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MessagePublié: 08 Février 2020, 19:16 
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Le tourisme n'est pas automatiquement générateur de destruction, et il me semble essentiel de distinguer entre le tourisme et le tourisme de masse.


Certes... mais justement, ce que je dis c'est qu'on devrait mettre un vrai frein au second.


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Et plus encore, de ne pas décider pour les autres quel type de vacances est bon pour eux ou non.


La question que je pose, ce n'est pas tant de décider de quel type de vacances est bon pour les gens... mais d'interroger le "fait touristique" pour qu'il ne soit pas néfaste et destructeur pour l'environnement, les espèces sauvages, et les lieux historiques. Il me semble que c'est plus le plus important, et de très loin.

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MessagePublié: 09 Février 2020, 16:26 
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Sans transition, une vidéo sur le locavorisme et ses effets réels. Spoiler : manger local n'est pas toujours ce qui se fait de mieux pour le climat, loin s'en faut. J'en ai été le premier surpris.
Mais cela prouve bien toute la passionnante complexité de cette thématique, et à quel point les idées préconçues, les a-priori, et certaines idéologies peuvent avoir tort.

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MessagePublié: 10 Février 2020, 10:45 
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C'est vrai que c'est contre-intuitif, mais intéressant, dans le sens où ça fait réfléchir.
Après, il peut y avoir d'autres raisons qui conduisent à préférer le "local" : soutenir l'économie locale (je suppose qu'il est plutôt sain et humain de préférer donner ses sous au maraîcher du coin qu'on appelle presque par son prénom... plutôt qu'à... ben on ne sait même pas qui, du coup... :mrgreen: ), c'est rassurant par "qu'on sait d'où ça vient/on sait comment c'est fait" (je pense que les derniers scandales agro-alimentaires ne peuvent que renforcer cela) etc...
Moi-même, depuis que mes parents ont des poules, j'ai du mal à manger d'autres œufs que les leurs... Bon, si j'ai besoin de me dépanner je prends les bio/plein air, évidemment, mais c'est pas pareil, c'est moins bon je trouve... c'est pas ceux de "mes" cocottes... (ce qui est un peu bête, dans la mesure où des œufs, y'en a dans la composition de plein de trucs, mais bon).





Sinon, sans transition....

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Dis-moi comment tu envisages la fin du monde, je te dirai pour qui tu votes
Temps de lecture : 13 min
Jean-Laurent Cassely et Jérôme Fourquet — 10 février 2020 à 7h00


L'Ifop et la Fondation Jean Jaurès ont lancé en octobre 2019 une enquête sur l'adhésion à la thèse de l'effondrement de notre civilisation à brève échéance, qui s'est popularisée en France sous le nom de «collapsologie», auprès d'échantillons représentatifs d'habitants de cinq pays: la France, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis.

Dans les lignes qui suivent, nous présentons en avant-première certains résultats de cette étude. Il ressort que la population française partage majoritairement (65%) le diagnostic selon lequel la civilisation telle que nous la connaissons va s'effondrer dans les années à venir. Seule la population italienne nous surpasse (71%). C'est en France que l'hypothèse d'un effondrement à échéance de vingt ans maximum est la plus partagée, 35% de la population s'accordant sur ce diagnostic.

L'étude a également pour objectif de cerner les imaginaires politiques et idéologiques associés à l'effondrement. En France, la moyenne de 65% masque des disparités importantes puisque 76% des Insoumis, 74% des sympathisants du Rassemblement national (RN) mais également 71% de ceux de Les Républicains (LR) s'accordent sur la thèse d'un effondrement de la civilisation, tout comme 61% des sympathisants socialistes. Dans ce climat décliniste, les sympathisants La République en marche (LREM) se démarquent en affichant un degré d'optimisme plus élevé: seuls 39% d'entre eux diagnostiquent un effondrement de notre civilisation.

Enfin, en rapprochant divers scénarios d'effondrement (crise climatique, guerre civile...) et de société d'après-effondrement (société écologique, société de lutte de tous contre tous...), nous montrons comment certaines proximités politiques sont associées à certains imaginaires de l'effondrement, avec un partage assez net entre des courants qui prônent l'entraide et la sobriété écologique, et des visions plus individualistes voire défensives de la société post-effondrement, posant la question centrale du rôle de la confiance en autrui et dans l'humain dans la constitution de ces imaginaires contemporains.



L'effondrement, nouvel avatar du pessimisme français?
Si la prophétie collapsologique a gagné beaucoup de terrain dans les imaginaires occidentaux ces dernières années, c'est en France et en Italie qu'elle rencontre manifestement le plus d'écho: 71% des Italiens et 65% des Français sont d'accord avec l'assertion selon laquelle «la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s'effondrer dans les années à venir». Cette vision apocalyptique n'est partagée «que» par 56% des Britanniques et par 52% des Américains. Enfin, en Allemagne, cette thèse fait beaucoup moins recette, avec un score de 39%.

Le libellé de la question est très général et ne se focalise pas spécifiquement sur les causes climatiques ou écologiques d'un tel effondrement (le terme de «collapsologie», encore méconnu d'une partie de l'opinion et potentiellement clivant, n'était pas employé dans le libellé de la question).

On peut donc faire l'hypothèse que le degré d'adhésion à la thèse d'un effondrement prévisible de la civilisation constitue un bon indicateur de la prégnance du déclinisme et du pessimisme dans une société donnée.

À l'appui de cette hypothèse, on notera que c'est en Allemagne, pays jouissant d'une très solide assise économique et institutionnelle, que le pronostic de l'effondrement de la civilisation est le moins répandu, suivi par les deux pays anglo-saxons, puis enfin par la France et l'Italie, nations aux performances économiques moins satisfaisantes et où les tensions sociales et politiques sont fortes.



Ramenée à l'ensemble de la population de chacun des pays, la proportion de personnes partageant la thèse d'un effondrement à venir et le diagnostiquant au maximum à une échéance de vingt ans s'établit à pas moins de 35% de la population en France, contre 29% en Italie, 22% en Allemagne et moins de 20% aux États-Unis (19%) et en Grande-Bretagne (18%). Un tiers de nos concitoyens, soit une proportion élevée, anticipe ou juge très probable l'effondrement de notre modèle de société d'ici vingt ans.



Au regard de ce chiffre, on comprend mieux pourquoi les ouvrages et traités de collapsologie rencontrent un tel succès de librairie, qu'il s'agisse par exemple de Comment tout peut s'effondrer - Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens, du Plus grand défi de l'histoire de l'humanité - Face à la catastrophe écologique et sociale d'Aurélien Barrau ou de Devant l'effondrement - Essai de collapsologie d'Yves Cochet.



La crise climatique et écologique en tête des scénarios d'effondrement
Œuvres publiées, films et séries sur le sujet font souvent jouer au changement climatique et à l'épuisement des ressources naturelles un rôle central dans le collapsus. Quand on interroge les personnes jugeant probable une telle issue, le scénario climatique et écologique est de fait souvent invoqué, mais avec une intensité variable selon les pays.

Les adeptes de la thèse de l'effondrement divergent en fait quant aux causes identifiées. Deux grands narratifs se concurrencent et fédèrent à peu près le même nombre de suffrages.

Ceux qui pensent que la cause la plus probable serait «les conséquences du réchauffement climatique et de la surconsommation (disparition des espèces, catastrophes climatiques, épuisement des ressources)» sont à peu près aussi nombreux (27% en France par exemple) que ceux qui pensent plutôt «qu'il n'y aura pas d'effondrement soudain mais plutôt une dégradation progressive des conditions de vie actuelles» (32% dans notre pays).

À côté de ces deux visions effondristes mainstream existent deux autres scénarios plus minoritaires et renvoyant à un autre imaginaire nettement plus violent. Sans doute sous l'effet de la crise migratoire de 2015-2017 et des images extrêmement fortes qu'elle a charriées, l'hypothèse d'un effondrement sous «l'effet de vagues migratoires totalement incontrôlables» recueille un score conséquent en Europe continentale (12% en Italie, 15% en France et 17% en Allemagne) et s'y classe en troisième position. Ce scénario fait moins recette en Grande-Bretagne et aux États-Unis (7%).



Survivalistes et collapsologues: deux imaginaires politiques
L'enseignement principal de notre étude menée sur quatre pays est donc que le niveau d'adhésion à la thèse de l'effondrement est particulièrement élevé en France. Mais bien entendu, tout le monde n'est pas «effondriste» dans les pays étudiés.

Le récit effondriste fait preuve d'une grande diversité et plasticité pour coller aux cultures des différentes familles politiques. Ainsi, assez logiquement, la vision d'un épuisement des ressources et du dérèglement climatique s'impose très largement parmi les sympathisants écologistes (56% de citations) et dans une moindre mesure, bien qu'étant également en tête, au sein des sympathisants des Insoumis (37%) et du PS (31%).

L'adhésion au scénario d'un effondrement de la civilisation est nettement plus prégnant parmi les électorats des formations radicales ou contestataires.
Les sympathisants macroniens qui pensent que l'effondrement est possible partagent plutôt un imaginaire de droite, dans la mesure où l'option qu'ils privilégient pour 45% d'entre eux est celle d'un déclin progressif. C'est dans doute pour conjurer cette perspective funeste d'un déclin français qu'ils ont fait leur l'ambition transformatrice et réformatrice d'Emmanuel Macron. On retrouve cet état d'esprit parmi les sympathisants LR, qui citent à hauteur de 33% ce scénario d'une décadence ou dégénérescence.

Les soutiens du RN, quant à eux, sont les seuls à placer en tête, parmi les causes d'un effondrement prévisible, l'effet de vagues migratoires incontrôlables, qu'ils sont 30% à retenir (soit le double par rapport à la moyenne). Ils sont également nettement plus nombreux que la moyenne des Français collapsologistes à craindre «une guerre civile ou des tensions de plus en plus fortes au sein de la société» (21% contre 14% en moyenne). Gageons que pour cet électorat, ces tensions au sein de la société seraient en lien direct avec le phénomène migratoire et que l'imaginaire de guerre civile qu'ils partagent met aux prises différentes communautés ethno-culturelles.


Dans la plupart des pays étudiés, l'adhésion au scénario d'un effondrement de la civilisation est nettement plus prégnant parmi les électorats des formations radicales ou contestataires, de droite comme de gauche. À l'inverse, les sympathisants des partis de gouvernement, plus à l'aise avec le fonctionnement de la société et généralement les mieux insérés socialement, sont tendanciellement moins enclins à communier dans une telle vision.

Ainsi, en Allemagne, 57% des sympathisants de l'Alternative für Deutschland (AfD) et 47% de ceux de Die Linke sont d'accord avec cette thèse d'un effondrement prévisible de la société, contre seulement 23% de leurs homologues du SPD et 31% des proches de la CDU/CSU.

On va retrouver la même configuration partisane en Italie et en France, à ceci près que d'une part, dans toutes les composantes politiques, la prévalence d'une croyance effondriste est nettement plus élevée et que d'autre part, les écarts entre partis de gouvernement et partis protestataires sont plus faibles.

En Italie, l'adhésion à la théorie d'un effondrement de la civilisation s'établit à 74% parmi les sympathisants de la Ligue et à 71% pour ceux du Mouvement 5 étoiles, soit un niveau identique à celui observé dans les rangs de Forza Italia (73%). Seuls les sympathisants du Partito Democratico sont un petit peu moins pessimistes (59%).

En France, la configuration est assez similaire: 76% des Insoumis, 74% des sympathisants du RN, mais également 71% de ceux des Républicains font ce diagnostic, qui est également partagé par 61% des sympathisants socialistes. Dans ce climat décliniste, les sympathisants LREM se démarquent en affichant un degré d'optimisme plus élevé: seuls 39% d'entre eux diagnostiquent un effondrement de notre civilisation.

Nous avons ici une illustration supplémentaire de la polarisation du paysage électoral selon des dimensions émotionnelles, ou plus précisément selon des variables subjectives mises en avant par les chercheurs Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen et Martial Foucault[1].

Dans le cadre de leur enquête sur la dernière élection présidentielle, ils dévoilent en particulier le rôle joué dans la proximité partisane par les deux variables subjectives que sont le degré de bien-être (mesuré par des questions comme «Êtes-vous heureux ces jours-ci?», «Êtes-vous satisfait de votre vie en général?») et le degré de confiance interpersonnelle (la confiance que l'on accorde a priori aux autres: proches, amis, voisins, concitoyens, personnes étrangères).

Cette approche permet de distribuer les électeurs selon deux axes, en fonction de leurs réponses à ces deux questions:

1. Un axe du bien-être: sont-ils satisfaits ou insatisfaits de leur propre situation économique et sociale?

2. Un axe du niveau de confiance: ont-ils l'impression de vivre dans une société dans laquelle chacun doit se méfier de son prochain, ou bien sont-ils à l'inverse plutôt confiants envers les autres?

Voici une version simplifiée de la matrice qui résume ce positionnement.



Le croisement des deux axes aboutit à placer les électeurs sur quatre cadrans. Dans les deux cadrans placés à droite, les électeurs de Macron, mais aussi de Hamon et de Fillon ont tous un niveau de bien-être élevé: ils sont plutôt satisfaits de leur vie. Ce qui les différencie est le degré de confiance qu'ils projettent dans le corps social: macronistes et hamonistes sont confiants, tandis que les fillonistes sont défiants.

À l'inverse, les électorats Mélenchon et Le Pen convergent sur le point de leur insatisfaction: les deux électorats de la gauche radicale et de la droite populiste se recrutent parmi les perdants économiques déclarant un faible niveau de bien-être. Mais, et c'est le point crucial, loin de s'évanouir, le clivage gauche-droite réapparaît avec la prise en compte de l'axe de la confiance.

Comme on le pressent, les électeurs de la gauche radicale font plutôt confiance en leurs prochains, quand ceux de Marine Le Pen ont plutôt l'impression de vivre dans une société de défiance. Cette défiance s'exprime évidemment à propos de l'immigration chez ces électeurs, mais elle est plus globale et concerne également, dans une moindre mesure, voisins, amis et même entourage familial.

La collapsologie et le survivalisme sont associés à des tendances politiques bien identifiées.
Nous pouvons revenir à notre fin du monde et constater que lorsqu'est posée une question très similaire à celle des enquêtes sur la confiance interpersonnelle dans un cadre collapsologique, les préférences partisanes et politiques révèlent tout leur poids.

À une formulation aussi frontale que «Dans le monde d'après l'effondrement de la civilisation, on ne pourra compter que sur soi-même», l'adhésion augmente de façon linéaire en partant des électeurs de Benoît Hamon (40% le pensent) à ceux de Marine Le Pen (72% le croient) en passant par ceux de Mélenchon (45%), de Fillon (48%) et de Macron (49%), tous trois à des niveaux assez proches. La moyenne française (obtenue sur la base des seuls répondants qui adhèrent à la thèse de l'effondrement imminent ou lointain, qu'il soit brutal et monocausal ou progressif), s'établit sur cet item à 52%.

Part des électeurs de ces candidats au premier tour qui adhèrent à la proposition: «Dans le monde d'après l'effondrement de la civilisation, on ne pourra compter que sur soi-même.» Base: 65% des Français pour lesquels «la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s'effondrer dans les années à venir».

Ces résultats incitent à associer les deux grands récits de l'effondrement que sont la collapsologie et le survivalisme à des tendances politiques bien identifiées. Du côté des premiers et de leur chef de file Pablo Servigne, l'accent est mis sur l'entraide et la solidarité[2].

Les publications ou les groupes Facebook proches de la collapsologie sont grandement consacrés aux aspects socio-culturels du monde d'après l'effondrement, et lorsqu'il s'agit de savoirs pratiques, ils sont orientés vers l'écologie, mettant en avant les techniques de la permaculture, de l'habitat autonome, participatif et alternatif en éco-village, éco-hameau ou autre éco-lieu, dont les promoteurs «recrutent» souvent de nouveaux habitants par le biais de ces forums.

Sans être absente des pages et forums fréquentés par les survivalistes, la dimension socio-culturelle est parfois mise au second plan au profit d'approches plus techniques de la survie, qu'il s'agisse de la gestion d'une base autonome à défendre (la BAD) ou de la liste des équipements du sac de survie (bug out bag), liste qui fait l'objet de très nombreuses publications et de photographies d'équipements de la part de membres de ces réseaux.

Les survivalistes sont également écolos à leur manière, se rapprochant d'une branche primitiviste: ils sont par exemple des adeptes du bushcraft, ou «art de vivre dans les bois», une discipline qui s'inspire des façons de vivre et d'interagir avec la nature de civilisations traditionnelles.

Une «société stressante et dangereuse dans laquelle l'essentiel de l'activité humaine sera consacrée à la survie» est le scénario le plus probable pour les électeurs des partis de droite et d'extrême droite.
Les survivalistes abordent leur préparation à l'effondrement à partir de trois piliers que sont «le jardin, l'autonomie et l'autodéfense», comme le formule le sociologue Bertrand Vidal, spécialiste de ces mouvements[3].

Sur le plan des valeurs et de la vision politique, toujours selon le sociologue, le survivalisme est le signe pour ses adeptes d'une «sortie de la société de la confiance bâtie sur le mythe du progrès créé au XVIe siècle, qui disait que demain sera meilleur qu'aujourd'hui [...]».


Collapsonautes et survivalistes divergent non seulement par certaines approches de la survie, mais avant tout par leurs finalités: «À l'inverse de ces mouvements écologistes, écrit encore Bertrand Vidal, les néosurvivalistes ne sont pas mûs par le même imaginaire. Quand un écologiste quitte la ville pour cultiver son jardin, il le fait pour rendre le monde meilleur. Pour les survivalistes, ce n'est pas pour rendre le monde meilleur, c'est parce qu'il y a une catastrophe qui plane et c'est donc le seul moyen pour s'en sortir[4].»


Alors que les influenceurs de la galaxie «collapso» sont généralement issus des rangs de la mouvance écologiste, le panthéon survivaliste est plutôt composé de personnalités qui mettent en scène leurs capacités de résistance physique et leur aptitude à la survie, à l'image de l'Américain Vol West.

Pour toutes ces raisons, il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'apparaisse une congruence entre imaginaires survivalistes et ressentiment nourri par la certitude que les autres sont des menaces plutôt que des ressources.

Les scénarios d'après l'effondrement testés, inspirés directement de ces sous-cultures effondristes –mais sans jamais utiliser les termes «collapsologie» ni «survivalisme»– montrent ici encore un partage assez clair des imaginaires.

Une «société stressante et dangereuse dans laquelle l'essentiel de l'activité humaine sera consacrée à la survie» est le scénario le plus probable pour les électeurs des partis de droite et d'extrême droite (à l'exception de l'électorat Hamon), avec un score maximal chez les électeurs de Marine Le Pen, alors que le scénario d'une «société sobre basée sur un retour à l'agriculture traditionnelle, une consommation se limitant aux besoins essentiels» a la faveur des électeurs de Mélenchon –cela ne signifiant pas nécessairement d'ailleurs qu'ils la souhaitent, simplement qu'ils la jugent plus probable.

Part des électeurs de ces candidats au premier tour qui adhèrent à différents scénarios post-effondrement. Base: 65% des Français pour lesquels «la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s'effondrer dans les années à venir».

La combinaison du niveau d'adhésion à la thèse de l'effondrement en fonction de la proximité partisane, étudiée plus haut, et de nos résultats concernant les scénario post-effondrement aboutit à cette représentation schématique du rapport à l'effondrement:


D'une part un tronc commun d'électeurs convaincus par la thèse de l'effondrement, qui se subdivisent ensuite sur l'axe de la confiance et du modèle de société à reconstruire, ce qui correspond assez bien à l'opposition classique entre imaginaires collapsonautes et survivalistes.

D'autre part une partie de la population moins directement concernée par la baisse de son niveau de vie, et donc de son niveau de bien-être, moins susceptible de croire à un effondrement prochain.

Ce partage schématique entre des imaginaires n'implique en rien que les survivalistes votent Marine Le Pen et les collapsonautes pour un candidat écologiste: il signifie plus exactement que certains groupes d'adhérents à la thèse de l'effondrement et certains segments de l'électorat peuvent partager une vision du monde commune. Gardons enfin à l'esprit que cette opposition entre collapsonautes et survivalistes est à nuancer et que dans les faits, des croisements existent entre les deux univers[5].



1 — Cf Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen et Martial Foucault, Les origines du populisme - Enquête sur un schisme politique et social, La République des idées, Le Seuil, 2019. Retourner à l'article

2 — Voir notamment L'entraide, l'autre loi de la jungle, Pablo Servigne, Gauthier Chapelle, Les Liens qui libèrent, 2017. Retourner à l'article

3 — «Bertrand Vidal:“Notre présent est si sûr que notre avenir nous angoisse”», Aurélie Delmas, Aurore Coulaud, Libération, 23 mars 2018. Retourner à l'article

4 — «Qui sont les survivalistes, ces “élus des derniers temps”?», Boris Loumagne, France Culture, 24 mars 2018. Retourner à l'article

5 — Certaines personnalités évoluent entre les deux pôles, à l'image de l'instructeur en stages de survie et auteur David Manise, interviewé dans la revue de Pablo Servigne et qui s'éloigne des clichés d'un survivalisme paramilitaire. Retourner à l'article


http://www.slate.fr/story/187152/fin-du-monde-votes-gauche-droite-collapsologie-survivalisme


J'ai hésité à poster cet article ici (il aurait presque pu allé dans le sujet sur la politique aussi), mais je me suis dit que comme ça parlait d'effondrement, autant le mettre là...
Honnêtement, je ne sais pas si le sondage est pertinent (peut-être un peu, même s'il ne présente rien d'étonnant en soi), mais bon...
Ce qui n'est pas étonnant non plus, c'est que je ne m'y retrouve pas - de la même manière que je ne me retrouve jamais dans aucune enquête d'opinion, à croire que je le fais exprès... :think:
Mais disons que ça a le mérite de dresser une carte, plus ou moins floue mais au moins des tendances se détachent, de ce qui peut se passer dans la tête des gens... et du coup... de ce qui pourra peut-être se passer dans les urnes les élections à venir (je ne vous cache pas que je n'ai pas hâte DU TOUT d'être à 2022...).

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MessagePublié: 10 Février 2020, 13:44 
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Localisation: Juste derrière vous. Ne vous retournez pas.
Je vois ce que tu veux dire par rapport aux déterminants psychologiques du locavorisme, je pense que tu as raison, ça s'applique sans doute à de nombreuses personnes (dont moi).

Très intéressant article, d'ailleurs !... (À défaut d'être réjouissant)

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MessagePublié: 10 Février 2020, 20:46 
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Pochel a écrit:
Spoiler : manger local n'est pas toujours ce qui se fait de mieux pour le climat, loin s'en faut.

Ce n'est pas nouveau : je me souviens d'une étude menée par l'INRA il y a bien 10 ans qui montrait que le mouton d'Aveyron avait une bilan carbone bien plus mauvais que celui de Nouvelle-Zélande, car ce dernier est élevée en pâture libre et nourri essentiellement d'herbe (ce qui compense l'expédition de la carcasse en bateau/avion réfrigéré).
Cela étant dit, je trouve que la vidéo est un peu radicale dans son souci salutaire de casser les idées reçues : il y a quand même une forte corrélation (certes, pas absolue) entre l'éloignement du lieu de production de l'aliment et son bilan environnemental.

Chimère a écrit:
Après, il peut y avoir d'autres raisons qui conduisent à préférer le "local"

Outre l'aspect de soutien à l'économie locale que tu cites, il y a aussi un aspect d'autosuffisance alimentaire qui me semble important. Et de goût : un fruit ou un légume cueilli à point est bien meilleurs qu'un autre qui aura muri pendant plusieurs jours/semaines dans les cales d'un bateau ou la remorque d'un camion.

Et surtout, c'est aussi une question de lutte contre l'impéralisme exercée par les pays développés sur le Tiers Monde : lorsqu'on délocalise la production ailleurs, il y a en général un coût social et environnemental fort.
Je veux bien croire que des haricots kényans soient produits tout à la main, sans phytos ni engrais, mais cela ne peut se faire qu'au prix d'une main d’œuvre abondante, probablement mal payée et sans vraie couverture sociale. Le commerce équitable ne concerne qu'une minorité des denrées agricoles.
Pour l'aspect environnemental, l'exemple des haricots du Kenya (que je ne connaissais pas) est un tantinet malhonnête car ces derniers sont un cas un peu à part. La production agricole hors Europe se fait le plus souvent dans des conditions bien plus dégueulasses que chez nous (à défaut d'avoir un droit de l'environnement aussi exigeant que le nôtre) : il suffit de penser aux bananes du Cameroun (mais on peut en dire autant de celles de Côte d'Ivoire, je vous rassure !) ou au Brésil qui exporte massivement son soja et son boeuf, cultivés/élevés sur les terres gagnées à l'Amazonie.

Bref, vous l'avez compris : je suis un locavore convaincu, même si je n'en fais pas une religion non plus. :P


En ce qui concerne l'article de Slate, iIl y a beaucoup de blabla inutile et de vieux clichés éculés (notamment sur le survivalisme, résumé à un simple « moi, mon phallus et mon couteau » alors que le mouvement est bien plus complexe que cela en France)… mais les données brutes ne sont pas inintéressantes, notamment en ce qu’elles montrent une adhésion étonnement élevée aux idées collapsologiques (y compris du côté de la droite traditionnelle ou des néolibéraux, comme quoi, tout est possible !).

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MessagePublié: 24 Février 2020, 19:14 
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Je pense que de plus en plus de gens sont convaincus (soit rationnellement, soit juste parce qu'on vit dans un système qui fait tellement n'imp' qu'on présent assez facilement qu'il va dans le mur) que l'horloge de l'Apocalypse se rapproche un peu trop vite de minuit... et qu'il faut faire quelque chose, même s'il est difficile de savoir quoi...
Par exemple, mon père qui est plutôt courant droite "à l'ancienne" gaulliste tout ça... ben il est aussi d'accord avec la nécessité de la décroissance, et du discours écologiste, et à l'inverse très dubitatif vis à vis du discours progressiste.
Je pense que quelque soit son bord politique, bah y'a aussi une question de bon sens, et de réflexion vis à vis de ce qu'on voit... :think:



Sinon, je ne sais pas si vous avez entendu parler de cette tribune du Monde... (je mets un autre journal, parce qu'évidemment, je n'ai pas d'abonnement au Monde... :mrgreen: )

Citer:
Crise écologique : 1 000 scientifiques appellent les citoyens à la désobéissance civile

Si tous les voyants sont rouges concernant le réchauffement climatique, l’inaction des gouvernements face à la crise écologique est plus que palpable. Pour dénoncer cette inertie, qui risque d’entraîner des catastrophes en chaîne selon les experts, près d’un millier de scientifiques ont publié jeudi 20 février une tribune dans Le Monde.


Malgré les multiples alertes et rapports des scientifiques sur l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique, et l’importance d’entrer en transition, notamment pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements restent pour le moins inactifs. Face aux manques d’actions mises en place, près de 1 000 experts de multiples disciplines (océanographes, biologistes, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes…) appellent, dans une tribune publié ce jeudi dans le journal Le Monde, les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives.

"Les catastrophes se déroulent sous nos yeux"
"Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée. Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la sixième extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…) », écrivent-ils.

Agir… avant qu’il ne soit trop tard
Les auteurs du texte rappellent que le degré de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle a déjà été atteint et soulignent que la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. "Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins + 3 °C d’ici à 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les + 1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6 % par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5 % par an au cours des dix dernières années", alertent-ils. Insistant sur le fait que "chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…)", ils relèvent que "les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés", comme l’avancent les études préparatoires au prochain rapport du GIEC.

Mener la désobéissance civile
Pour les signataires, "notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu'une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse". Ils dénoncent également "l'inconséquence et l'hypocrisie de politiques qui voudraient d'un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l'autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur."

Les scientifiques appellent à la mobilisation collective et citoyenne. Prenant comme exemple, les mouvements écologistes comme Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate, ils invitent la population "à participer aux actions de désobéissance civile et à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd'hui".

Pour conclure, les signataires exhortent "l'exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre." La requête sera-t-elle entendue ? A suivre…



https://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/38254/crise-ecologique-1-000-scientifiques-appellent-citoyens-desobeissance-civile

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MessagePublié: 07 Mars 2020, 13:14 
Ni gros, ni moustachu
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Une infographie intéressante sur la quantité d'eau nécessaire à produire différents aliments.

Certes c'est produit par BFM-TV, mais ça n'en demeure pas moins un document intéressant. On constate notamment que si le chocolat est une catastrophe hydraulique sans nom, des produits tels que la viande de porc ou de volaille demeurent relativement économes en eau. On apprend également que même les produits les moins consommateurs en eau (comme les carottes) nécessitent malgré tout pas moins de 200L pour être produits — et, plus intéressant, que la bière est, toutes choses égales par ailleurs, une boisson très bonne pour l'environnement.

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MessagePublié: 19 Juin 2020, 10:31 
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Convention pour le climat: ces propositions qu'elle pourrait adopter
Les propositions qui seront adoptées seront remises dimanche 21 juin à l’exécutif, avec le rapport final des travaux.

ENVIRONNEMENT - Voici certaines des quelque 150 propositions qui seront soumises au vote des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, dont la dernière session s’ouvre ce vendredi 19 juin. Celles qui seront adoptées seront remises dimanche 21 juin à l’exécutif, avec le rapport final des travaux.

La CCC devra également se prononcer sur les modalités d’adoption qu’elle souhaite pour chaque mesure (conformément aux possibilités institutionnelles).

- Révision de la Consitution

Inscription dans la Constitution de la préservation de la biodiversité, de l’environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique.
- Logement/bâtiment

Rénovation énergétique obligatoire des bâtiments d’ici 2040, avec un système progressif de prêts et subventions, remboursés par les économies réalisées.
Interdiction du chauffage des terrasses, de l’éclairage des magasins la nuit, obligation de fermer les portes des bâtiments accueillant du public, magasins notamment. Interdire la climatisation à moins de 30°, sauf en milieu médical/petite enfance.
Fortement limiter l’artificialisation des terres, interdire les nouvelles zones commerciales péri-urbaines, permettre la construction d’habitat collectif dans les zones pavillonnaires.
- Alimentation/agriculture/accords commerciaux

Taxer (81,5%) les produits ultra-transformés à forte empreinte carbone, notamment pour financer des chèques alimentaires pour les plus démunis fléchés pour des Amap ou produits bio. Interdiction des additifs controversés et messages d’avertissement sur les produits déconseillés par le plan nutrition santé.
Choix végétarien quotidien dans les selfs à partir de 2022.
Atteindre 50% des exploitations en agroécologie en 2040, avec des aides et une réforme de l’enseignement agricole. Interdire les graines génétiquement modifiées d’ici 2025, augmenter les taxes sur les engrais azotés.
Viser la transformation des aides à l’hectare de la PAC en aides à l’actif.
Ne pas ratifier et renégocier le Ceta (traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada) pour y intégrer les objectifs de l’accord de Paris. Militer à l’Orgnaisation mondiale du commerce (OMC) pour des clauses environnementales dans les négociations d’accords commerciaux.
- Consommation


Créer un “CO2score” et interdire de publicité les produits et services ayant le plus d’impact carbone. Interdire immédiatement la publicité pour les véhicules ne respectant pas le nouveau plafond d’émissions européen de 95 grammes de CO2 par km, comme les gros modèles, notamment SUV.
Interdire la publicité sur écran dans l’espace public, les transports en commun. Interdire la publicité dans les boîtes aux lettres, pour les soldes ou promotions. Bloqueur de pub par défaut sur les navigateurs internet.
Généraliser l’éducation à l’environnement et à la sobriété numérique.
- Transports

Renforcer le bonus-malus sur les véhicules, aides à la location longue durée et prêts à taux zéro pour l’achat de véhicules propres, interdiction dès 2025 de la vente de véhicules neufs très émetteurs (+110 gr CO2/km), interdire les centre-villes aux véhicules les plus polluants, limiter la vitesse sur autoroute à 110 km/h.
Suppression progressive des avantages sur le gazole pour transports routiers, avec des aides pour transformer les flottes.
Plan d’investissement massif dans le ferroviaire, TVA réduite sur les billets.
Interdiction des vols intérieurs si alternative en moins de 4 heures. Interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension des existants. Augmenter fortement “l’écocontribution” sur les billets d’avion.
- Monde du travail

Diminution du temps de travail à 28h, sans perte de salaire pour le SMIC, développer le télétravail.
Aider la transformation des métiers par la formation et celle de l’outil productif avec une taxe de 4% sur les dividendes à partir de 10 millions distribués.


https://www.huffingtonpost.fr/entry/convention-pour-le-climat-ces-propositions-quelle-pourrait-adopter_fr_5eeb9d8dc5b63949d46d6568


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VOTE FINAL - Après neuf mois de travaux, les 150 Français tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat ont listé plus de 100 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elles doivent être encore votées ce week-end durant la septième et dernière session.
19 juin 07:30 - Caroline Quevrain
Elles sont le fruit de neuf mois de travail aussi intense qu'inédit. Les 150 Français et Françaises tirés au sort au cours de l’été 2019 pour plancher sur la lutte contre le réchauffement climatique ont enfin rendu leur copie, qui doit être maintenant votée en assemblée plénière avant d’être transmise à l’exécutif. Plus de 100 mesures vont être débattues de vendredi 19 à dimanche 21 juin par les 150 membres réunis au Conseil économique, social et environnemental -une première depuis l'épidémie - au cours de la septième et dernière session de la Convention.

Il faut dire que leur mission n’était pas des plus simples : établir une série de mesures visant à faire baisser de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990, et tout cela "dans un esprit de justice sociale". "Ces mesures entrent en cohérence les unes avec les autres, nous n’avons pas voulu brider notre travail", confie à LCI Grégoire Fraty, membre de la Convention. Et si certaines ont rapidement fait consensus, sur le logement par exemple, d’autres ont davantage fait débat entre les 150, comme celles portant sur les déplacements. Voici un panel des propositions qui devront désormais être sélectionnées ou rejetées. Toutes les propositions qui obtiendront la majorité des votes seront adoptées. Et certaines sont particulièrement ambitieuses.


La révision de la Constitution déjà votée

Ces mesures ont été discutées puis amendées par chaque groupe de travail (se déplacer, se loger, se nourrir, produire et travailler) mais certaines sont plus transversales. Notamment celles visant à réviser la Constitution, sur lesquelles les 150 se sont déjà mis d’accord. L’une propose d’ajouter à son préambule un nouvel alinéa mentionnant "la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité", tandis qu’une autre vise à intégrer un troisième alinéa à son article 1er : "La République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique".

Parmi les mesures phares du groupe "se loger", on retrouve la réduction de la consommation d’énergie dans les espaces publics (en interdisant par exemple le chauffage des terrasses de cafés), le changement des chaudières au fioul et à charbon d'ici à 2030 dans les bâtiments neufs et rénovés, ou bien l’interdiction de l’artificialisation des terres tant que des friches commerciales, artisanales ou industrielles sont possibles. Le groupe propose également l’obligation pour les propriétaires d’isoler thermiquement les logements, une mesure qui serait susceptible d’être soumise à référendum, a laissé entendre le chef de l’Etat mercredi 17 juin à la presse.


Renégociation du CETA et crime d'écocide

Le groupe "se nourrir", lui, propose de diminuer l’usage des pesticides en interdisant notamment les pesticides les plus dommageables pour l’environnement en 2035, d’intégrer l’enseignement de l’agroécologie dans les programmes scolaires, ou de taxer les produits ultra-transformés à forte empreinte carbone et faible apport nutritionnel. Parmi les mesures les plus ambitieuses, on peut citer la renégociation du CETA au niveau européen pour y intégrer les objectifs de l’Accord de Paris, ou encore l’adoption d’une loi pénalisant le crime d’écocide.

Les propositions du groupe "consommer" couvrent elles aussi un large spectre, allant de l’information du consommateur aux règles encadrant la publicité. Il propose d’afficher l'empreinte carbone des produits sur l’emballage, d’interdire la publicité des produits les plus polluants, d’obliger la publicité à faire passer des messages incitant à moins consommer, mais aussi de mettre en place progressivement un système de consigne de verre, qui sera généralisé d’ici 2025.

Réduire le temps de travail

Le groupe "se déplacer", lui, a eu la mission de s’atteler au secteur très polluant du trafic routier et aérien. Et de concilier ses propositions avec ce fameux "esprit de justice sociale" : on se rappelle le vif débat autour de la taxe carbone et le mouvement social des Gilets jaunes qui en a découlé. Parmi les mesures votées par le groupe, on retrouve l’interdiction des véhicules les plus polluants en centre-ville, la limitation de la vitesse sur l’autoroute à 110km/h, l’interdiction dès 2025 de la commercialisation de véhicules neufs très émetteurs de gaz à effet de serre. Sur l’aviation, le groupe propose des mesures fortes : en finir avec les vols intérieurs d’ici 2025, ou encore interdire la construction de nouveaux aéroports.

Le dernier groupe de travail s'est penché sur la thématique "produire et travailler", intégrant là aussi de nombreuses questions liées à la transition écologique. Parmi ses propositions phares, on peut retenir le recyclage obligatoire de l’ensemble du plastique ainsi que la suppression de tous les plastiques à usage unique dès 2023, ou bien la réduction du temps de travail hebdomadaire qui passerait de 35h à 28h avec un salaire inchangé.

"Les 150" pour continuer le combat

Toujours est-il que le sort réservé à ces propositions reste flou. Si ce sont aux citoyens de décider ce week-end de la forme donnée à leurs mesures (loi, règlement, ou référendum), une fois celles-ci votées et rendues, ils n'ont aucune certitude sur leur reprise par l'exécutif. Lors de sa visite à la Convention, le chef de l’Etat a promis aux 150 de reprendre "sans filtre" certaines des mesures finales et s'est d'ailleurs engagé à revenir devant eux pour leur indiquer ses choix. Grégoire, lui, a "envie d’y croire".



https://www.lci.fr/planete/convention-citoyenne-pour-le-climat-limitation-de-vitesse-a-110-km-h-sur-l-autoroute-semaine-de-28h-parmi-les-propositions-2156956.html


La Convention citoyenne pour le Climat a terminé ses travaux, et on parle de référendum...

Pour ma part, je regrette qu'on ne parle que du climat, et pas de l'environnement en général (la biodiversité, notre rapport à la Nature, au règne animal, au règne végétal)... pour moi c'est un Tout. Comme nous faisons partie d'un Tout... ça me semble assez "bâtard" et insuffisant de se contenter de s'arrêter "juste" au climat. (même si c'est déjà pas mal, certes mais ça reste quand même insuffisant au regard de tous les enjeux actuels).

Cela dit, il y a des mesures quand-même assez fortes (bien que je n'ai pu trouvé un papier qui résume les 150)... je ne sais pas si elles passeront toutes... (les 28 heures de travail par semaine, j'avoue ça me fait rêver... même si j'ai un énorme doute sur le fait que ça passe... :mrgreen: ).
Et vous lesquelles vous convainquent le plus ? Lesquelles vous paraissent sans intérêt/mauvaises ? et lesquelles auriez vous aimer voir ?... :think:

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MessagePublié: 21 Juin 2020, 00:16 
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Localisation: Massif central. Par là.
Les 150 propositions de la convention citoyenne pour le climat peuvent être vues ici.

Grosso-modo, je trouve que les propositions sont plutôt pertinentes et vont dans le bon sens. Elles ne sont bien entendu pas suffisantes pour rester en dessous de la barre des 1,5°C (pour cela, il faudrait des mesures beaucoup plus fortes et coercitives), mais ça serait déjà un premier pas dans la bonne direction — et un geste inespéré venant d'un gouvernement qui n'a jamais manifesté un intérêt particulier pour les questions environnementales, sauf lorsqu'il s'agit de faire du capitalisme vert.
Le principal défaut de ces propositions, c'est que beaucoup d'entre elles sont très laconiques : beaucoup se contentent d'énoncer que « il faut faire ça » / « il faut contraindre machin à ceci » mais sans fixer de limite ni de seuil précis... ce qui ouvre potentiellement la voie à des demi-mesures à l'impact insignifiant, vidées de leur contenu sous la pression des lobbies.

Quelques-uns des citoyens tirées au sort et participant à la convention ont eu l'occasion de s'exprimer dans les médias, et je les ai trouvé très lucides sur leur capacité réelle à changer les choses, et pas dupes des risques de récupération/greenwashing suscités par ce genre de pseudo-démocratie directe.

Bref. Je n'attends pas que cela débouche sur grand chose. Pas parce que la convention aurait fait un mauvais travail... mais bien parce que la balle est dans le camps des macronistes et que tout repose toujours au final sur la motivation gouvernementale à secouer le cocotier pour aborder sérieusement la lutte contre le changement climatique.

Chimère a écrit:
Pour ma part, je regrette qu'on ne parle que du climat, et pas de l'environnement en général (la biodiversité, notre rapport à la Nature, au règne animal, au règne végétal)... pour moi c'est un Tout. Comme nous faisons partie d'un Tout... ça me semble assez "bâtard" et insuffisant de se contenter de s'arrêter "juste" au climat. (même si c'est déjà pas mal, certes mais ça reste quand même insuffisant au regard de tous les enjeux actuels).

J'ai vu des gens reprocher aux 150 propositions de la convention de ne pas s'attaquer aux questions de justice climatique entre pays du Nord et du Sud. Je comprend la remarque, même si je trouve qu'il s'agit d'un souci relevant plutôt de la géopolitique, là où la convention a plutôt pour ambition de proposer des mesures en interne, pour le territoire français.

Notre rapport à la Nature est une question complexe dont les racines sont historiques, culturelles, sociales... Je crois que même les meilleurs propositions d'une convention de ce genre ne feront jamais qu'approcher le problème de façon superficielle.

Sensibiliser les gamins à la protection de l'environnement, par exemple, ne me semble être qu'un pis-aller quand ces mêmes gamins évoluent principalement en ville, dans un milieu composé de béton et de métal, et n'ont pas la possibilité de faire l'expérience sensorielle concrète de la Nature.
De même, donner un statut juridique aux êtres vivants non-humains ou à des éléments topographiques (rivière, montagne, etc), comme le suggèrent certains écolos, est un casse-tête juridique dans le droit français et soulève des questions philosophiques (ou purement pratiques) assez profondes. Si tous les mammifères deviennent des 'personnes non-humaines', a-t-on encore le droit de les élever ? Est-ce que je peux déclarer que le jardin de mon voisin est une personne morale, et ainsi l'empêcher de tondre son gazon tous les week-ends ? Etc.

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MessagePublié: 21 Juin 2020, 12:15 
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Elles ne sont bien entendu pas suffisantes pour rester en dessous de la barre des 1,5°C (pour cela, il faudrait des mesures beaucoup plus fortes et coercitives)


Personnellement, je les trouve d'une violence inouïe pour certaines... genre imposer 30m2 par personne, et des habitats collectifs. Si tu veux que les gens pètent littéralement les plombs et finissent par s'entre-tuer entre voisins, oui c'est une bonne solution (cela dit, ça ferait baisser la population mondiale... :mrgreen: ).
Pour avoir été étudiante et vécu dans de petits apparts, je sais juste que pour rien au monde je n'aurais envie de revivre dans ces clapiers...
Pour les jardins, je suis pas d'accord avec le "productif" parce qu'au final, c'est quoi productif ?... je suis désolée, mais mettre des fleurs qui vont servir aux abeilles et aux insectes, c'est aussi productif que planter des légumes pour les manger pour moi... :think:



Citer:
Notre rapport à la Nature est une question complexe dont les racines sont historiques, culturelles, sociales... Je crois que même les meilleurs propositions d'une convention de ce genre ne feront jamais qu'approcher le problème de façon superficielle.


Certes, mais je ne crois pas trop non plus à la coercition des rapports humain/nature... ça va sembler très utopique et "doux dingue", et sans doute que ça ne va pas trop plaire (mais m'en fous, j'assume totalement cette posture), mais je pense de plus en plus que ce qui nous envoie dans le mur, et ce depuis un moment, c'est la posture et la vision matérialiste/post-matérialiste de notre rapport au monde en général. Franchement, tant qu'on aura pas rompu avec ces paradigmes et cette pseudo-philosophie et bien on ne se retrouvera que fasse à des "murs" qui nous oppose, d'une façon ou d'une autre, soit à la Nature, soit aux autres créatures vivantes, soit même aux autres humains...
Pour moi, d'un bout à l'autre tout est lié, finalement. Il n'y a pas de séparation entre les problèmes de climats et les problèmes de racisme par exemple. ça peut paraître absurde quand je dis ça : mais si on réfléchit bien, si c'est lié par ce que c'est lié au fait que l'on s'imagine séparé, alors qu'en vérité nous ne sommes séparés de rien...

Quelque part, tant qu'on aura pas, non seulement compris, mais intégré que nous faisons partie d'un Tout, et que les frontières qui nous séparent de ce Tout et des autres sont finalement une forme d'illusion, on avancera pas d'un iota. Bref, je crois qu'il faut opérer un virage à 180° mental et psychologique, et regarder un peu comment les peuples amérindiens, orientaux ou même antiques pensent.
Peut-être que ça viendra.

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