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MessagePublié: 26 Juin 2019, 11:18 
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Pourquoi angoissé exactement ?

Ben, parce que l'effondrement, pardi !

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MessagePublié: 27 Juin 2019, 11:32 
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Le dernier numéro de Sciences & Vie a bien senti le filon et a sorti un article sur l'hypothèse de la fin du monde et les théories de l'effondrement. S&V oblige, ils ont abordé le sujet sous l'angle de l'optimisme le plus rayonnant. Ils en concluent (en gros) que si l'effondrement de la société telle qu'on la connaît est inévitable, les exemples mayas et pascuans (ainsi que d'autres sur lesquels ils insistent moins) tendraient à prouver que ce genre d'effondrement se déroule sur des décennies, voire des siècles, et qu'on aura donc tout à fait le temps de s'adapter. Circulez, y'a rien à voir.

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MessagePublié: 27 Juin 2019, 11:49 
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Heu. Perso, je préfèrerais un écroulement complet (100%) et rapide (moins d'une seconde, genre Alderaan vs. Etoile de la Mort), mais bon, je dois pas être normale !


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MessagePublié: 27 Juin 2019, 13:08 
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À tout prendre, je ne sais pas ce que je préfère.

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MessagePublié: 17 Juillet 2019, 08:53 
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Pour lutter contre le réchauffement climatique, commencez par en parler à votre entourage
Repéré par Robin Lemoine — 12 juillet 2019 à 11h09

Les discussions avec nos proches pourraient enrayer le climatoscepticisme.

Après la politique et la religion, le changement climatique est devenu un thème parfois difficile à aborder avec les membres de sa famille ou de son cercle amical, par peur de froisser ou de se disputer.

On pourrait se dire que ce débat est clos: 97% des climatologues affirment que l'activité humaine est la principale cause du réchauffement de notre planète.

Malgré tout, un sondage OpinionWay réalisé pour PrimesEnergie.fr en mars 2019 révélait que 23% des personnes interrogées se déclaraient climatosceptiques.

Silence climatique
Selon une enquête du programme de l'université de Yale sur la communication autour du changement climatique, les Américain·es estiment en moyenne à 54% la part de la population croyant au réchauffement climatique, alors qu'elle est en réalité de 69%.

Matthew Goldberg, chercheur en psychologie sociale à Yale et auteur principal de l'étude, explique au Los Angeles Times que beaucoup de personnes hésitent à parler de ce sujet qu'elles considèrent contesté et préfèrent rester silencieuses.

«Si vous pensez que [...] la plupart des gens ne sont pas d'accord avec vous, alors vous ne voudrez pas parler. C'est le début d'une spirale de silence où les gens se méprennent sur les croyances des autres, puis se taisent sur des questions importantes», regrette-t-il.

Arguments personnalisés
Dans ce contexte, l'équipe de l'université américaine s'est penchée sur les stratégies permettant de libérer notre parole au sujet du climat, de convaincre notre entourage de la véracité des propos scientifiques et de l'encourager à réagir.

Sachez que plus la personne à qui vous parlez sera proche de vous, plus votre parole aura du poids. Essayez ensuite d'utiliser un argument qui la concernera directement.

«Pour de nombreuses personnes, le changement climatique est vraiment au plus bas dans leur priorité, avance Matthew Goldberg. Mais ce phénomène a une telle portée qu'il peut s'étendre à beaucoup d'autres questions importantes» –comme la santé, la sécurité nationale, l'immigration, l'économie et même la religion.

Par exemple, si une personne de votre entourage est très pieuse, abordez la question du réchauffement climatique sous un angle qui pourrait la toucher: «Si tu crois que Dieu a créé cette Terre, alors cela devrait être quelque chose d'important pour toi de la protéger.»

N'hésitez plus à parler du climat, la situation est trop urgente: «Cela pourrait potentiellement amorcer [un] cycle positif vers un changement de croyances», espère Matthew Goldberg.



http://www.slate.fr/story/179523/sciences-communication-lutte-changement-rechauffement-climatique-discussions-entourage


Mouip...
Je ne suis pas super convaincue. Déjà parce que je pense que si on peut influer sur les personnes qui soient ont peu de connaissances, d’intérêt ou d'idées arrêtées sur le sujet, on ne peut pas grand-chose quand les gens ont des opinions arrêtées...
Sauf à vouloir se lancer des débats sans fin au déjeuner ou dans les repas de familles...
Quand on a en face de soit une personne convaincue que soit c'est de la foutaise tout ça, soit, au mieux "on fait peur aux gens pour rien, on ferait mieux d'avoir un discours positif axé sur les solutions" et qui ne veut pas entendre parler des faits les plus négatif (déclin de la biodiversité etc...), bah franchement... autant brasser de l'air...

Même s'il y a tout un tas d'attitudes qui me dépassent un peu, voir que je ne comprends même pas (on s'en fout, on va bien trouver les solutions... bah la forêt Amazonienne, c'est loin, je suis pas concerné... rien à faire de la disparition des baleines... et pis le bio, hein, si le champ d'à côté blabla... et autres arguments climato-sceptique/pro-chasse/anthropocentré etc... ), j'avoue que je ne sais pas toujours quoi répondre qui resterait diplomatique en fait... :shifty: (et qui serait crédible vis à vis de ces personnes, vu que ce genre d'idées sont souvent bien arrêtées).
Ou alors, faudrait que je me fâche avec un certain nombre de personnes de mon entourage pro et perso... :think:

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MessagePublié: 18 Juillet 2019, 09:21 
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Quand le changement climatique attaque la santé mentale : et si votre dépression était de l'éco-anxiété ?
Ils voient l'épée de Damoclès suspendue au-dessus des nuages. Partout dans le monde, des militants écologistes, des scientifiques et de simples citoyens sombrent dans une nouvelle forme de mélancolie, impuissants, pensent-ils, face aux défis environnementaux. Heureusement, il existe des moyens de lutter contre ce spleen.

Insomnies, maux de tête, angoisses... Assister impuissant à la destruction de la planète et de sa biodiversité provoque de l\'anxiété chez des militants, scientifiques et citoyens sensibles à l\'environnement.


Elle le dit en riant, mais néanmoins sérieusement : "Moi, je pleure. Je pleure pas mal, même." Justine Davasse milite, travaille, s'informe et, parfois, elle craque. Quand elle regarde une vidéo ou lit un article faisant état des conséquences du changement climatique, quand elle bouquine ou cogite sur la sixième extinction de masse, cette Orléanaise de 30 ans peine à contenir sa frustration.

Convaincue que le temps presse et que le déni conduit l'humanité dans le mur, elle souffre d'un trouble dont la société peine encore à définir l'ampleur et les contours : l'éco-anxiété, ou anxiété climatique, un concept développé pour la première fois par la chercheuse belgo-canadienne Véronique Lapaige. Bref, le blues du militant vert.

Entre angoisses et culpabilité
"Insomnies, maux de tête, douleurs qui vont se loger dans le corps... Certains somatisent ce stress au niveau du cou, des épaules ou du bas du dos, pour d'autres ce sont des troubles digestifs", liste la jeune femme. "Je ressentais ce type de symptômes, mais quand j'en parlais, on me disait que j'étais trop sensible. Aujourd'hui, je constate que nous sommes trop nombreux pour que ce ne soit qu'une question d'ultrasensibilité !"

Sur le podcast "Les Mouvements zéro" qu'elle a fondé et qu'elle produit, Justine Davasse parle ouvertement de ce mal-être et recueille depuis peu des témoignages sur une page Facebook "Transition écologique et éco-anxiété." "J'encourage les gens à en parler pour se sentir moins isolés. Qu'ils n'aient pas peur de passer pour des dingues quand ils racontent avoir 'pété les plombs' quand la caissière leur a proposé un sac en plastique", explique-t-elle à franceinfo. Car le quotidien des "éco-anxieux", guettés par ce que les activistes appellent le "burn-out militant", n'est pas simple.

"Volonté d'être au courant de tout, besoin d'être informé tout le temps, peur de ne pas être à la hauteur des enjeux écologiques, culpabilité de ne pas en faire assez, voire d'aggraver la situation quoi que je fasse... J'étais hanté par ces questions jour et nuit", abonde l'auteur de BD Gwen de Bonneval. En 2015, cet artiste nantais lit Comment tout peut s'effondrer, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (éd. Seuil, 2015), un ouvrage incontournable de la collapsologie. C'est la claque. Puis la déprime.

J'ai eu un moment d'angoisse terrible. J'avais un enfant d'un an, je savais que cela allait être grave, mais pas à ce point-là et pas à cette vitesse. Ça a été dur à encaisser.


"A l'époque, c'était mal compris et mal vu de parler en boucle d'effondrement de la société. Les gens se disaient : 'Il ne va pas bien', ou sous-entendaient que j'étais complotiste. J'avais l'impression de vivre dans une autre réalité", se souvient-il. "Pourquoi je ressens cela ? Pourquoi moi et pas les autres ?", se demande-t-il alors, éprouvant "une espèce d'effondrement personnel qui précède à l'effondrement tout court."


Dans sa BD publiée en 2015 à l\'occasion de la COP21, \"Les Angles Morts\", l\'auteur nantais Gwen de Bonneval raconte la profonde déprime d\'un personnage inquiet pour le futur de la planèteDans sa BD publiée en 2015 à l'occasion de la COP21, "Les Angles Morts", l'auteur nantais Gwen de Bonneval raconte la profonde déprime d'un personnage inquiet pour le futur de la planète (GWEN DE BONNEVAL / PROFESSEUR CYCLOPE / ARTE CREATIVE)

Les écolos sur-exposés
Pour avoir travaillé dans le secteur de l'écologie, Audrey appartient à une communauté vulnérable face à ce spleen. Interrogée par franceinfo, cette Ardennaise de 39 ans raconte comment son job a été un "élément déclencheur". "J'intervenais dans les écoles pour expliquer l'importance du tri et du recyclage des déchets. Je me suis retrouvée face à un double discours insupportable : d'un côté je faisais la morale aux jeunes et, de l'autre, je constatais que les industriels et les politiques faisaient n'importe quoi." Un décalage vertigineux à l'origine d'une "profonde tristesse", prompte à coloniser sa "nature un peu dépressive." Pourtant férue d'actu, Audrey renonce à s'informer, pour souffler : "Je ne regarde plus la télé, je désactive parfois les notifications de mes applis et j'évite de lire certains articles. Si j'ai déjà la gorge serrée en lisant le titre, à quoi bon continuer ?", se demande-t-elle.

Mais certains ne peuvent s'offrir le luxe de regarder ailleurs. Les scientifiques qui étudient le réchauffement climatique ou l'effondrement de la biodiversité, par exemple. Ils ont été parmi les premiers à témoigner de la précarité de leur santé mentale. Alerté par ce constat, un vulgarisateur scientifique australien, Joe Duggan, a lancé en 2014 le projet "Is this how you feel ?" (qu'on peut traduire par "Est-ce ce que tu ressens ?"), afin d'alléger les consciences de chercheurs inquiets. "Je suis triste. Et j'ai peur. Je n'ai jamais eu aussi peur", se lâche ainsi Katrin Meissner, spécialiste des changements climatiques à l'université de Nouvelle-Galles-du-Sud. "J'ai honte d'admettre que parfois ma frustration me plonge dans l'apathie", poursuit Ailie Gallant, climatologue à l'université Monash, à Melbourne.



Un an plus tard, en juillet 2015, une enquête d'Esquire confirme que l'épidémie de sinistrose touche les Etats-Unis. La psychiatre américaine Lise Van Susteren, citée par le magazine américain, diagnostique un stress "pré-traumatique" répandu dans les labos et universités. Elle observe de "la colère, [de] la panique et [des] pensées intrusives et obsessionnelles" chez ceux qui ne peuvent qu'alerter de la survenue imminente d'un drame écologique.

Loin de ne frapper que les personnes directement exposées aux conséquences des bouleversements écologiques, ces symptômes sont propagés par les médias, relais de cette actualité anxiogène. Ainsi, aux Etats-Unis, un sondage en ligne mené en avril 2018 sur un mince échantillon de personnes (2 029 adultes), conclut que près des trois quarts (72%) des 18-34 ans pourraient souffrir d'une forme d'"éco-anxiété".

Si les patients français de Nathalie Dominguez, psychanalyste à Vannes (Morbihan) n'emploient pas ce terme, elle assure à franceinfo que la peur des catastrophes écologiques commence à s'inviter sur les divans. "Ils ne viennent pas pour cela, mais ces éléments apparaissent de plus en plus souvent au détour d'une conversation sur ce qui les amène à consulter", assure-t-elle.

Aujourd'hui, on craint pour l'avenir de l'humanité, mis en péril par les actions de l'homme sur Terre, comme autrefois on craignait le divin. Les peurs millénaristes, ça n'a rien de nouveau.

Cette peur d'un environnement tragiquement déréglé appartient désormais "au champ collectif", précise la psychanalyste. "Certaines personnes vont prendre de plein fouet ce discours ambiant. Il peut aller jusqu'à générer chez elles des prises de positions personnelles, comme décider de ne pas faire d'enfant à cause de cela : parce que l'avenir est incertain, ou parce que l'on ne veut pas mettre au monde un consommateur polluant de plus. Les conséquences de ces angoisses sont très concrètes." Pourtant, c'est le grand flou quand il s'agit de leur donner un nom.

Un trouble dont on ne dit pas le nom
Avoir la boule au ventre devant la météo ne constitue pas le symptôme d'une maladie officiellement reconnue. Dans ces conditions, vers quels professionnels de santé peuvent se tourner celles et ceux qui ne supportent plus de voir souffrir la nature ? L'"éco-psychologie" – l'étude des rapports entre environnement et santé mentale –, reste une discipline jeune. Développée dans les années 1990, popularisée notamment par l'universitaire américain Theodore Roszak (oui, le papa du terme "contre-culture"), elle attire d'abord l'attention des philosophes et des historiens plutôt que celle des médecins.

Au début des années 2000, le philosophe australien Glenn Albrecht rencontre des fermiers dont les terres ont été dévastées par la sécheresse et les incendies. Il observe chez eux une détresse psychique et existentielle qu'il baptise "solastalgie" : la nostalgie d'un chez-soi disparu en raison d'un changement environnemental. Elle se rencontre chez ceux qui ont assisté, impuissants, à l'effondrement d'une partie de leur monde, à l'instar des Inuits ou des insulaires, chassés de leurs villages par la fonte des glaces ou la montée des eaux.

Une jeune femme fume une cigarette aux abords de la ville de Tasiilaq, au Groenland, à l\'avant-poste du réchauffement climatique, le 18 juin 2018. Une jeune femme fume une cigarette aux abords de la ville de Tasiilaq, au Groenland, à l'avant-poste du réchauffement climatique, le 18 juin 2018. (LUCAS JACKSON / REUTERS)

Quelques années plus tard, le psychanalyste français Richard Meyer crée lui la notion d'"écolose", un terme qui "regroupe les actes préjudiciables à l'environnement, les attitudes anti-écologiques ainsi que les réactions pathologiques produites par les dégâts écologiques". Si ce concept reste confiné aux publications confidentielles du thérapeute, le terme "éco-anxiété" fait quant à lui son trou, notamment en Amérique du Nord.

Aujourd'hui, c'est la notion qui trouve le plus d'écho dans les médias. Quand bien même l'American psychological association (APA) ne l'a pas intégrée à sa bible des maladies mentales, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), elle l'officialise peu à peu, évoquant l'éco-anxiété dans son rapport de mars 2017 consacré justement aux conséquences des changements climatiques sur la santé mentale. Sa définition : "peur chronique d'un environnement condamné."

Pourtant, celle qui la première a developpé le concept d'éco-anxieté, la chercheuse belgo-canadienne Véronique Lapaige, ne reconnaît pas cette définition. Pour elle, l'éco-anxiété – qu'elle préfère orthographier "écoanxiété" dans ses travaux et interventions –, "contrairement à ce que le terme 'anxiété' pourrait laisser entendre, n'a rien à voir avec de la peur ou avec l'anxiété véritable, comme celle rencontrée dans le domaine de la santé mentale ou de la psychiatrie", explique-t-elle à franceinfo. Elle n'est pas non plus équivalente à la "solastalgie", "une conséquence directe et individuelle d'un impact environnemental".

Elle décrit plutôt un phénomène globalisé, qui "ne se limite pas à l'échelle individuelle." Une prise de conscience collective qui conduit ceux qui la rencontrent à "un engagement responsable et critique citoyen" face aux enjeux constatés. "C'est vrai qu'il est très très dur, parfois, de sentir le poids de notre culpabilité humaine en matière de changements climatiques et autres problèmes environnementaux : cela donnerait des angoisses à n'importe qui un tant soit peu responsable…" mais, insiste-t-elle, c'est un "concept positif".

Le nombre d'éco-anxieux croît de jour en jour, et heureusement (...). Parce que précisément, c'est ce phénomène d'éco-anxiété qui va nous permettre de faire face, de nous engager, à différents niveaux, face à l'ampleur des impacts environnementaux.
Véronique Lapaige, psychiatre, chercheuse, auteure de La Santé publique globalisée
à franceinfo

Quand Gwen de Bonneval s'est aperçu que son éco-anxiété avait des conséquences sur sa vie quotidienne, il a décidé d'agir à sa façon : en racontant des histoires. "Mon premier réflexe a été de puiser dans ces angoisses pour en faire une fiction. Il fallait bien que j'en fasse quelque chose !" En pleine COP21, il publie dans la revue en ligne Professeur Cyclope une courte BD baptisée Les Angles morts. Il y décrit le quotidien de Laurent, personnage fictif éco-anxieux, librement inspiré de son état d'esprit. "Il y a un avant et un après", relève l'artiste. "Aujourd'hui, je n'envisage pas de parler d'autre chose que de ces sujets dans mon travail", poursuit-il, soucieux de contribuer à l'invention "de nouveaux récits" susceptibles de susciter une prise de conscience chez les lecteurs et un passage à l'action.

Dans sa BD publiée en 2015 à l\'occasion de la COP21, l\'auteur nantais Gwen de Bonneval raconte la profonde déprime d\'un personnage inquiet pour le futur de la planète.Dans sa BD publiée en 2015 à l'occasion de la COP21, l'auteur nantais Gwen de Bonneval raconte la profonde déprime d'un personnage inquiet pour le futur de la planète. (GWEN DE BONNEVAL / PROFESSEUR CYCLOPE / ARTE CREATIVE)
Reprendre le contrôle
Audrey, elle, a entamé une reconversion professionnelle (dans le secteur de la santé mentale) et a quitté son appartement pour une maison à la campagne et un potager. Cela ne surprend pas Nathalie Dominguez. La psychanalyste cite l'exemple d'un patient que l'éco-anxiété a poussé à s'investir en politique. Car pour sortir du marasme, il faut pouvoir transformer le message anxiogène reçu en une réflexion, puis en une action, explique-t-elle. "La douleur seule n'a pas d'efficacité car elle va générer une réponse émotionnelle. Compenser l'émotion par la réflexion permet de se libérer de l'emprise de ces sentiments de tristesse ou de nostalgie qui ne sont pas générateurs de mouvement, pour enfin se décider à agir."

Comme ces éco-anxieux interrogés par franceinfo, de plus en plus de personnes changent leur relation à la nourriture, à la consommation, ou encore décident de ne plus prendre l'avion ou de se lancer dans la permaculture. Justine Davasse, activiste dans le mouvement zéro déchet, incarne elle-même cette prise de conscience qui traverse une génération. Elle assume ce mal-être qu'elle pense constructif, à condition de l'accepter. "Si on ne travaille pas à réhabiliter les sentiments et à les entendre pour proposer des actions politiques en conséquence, les gens vont exploser", assure-t-elle. Elle est convaincue que les éco-anxieux réagissent d'une manière proportionnée à l'état du monde : "Si l'on est capable de chagrin face à la destruction de notre environnement, c'est que l'on a ressenti de l'amour et de l'attachement. C'est plutôt sain, non ?"


https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/quand-le-changement-climatique-attaque-la-sante-mentale-et-si-votre-depression-etait-de-l-eco-anxiete_3220571.html

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/solastalgie-nouveau-mal-siecle-2019-01-30-1200999070

https://www.ouest-france.fr/environnement/climat/la-solastalgie-ce-mal-du-siecle-lie-au-changement-climatique-6264639


Aujourd'hui, on apprend un nouveau mot "solastalgie"... 8-)

Pour moi, qui suis d'un tempérament mélancolique, une idéaliste contrariée et une angoissée de nature de toute façon, je me reconnais assez dans cette idée, même si je ne les ai pas attendu pour broyer du noir, du coup... :mrgreen:
Mais je trouve ça intéressant, en tant que phénomène à observer... les gens changent aussi, comme le climat, peut-être que par la douleur, une nouvelle conscience émergera ? :think:

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MessagePublié: 18 Juillet 2019, 10:25 
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Les deux derniers liens que tu as posté parlent de problèmes qui sont courants chez tous les militants, bien au delà du simple aspect écologie/collapsologie/réchauffement climatique : l'usure de se trouver face à des gens qui ne partagent pas vos valeurs et qui ne vous comprennent pas, et celle de ne pas voir la cause que vous défendez avancer assez vite (voire, de constater que la situation s'empire). Les antispécistes y sont sujets aussi.

J'avoue ne pas être trop confronté au problème dans la mesure où je n'ai pas, justement, une âme de militant. J'évite spontanément de parler d'effondrement : je n'aborde le sujet qu'avec les gens que je connais bien et dont je sais qu'ils sont un minimum réceptifs à l'idée. Essayer vainement de défendre mon steak face à des inconnus ou des croissancistes ? Non merci, je ne suis pas maso.
Pour le reste, en ayant intellectuellement acté que les choses iront de mal en pis, on n'est plus surpris de rien. Ça aide... :mrgreen:

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MessagePublié: 18 Juillet 2019, 13:01 
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Même sans avoir une âme de militant, ce qui est trèèèèèèèèès loin d'être mon cas, il est difficile de ne pas ressentir cette forme particulière de désespoir, de mélancolie...
On sait qu'on est à un point où tout, très loin de là, ne pourra être sauvé... que les espaces naturels détruits, les espèces disparues etc... le seront pour toujours. Quoiqu'on fasse quand c'est terminé, c'est terminé... même le clonage (comme on entend parler parfois) ça ne sera pas "authentique".
Bref, c'est un deuil à faire. Un deuil impossible, jme dis parfois... :eh:

Et constater que les gens, en général, proches ou pas, ne portent pas ce deuil, alors que vous, vous le sentez... c'est parfois douloureux. En un sens, on a beau essayer de faire des efforts, de comprendre les gens, de se dire "quand-même c'est ta tante/cousine/amie etc... alors tu l'aimes quand-même"... bah on a parfois envie des les gifler. Ou de les fuir un moment, le temps de passer à autre chose...
Chais pas.
Mais je comprends que ce problème précis engendre des consultations en nombre exponentiels chez les psys de tout ordre... parce qu'au fond, pour le coup, il ne nous reste pas beaucoup d'autre secours que la psychologie, la spiritualité ou la philosophie. Concrètement, on est un peu perdus...

Je me reconnais assez peu dans les vies promises, même dans les scénarios les plus optimistes, j'ai l'impression que même dans le meilleur des cas, il n'y aura pas de place pour tout le monde, de toute façon.


Un autre article...

Citer:
Pourquoi le désespoir climatique doit nous conduire à l'action
Repéré par Robin Lemoine — 17 juillet 2019 à 15h25 — mis à jour le 17 juillet 2019 à 16h39

La planète va mal, on le sait et cela nous déprime. Mais au lieu de ne rien faire, agissons.

Si le réchauffement climatique est une force imparable qui exterminera l'humanité, pourquoi continuer à se battre pour sauver la planète? Pourquoi continuer à faire des enfants, à travailler? Pourquoi, tout simplement, continuer à vivre?

Si ces questions vous ont déjà traversé l'esprit, vous faites peut-être partie des personnes qui souffrent de ce que l'on appelle le désespoir climatique.

«C'est super douloureux d'être un humain à ce moment de l'histoire, déclare à Vice Renee Lertzman, spécialiste en sciences sociales et en psychologie et auteure de l'ouvrage Environmental Melancholia. «C'est une expérience surréaliste, car nous sommes toujours dans le même système où les gens conduisent, continuent de manger beaucoup de viande et agissent comme si c'était normal. Pour certaines personnes, ce sentiment est incompatible avec la poursuite des activités de la vie quotidienne.»

Mais le désespoir climatique va bien au-delà de la crainte des décisions difficiles qu'il faudrait prendre et de notre capacité à les mettre en place. Au lieu de nous rallier, cet état d'esprit nous pousse à abandonner. Le simple fait de lire des articles sur le sujet peut produire des réactions proches de la dépression. Katerina Georgiou, thérapeute londonienne, indique que ce phénomène est «habituellement lié à des personnes qui présentent déjà des signes d'anxiété», mais que celui-ci empire la situation.

Désespérer, mais agir
Le rapport de l'ONU sur l'incapacité probable de l'humanité à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici à 2100, et celui concernant le million d'espèces sur le point de disparaître en raison de la dégradation de l'environnement causée par l'homme, illustrent à la fois une prise de conscience et une idée qu'il est dèjà trop tard.

Si le désespoir engendre l'inaction, c'est évidemment un problème. Pour Renee Lertzman, «nous devons traduire notre inquiétude –notre désespoir, notre colère, nos sentiments– en action». Heureusement, cette prise de conscience écologique est de plus en plus importante et des pays ainsi que des entreprises se retrouvent obligées de changer leur comportement.

Alors, au lieu de désespérer il faudrait appréhender cette réalité comme un malaise utile. C'est ce que conseillent quatre sociologues dans l'essai The Useful Discomfort of Critical Climate Social Science.


http://www.slate.fr/story/179754/desespoir-rechauffement-climatique-abandon-inaction-action-psychologie-planete-deprime


Super. Et faire quoi ?
On peut faire attention autant qu'on veut, les Etats, les multinationales et l'agriculture intensive exploseront de toute façon les compteurs. Je ne prends pas l'avion... bah le trafic aérien ne s'est jamais aussi bien porté...
Et comme je le disais, ce qui est perdu et perdu. Une espèce disparue est disparue, une forêt primaire déforestée le reste ad vitam... comme une cathédrale brûlée, même reconstruite à l'identique, reste brûlée...

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MessagePublié: 18 Juillet 2019, 13:38 
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Personnellement, j'ai franchis le cap du sentiment de désespoir et de mélancolie il y a longtemps. J'ai même franchis le cap du dégoût. Non seulement je n'ai aucun espoir de voir les choses s'amélioré au niveau de la planète, j'ai exactement le même sentiment face à la race humaine.

Il n'y aura définitivement pas de place pour tous et je suis loin de croire au principe des élus. Ceux qui resterons seront ceux qui auront le plus de moyens financiers pour obtenir les moyens de survie.... que ne permettrons pas de tenir beaucoup plus longtemps de toute façons ou les mieux préparé (survivaliste et compagnie). Les ressources primaires détruite ou épuisé ne se régénérerons pas rapidement et la plaie que l'humain aura créé à la planète ne se guérira pas rapidement.

Le modèle que nous suivons présentement est voué à l'échec qu'on le veuille ou non.

Je ne me rappelle plus où j'ai tiré cette réplique mais elle disait : Il reste 30 secondes de jeux, nous perdons 230 à 0. Comment pouvez-vous croire encore que nous avons des chances ?

La race humaine ne s'éteindra peut-être pas mais le petit pourcentage qui restera sera au prise avec des problèmes majeurs et ce, pour de nombreuses générations.

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MessagePublié: 22 Juillet 2019, 12:11 
Lueur dans la nuit
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https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/gourou-apocalyptique-prophetesse-en-culotte-courte-des-deputes-lr-ne-veulent-bouder-le-discours-de-greta-thunberg-a-l-assemblee-nationale_3545651.html

Que l'on argumente sur le pourquoi du comment de la crise environnementale et climatique, pourquoi pas, c'est le jeu du débat démocratique...
Mais voir ces "grands mâles adultes" qui sont censés veiller à nos destins préférer pour ainsi dire insulter une enfant de 15 ans, plutôt que de remettre en cause leur modèle de pensée... autant d’agressivité dans le déni a quelque chose de vaguement flippant... :?

ça me fait penser à ces chasseurs qui défendent les chassent à des petits oiseaux ou des espèces en voie de disparition en mode "c'est la TRADITION, vous les bobos des villes vous pouvez pas comprendre", le fusil entre les dents... :shifty:

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Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement.
Gilbert Keith Chesterton


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