreen:

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Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
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MessagePublié: 21 Octobre 2018, 12:40 
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En découvrant la collapsologie, on rencontre tout un tas de nouveaux mots. « Patho-adolescence », « terra quasi incognita », « vivalisme »

Ce ne sont aaaabsolument pas des néologismes issus du milieu de la collapsologie ; ils proviennent très clairement des bouquins de Servigne/Stevens/Chapelle — ou du milieu de la permaculture new-age (pléonasme ?) pour la 'patho-adolescence'.
Je ne suis d'ailleurs pas sûr que ces néologismes soient forcément un ajout bienvenu à la collapsologie (puisque nous abordions la question du jargon lors de nos innombrables discussions sur la sociologie post-moderne :P ).

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Et comme ça, ça annonce le deuxième bouquin de Pablo Servigne (j'ai pas lu le premier, mais comme ça, je sais qu'il y en a un second..), et ça résume pas mal de trucs qui à déjà été dit plus haut...

Il s'agit en fait du 3ème livre écrit par le trio. Le premier était Comment tout peut s'effondrer (Servigne et Stevens), qui est à mon sens une excellente introduction à la question de l'effondrement et le bouquin grand public le plus complet qui ait jamais été fait sur le sujet. Le deuxième est L'entraide : l'autre loi de la jungle (Servigne et Chapelle), qui est également intéressant dans la mesure où il tempère l'affirmation selon laquelle en période de trouble, c'est le chaos et le chacun-pour-soi qui règnent.

J'attends ce troisième bouquin avec beaucoup d'impatience (et une vague inquiétude), car pour avoir pu en discuter avec le principal intéressé, son contenu est apparemment très différent — et moins scientifique — que celui des deux premiers livres.

Chimère a écrit:
Après... même en étant optimiste et en suivant sa vision hautement optimiste (pour ne pas dire naïve à mes yeux, et le côté "Aie confiance" ça me fait surtout penser à Ka qui veut bouffer Mowgli, mais bon... XD ), perso, ça ne me rassure pas vraiment... :|

C'est l'approche retenue par Servigne pour aborder l'effondrement : après avoir mis le public face aux éléments factuels et indices qui indiquent que le risque d'un effondrement global n'a jamais été aussi élevé, il reste toujours très optimiste et essaye de « désamorcer » les sentiments très forts (colère, peur, tristesse, etc) que cette nouvelle fait naître.
L'idée est de ne pas désespérer les gens, mais de les inciter à en parler entre eux et à se bouger les fesses pour mettre en place des solutions possibles (collectifs de villes en transition, micro-ferme en permaculture, ou que sais-je).
C'est une approche qui marche très bien, auprès d'un large public pas forcément réceptif à la base aux questions d'effondrement. C'est ce qui explique aussi à mon sens que Pablo soit en train de devenir (un peu malgré lui, je pense), le « nouveau pape français de la collapsologie » (sic, pour reprendre une formule de je ne sais plus quel média).

Si tu veux une approche plus, hum, réaliste ou pessimiste (rayez la mention inutile), tu peux te tourner vers les conférences de Vincent Mignerot de l'association d'Adrastia (par exemple celle qu'il a donné sur Thinkerview). Lui reste très froid et factuel, ne passe pas sous silence les choses horribles qui pourraient se passer en cas d'effondrement ni le fait qu'il pourrait n'y avoir aucune porte de sortie pour y échapper : les collectifs de villes en transition ne sont pas d'une grande utilité en cas de conflit généralisé ou pour faire face à des hordes de migrants fuyant des pays devenus invivables sous l'effet du réchauffement climatique. Un potager en permaculture ne sert à rien non plus dans un monde avec un réchauffement à +5°C (il n'est pas sûr qu'il soit encore possible de faire de l'agriculture !).
Je suis personnellement plus en phase avec ce qu'il dit (parce que je suis personnellement réaliste ET pessimiste :mrgreen: ), mais c'est une démarche qui est nettement moins consensuelle et qui est assez mal vue de la grande majorité des gens : trop déprimante, trop désespérée... Cela a valu à V. Mignerot beaucoup de critiques très acerbes — voire franchement agressives.

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MessagePublié: 21 Octobre 2018, 14:54 
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Fascinante cette interview ! Faudrait vraiment que je regarde plus de vidéos Thinkerview.

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Ar Soner a écrit:
Si tu veux une approche plus, hum, réaliste ou pessimiste (rayez la mention inutile), tu peux te tourner vers les conférences de Vincent Mignerot de l'association d'Adrastia (par exemple celle qu'il a donné sur Thinkerview). Lui reste très froid et factuel, ne passe pas sous silence les choses horribles qui pourraient se passer en cas d'effondrement ni le fait qu'il pourrait n'y avoir aucune porte de sortie pour y échapper : les collectifs de villes en transition ne sont pas d'une grande utilité en cas de conflit généralisé ou pour faire face à des hordes de migrants fuyant des pays devenus invivables sous l'effet du réchauffement climatique. Un potager en permaculture ne sert à rien non plus dans un monde avec un réchauffement à +5°C (il n'est pas sûr qu'il soit encore possible de faire de l'agriculture !).
Je suis personnellement plus en phase avec ce qu'il dit (parce que je suis personnellement réaliste ET pessimiste :mrgreen: ), mais c'est une démarche qui est nettement moins consensuelle et qui est assez mal vue de la grande majorité des gens : trop déprimante, trop désespérée... Cela a valu à V. Mignerot beaucoup de critiques très acerbes — voire franchement agressives.


Ah, ben, c'est sûr que présenter un futur entre Mad Max et Soleil Vert, ça ne fait pas rêver les gens - surtout si ces stupides bobos jardiniers des villes doivent apprendre à se protéger contre des hordes de basanés qui vont venir les bouffer pour survivre.

Sinon, quelqu'un sait où je pourrais trouver un vieux paysan dont la disparition soudaine ne se ferait pas trop remarquer ? Non, je demande parce que je ne suis pas sûr que je pourrais m'acheter un lopin de terre avec les 2000 euros que j'ai sur mon compte... Alors, une petite appropriation façon squat agricole...
Ah, et aussi, où trouver des parpaings pas trop chers et de bonne qualité pour me faire des murs de 2 mètres de haut... enfin, en espérant que les hordes de migrants aient perdu l'habitude de grimper aux arbres...


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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 18:56 
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Qu'on s'entende bien : le fait qu'il y aura des migrants n'est pas embêtant à cause de la xénophobie. C'est embêtant parce qu'avec le réchauffement climatique qu'on va se payer, il y en aura sans doute des millions qui vont se déplacer en quête de terres où la survie sera possible. Et autant quelques milliers de migrants comme aujourd'hui ça peut se gérer, autant des millions... ça va générer d'énormes problèmes.

De deux choses l'une : ou l'Europe accepte les migrants, avec tous les risques d'exploitation, d'esclavage moderne, de tensions civiles et la montée du racisme/xénophobie qui ira avec, ou alors les pays ferment leurs frontières et chassent (dans le meilleur des cas) les migrants qui n'ont pas quitté leurs pays par plaisir mais pour essayer de vivre, les renvoyant à la mort.

Dans les deux cas, on (nous autres êtres humains) est clairement perdants. Sur toute la ligne. Et s'interdire d'aborder ce problème sous couvert de dénonciation d'une pseudo-xénophobie ne règlera pas la question, au contraire.

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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 19:32 
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Cid Picador a écrit:
surtout si ces stupides bobos jardiniers des villes doivent apprendre à se protéger contre des hordes de basanés qui vont venir les bouffer pour survivre
[...]
enfin, en espérant que les hordes de migrants aient perdu l'habitude de grimper aux arbres...

Vous voyez, quand je vous disais que l'approche « pessimiste/réaliste » faisait réagir ! :P

Je pense qu'il faut préciser plusieurs choses, car je résume en une phrase et de façon très lapidaire des sujets assez complexes :

  • je ne tape pas bêtement sur les « stupides jardiniers bobos des villes » ; je suis moi-même en train de défricher un bout de terre pour en faire un jardin. On peut avoir plein de raisons de faire un jardin... notamment des raisons économiques, vu l'état général du monde du travail et la réduction des prestations sociales (si la plupart des maisons ouvrières avaient un potager, ce n'était pas juste pour le plaisir !).
    En revanche, et c'est le fond des propos de Vincent Mignerot, il ne faut pas se bercer de douces illusions sur la capacité de notre petit jardin à nous permettre de résister au changement climatique et à vivre dans l’opulence alors que le reste du monde connaîtra lui une pénurie alimentaire forcée. Les scénarios de réchauffements supérieurs à 3°C, qui ont malheureusement de fortes chances de se réaliser compte-tenu de l'enthousiasme général pour la décroissance, prévoient des modifications radicales des équilibres naturels : il ne sera probablement plus possible de faire de l'agriculture « comme avant » (voire plus du tout, pour les scénarios à +5°C ou +6°C).
    Tout cela ne doit pas dissuader de cultiver son jardin à soi, maintenant à l'instant t. En revanche, il faut être lucide sur la résilience que ce dernier permet : elle est forte à faible et moyen terme, mais nulle sur le long terme. La permaculture ne sauvera pas le monde, contrairement à ce qu'on entend souvent dans les milieux décroissants (mais on attend qu'elle fasse ses preuves dans un cadre scientifique rigoureux, ça serait déjà un bon début !).

  • je pense qu'il faut faire une distinction entre problème des migrants tel qu'il se pose à l'heure actuelle, et tel qu'il se posera dans 50 ans. A l'heure actuelle, les migrants qui arrivent en France, c'est peanuts ; avec un peu de volonté politique et sociale, on pourrait sans aucun problème les accueillir dans de bonnes conditions et les intégrer à la population.
    Le problème risque d'être différent d'ici 2050 : là encore, les scénarios de réchauffement climatique les plus pessimistes (vers lesquels nous nous dirigeons gaiment) prévoient des changements radicaux, notamment dans les zones proches de l'équateur. La forêt tropicale se transforme en savane, l'emprise des déserts et zones arides s'étend, un certain nombre de cours d'eau sont à sec pendant la majeure partie de l'année... Bref, l'Afrique va devenir nettement moins hospitalière. Or il se trouve que c'est un continent qui va connaître également une véritable explosion démographique : il va passer de 1,2 milliards d'habitants à 2 - 3 milliards en 2050... précisément dans les régions qui seront les plus touchées par le réchauffement. Difficile de ne pas voir que ces deux phénomènes vont se télescoper de façon assez douloureuse !
    Il va vraisemblablement y avoir des migrations massives. Ce n'est un secret de plus grand monde, même de l'ONU (qui est pourtant assez frileuse quand il s'agit de causer "effondrement et de réchauffement climatique" !) qui le reconnaît dans ses derniers rapports. Le phénomène pourrait être limité au moins partiellement en favorisant le développement économique du continent africain et l'accès à l'éducation de sa population (un « plan Marshall pour l'Afrique » comme l'avait conseillé George Soros, que je ne porte pas dans mon coeur habituellement), mais soyons honnête : cela a très peu de chance de voir le jour pour de multiples raisons.
    Les gouvernements préparent, par leur inaction, les conflits et les souffrances de demain. Doit-on passer ces questions sous silence, parce que « ça fait le jeu des extrêmes » ? Certains le font. Je ne suis pas sûr que ça soit forcément le plus malin.

Je pourrais sourcer tout ce que j'ai écrit, mais honnêtement j'ai la flemme. Les informations (sur des sources fiables et sérieuses, bien entendu !) sont disponibles vraiment très facilement pour qui fait l'effort de les chercher.

Cid Picador a écrit:
Sinon, quelqu'un sait où je pourrais trouver un vieux paysan dont la disparition soudaine ne se ferait pas trop remarquer ? Non, je demande parce que je ne suis pas sûr que je pourrais m'acheter un lopin de terre avec les 2000 euros que j'ai sur mon compte...

2000 €, c'est le prix d'un hectare là où j'habite ; plus qu'il en faut pour une personne seule. Sachant que je vis dans une région encore relativement active du point de vue agricole (en allant dans des coins paumés, c'est encore moins cher)... et que ces prix vont certainement baisser d'ici quelques temps dans pas mal de coins de France, compte-tenu de la déprise agricole générale que connaît le pays.
Toujours chez moi, plus de 50% des agriculteurs sont âgés de plus de 50 ans, ce qui veut dire qu'il va y avoir une sacré libération des terrains dans les dix prochaines années. Enfin, si la SAFER accepte de lâcher du lest et de ne plus bloquer l'accès des terres agricoles aux particuliers !..

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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 19:47 
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Sinon, je vais poser une question sûrement idiote, mais tant pis. Je mourrai moins bête en ayant la réponse.

J'ai du mal à saisir comment on parvient à articuler l'idée d'une forte hausse de la population dans les prochaines décénnies d'un côté (les prévisions parlent de presque 10 milliards d'habitants en 2050, je crois?) avec celle d'une possible chute brutale de la population aux alentours de 2030 (si on se base sur le scénario "business as usual") de l'autre.

Quelqu'un pour m'expliquer ça de manière didactique?

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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 20:36 
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Metronomia a écrit:
J'ai du mal à saisir comment on parvient à articuler l'idée d'une forte hausse de la population dans les prochaines décénnies d'un côté (les prévisions parlent de presque 10 milliards d'habitants en 2050, je crois?) avec celle d'une possible chute brutale de la population aux alentours de 2030 (si on se base sur le scénario "business as usual") de l'autre.

Quelqu'un pour m'expliquer ça de manière didactique?

Ça me paraît relativement lié. Qui dit explosion démographique dit surpopulation, et surpopulation + réchauffement climatique = gros caca. Dans le cas de l'Afrique, les problèmes de famines et d'épidémies ne vont pas s'arranger. Et en plus, avec des migrations de masse, les épidémies vont se propager d'autant plus, sans compter les habituels conflits sociaux qui vont se déclencher, parce que "les migrants c'est bien, mais pas chez nous". L'habituel trio famine/guerre/pestilence trouve un terreau extrêmement favorable dans ces augmentations de population.

Du moins c'est comme ça que je vois la chose.

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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 20:41 
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Merci Magog, tu as raison. Ce qui m'interroge en fait, c'est la chronologie: le scénario "business as usual" parle d'une chute probable de la population vers 2030 , alors que les démographes parlent de presque 10 milliards d'individus en 2050 (soit après la chute envisagée). Du coup, ces 10 milliards annoncés ne prennent pas en compte la chute de population possible, j'imagine?

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MessagePublié: 26 Octobre 2018, 20:54 
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Hmm, bonne question. J'aurais tendance à penser que soit ils ne tiennent pas compte de cette chute, soit ils supputent qu'elle arrivera après...

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