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MessagePublié: 23 Août 2018, 08:03 
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La nouvelle tyrannie du bonheur
Jean-Laurent Cassely — 23 août 2018

Au moment d’écrire cet article, je suis allé consulter le palmarès des ventes de livres d’Amazon. L’algorithme modifie le classement en permanence, pour susciter l’envie et renouveler l’attention des internautes qui surfent sur le site.

Pourtant, le top dix des ventes au 21 août 2018 ressemble à celui du mois dernier, et à vrai dire à celui de l’année dernière: Raphaëlle Giordano et ses conseils d’épanouissement personnel romancés truste la deuxième place, Les quatre accords toltèques du chaman Miguel Ruiz, un classique de la littérature d’aide à soi-même («self-help») prenant son inspiration dans les mythes de ce peuple mésoaméricain, la talonne en troisième. Le gourou du développement personnel, Eckhart Tolle, et son best-seller mondial Le pouvoir du moment présent rode en permance autour du top 10, et ne descend jamais en dessous des cent meilleures ventes.


Nous parlons ici du classement général Amazon des livres édités en France toutes catégories confondues, c’est-à-dire incluant les romans à l’eau de rose, les thrillers, les Harry Potter, les recettes de cuisine et les agendas d’organisation familiale à coller sur le frigo.

À la première page du classement figurent également Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau, dont un des 600 commentaires de lecteurs et lectrices donne cette appréciation synthétique et dépassionnée: «livre parfait pour commencer à se connaître et à identifier les blessures qui nous font souffrir à un prix abordable. Clair et explicite, il est à lire et à relire. Seul bémol, peut-être un peu léger sur la guérison de ces blessures, mais l'auteur a fait un autre livre à ce sujet, il ne souhaitait donc stratégiquement pas tout dévoiler.... »



«Marchandises émotionnelles»
Ces best-sellers et tant d’autres se rattachent à la grande famille du développement personnel et de la pensée positive, ce que Eva Illouz et Edgar Cabanas, dans un essai à charge qui paraît aujourd’hui, Happycratie (éd. Premier Parallèle), nomment «l’industrie du bonheur».

Pour les sociologues, la discipline de la psychologie positive, élaborée aux États-Unis dans les années 1990, et ses multiples expressions plus ou moins savantes, sous forme de thérapies, de littérature de «self-help», de coaching, d’applis d’amélioration de soi et de techniques de relaxation diffusent un même récit décliné à l’infini: «Tout un chacun peut réinventer sa vie et atteindre le meilleur de lui-même en adoptant tout bonnement un regard plus positif sur soi et sur le monde environnant».

On doit cette théorie à des psychologues américains qui ont observé que les personnes qui étaient positives réussissaient mieux dans la vie et déclaraient être plus heureuses. Le sens de la causalité est primordial: avant la déferlante de cette «science du bonheur», on considérait celui-ci comme la conséquence de moments heureux et de situations agréables de vie. Avec eux, la logique s’est inversée: si vous êtes positif, que vous croyez en vous et que vous avez confiance dans votre potentiel, alors la vie vous récompensera. Dans le cas contraire, une sorte de prédiction autoréalisatrice fera que vous échouerez.

Et s’il suffit de le vouloir pour y parvenir, pourquoi ne pas se faire aider de pros du bonheur pour mettre toutes les chances de son côté? Eva Illouz et Edgar Cabanas se penchent dans cette enquête intellectuelle sur l’avènement d’un marché des «emodities», une contraction des termes anglais «emotions» et «commodities» (marchandises) qui désigne ces «marchandises émotionnelles», ensemble «de services, thérapies et produits qui promettent une transformation émotionnelle et aident à la mettre à œuvre».

Par leur effet de masse, ces produits «contribuent […] à faire de la poursuite du bonheur un style de vie, une manière d’être et de faire, une mentalité à part entière […]». Ils renouvellent les modes de consommation et réorientent les attentes des consommateurs et consommatrices vers des bénéfices psychologiques et émotionnels plutôt que purement matériels et statutaires.

«Ce qui meut aujourd’hui le consommateur, écrivent les sociologues, ce qui le pousse à consommer toujours plus, c’est moins le désir de s’élever socialement que celui de se gouverner efficacement, c’est-à-dire de réguler sa vie émotionnelle.»

Faire accepter l’inacceptable avec le sourire
Ce tournant émotionnel est plus qu’un simple recentrage sur la vie intérieure aux dépens de la compétition sociale. Dans la bouche de celles et ceux qui les élaborent et les commercialisent, les emodities seraient devenus les outils les plus efficaces de réussite ou, plus modestement, les soutiens indispensables pour se maintenir à flot dans un contexte socioéconomique dégradé, imprévisible, menaçant et terriblement anxiogène.

La thèse d’Happycratie est que les marchandises émotionnelles sont effectivement celles dont la philosophie sous-jacente possède le plus d’affinités avec les nouvelles exigences de flexibilité qui caractérisent le monde du travail et la vie en société.

Dans la période post-crise 2008, durant laquelle les inégalités se creusent, les chances de mobilité sociale s’aménuisent, le fonctionnement du marché du travail se durcit, l’appel à faire preuve d’enthousiasme, de positivité et d’autonomie contribue à faire porter sur les individus la responsabilité de tout ce qui dysfonctionne.

Des phénomènes structurels lourds comme les variations du taux de chômage ou la dette des États peuvent passer au second plan ou même être occultés au profit de l’encouragement à devenir l’entrepreneur de soi-même, à rebondir et à faire de ses échecs des opportunités –autant de maximes qui forment un néo-bouddhisme absurde, une «pornographie émotionnelle» que les adeptes des fils d’actualité du réseau Linkedin ne connaissent malheureusement que trop bien.



La manière positive d’envisager la vie serait devenue notre façon adaptative de survivre à la nouvelle donne économique, mais également une forme d’obéissance et de conformisme, écrivent les sociologues, qui prendrait «la forme d’un travail sur le moi et d’une maximisation de ce moi».

«Alors même que les populations n’ignorent en rien cette instabilité et cette précarité générales, les forces structurelles qui façonnent les existences individuelles restent à leurs yeux pour l’essentiel illisibles, incompréhensibles», notent Eva Illouz et Edgar Cabanas.

L’industrie du bonheur leur fournit des outils dont elle affirme qu’ils fonctionnent et, surtout, qu’ils permettront «à certains, en des temps d’incertitude et d’impuissance, d’avoir le sentiment de retrouver prise sur leur vie, et à d’autres d’éloigner momentanément l’anxiété qui les dévore».

C’est ce qu’une psychologue influente de ce courant de pensée, Sonja Lyubomirsky, nomme la solution des 40%. La moitié de notre niveau de bonheur (50%) dépendrait de notre héritage génétique et 10% découleraient des circonstances extérieures, que nous ne maîtrisons pas plus que notre biologie interne. Resterait donc une énorme marge de 40%, qui ne dépendrait que de l’état d’esprit de l’individu. «Selon elle, la recette du bonheur de loin la plus efficace consiste à s’efforcer de changer la manière dont on pense, dont on ressent, dont on se comporte au quotidien.»

Victoire totale de la vision «positive»
Des milliers d’études sont avancées à l’appui des théories de la psychologie positive. Évidemment, d’autres études, invoquées dans Happycratie, vont dans le sens inverse et invalident totalement l’idée selon laquelle inculquer la pensée positive amènerait à se sentir mieux et à réussir ce que l'on entreprend.

Peu importe, puisque, comme l’admettent les sociologues, «ce que recherchent fiévreusement maintes personnes, particulièrement lorsque les temps sont durs, c’est de l’espoir, de la puissance et de la consolation». Autant de marchandises que l’industrie du bonheur fabrique en grande série et renouvelle conformément aux cycles de la mode: «Il y a toujours un nouveau régime à suivre, une méthode d’évaluation et de régulation de soi à essayer, un vice à abandonner, une habitude plus saine à acquérir, un nouveau traitement à suivre, un objectif à atteindre, une expérience à vivre, un besoin à satisfaire, un temps à optimiser».

Le véritable débat concerne peut-être moins l’efficacité des techniques du mieux-être que la vision du monde qu’elles véhiculent. Sur le plan individuel, toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à être riches, heureux, en bonne santé, épanouis et débordants d’énergie sont soupçonnés de ne pas avoir fait suffisamment d’efforts –et donc quelque part de vouloir et de mériter leur sort. Ils cumulent leur souffrance avec un sentiment de culpabilité.

Au niveau collectif, «cette rhétorique de la résilience ne promeut-elle pas en vérité le conformisme? Et ne justifie-t-elle pas implicitement les hiérarchies et les idéologies dominantes?», se demandent Eva Illouz et Edgar Cabanas, qui diagnostiquent à raison «l’effondrement général de la dimension sociale au profit de la dimension psychologique».

Les arguments développés de manière convaincante et étayée par les sociologues rappellent le tableau dépeint par un autre duo de chercheurs critiques, Carl Cederström et André Spicer, dans un essai intitulé Le syndrome du bien-être, dont le succès fut une surprise et le signe d’un début de lassitude vis-à-vis de cette idéologie du bonheur et de ses implications morales, sociales et politiques.

Les auteurs convoqués dans Happycratie, tels Foucault et sa critique du néolibéralisme, Richard Sennett et son analyse de la culture du capitalisme ou Christopher Lasch et sa critique de la personnalité narcissique dans les années 1980, ont tous vu venir de très loin la montée en puissance d’un nouveau type d’individus, des «“happycondriaques”», anxieusement focalisés sur leur moi et continuellement soucieux de corriger leurs défaillances psychologiques, de se transformer et de s’améliorer».

L’époque a changé: nous sommes entrés de plain-pied dans un monde régulé par l’industrie du bonheur, comme en témoigne les percées des psychologues, économistes et consultants en bonheur dans l'éducation, l'entreprise ou le management –et même dans le domaine des indicateurs du développement économique et humain des États.

Les exemples avancés dans cet essai concernent plutôt le monde anglo-saxon, sa révolution néolibérale avancée et sa culture du selfie en toute circonstance. Dans la société française, encore timidement acculturée à la positive attitude, cette idéologie fait néanmoins son chemin dans les esprits et dans les institutions.

En témoigne la très forte adhésion des jeunes générations au vocabulaire, aux méthodes et aux principes pragmatiques du «self-help» et la ringardisation concomitante des paradigmes des sciences sociales critiques défendues par Eva Illouz et Edgar Cabanas.

Happycratie est une émanation de cette confrontation entre deux courants intellectuels que tout oppose politiquement. «Dans la mesure où les individus se convainquent que leur destin est simple affaire d’effort personnel et de résilience, c’est la possibilité d’imaginer un changement sociopolitique qui se trouve hypothéquée, ou du moins sérieusement limitée», dénoncent les sociologues, qui veulent croire qu’un monde dans lequel Freud, Marx ou Bourdieu feraient jeu égal avec Eckhart Tolle, les YouTubeurs bien-être et les recettes en sept points des startupers est encore possible.

«Le plaisir et la poursuite du bonheur ne peuvent l’emporter sur la réalité et la recherche du savoir –sur la pensée critique, la réflexion menée sur nous-mêmes et le monde qui nous entoure».

J'ai pour ma part l'impression que nous assistons au contraire à la victoire totale et définitive de la vision «positive». Car à la question de savoir si nous préférerons avoir raison avec les sciences qui dévoilent des mécanismes d’inégalités et d’injustices, ou si nous nous laisserons illusionner par les marchands de bonheur qui nous convainquent que notre épanouissement ne dépend que de nous, la réponse est connue d'avance. Le match entre les deux visions du monde s’annonce d’emblée très déséquilibré, puisqu'un peu de bonheur, même précaire et obtenu de manière discutable, apparaîtra préférable à pas de bonheur du tout.


http://www.slate.fr/story/166196/societe-happycratie-bonheur-developpement-personnel-pensee-positive


Article intéressant et à contre-courant sur un sujet ô combien complexe, aussi important, je pense, qu'il est galvaudé et trituré dans tous les sens... :think:

Le côté critique de cet article fait quand même pas mal de bien, à un moment où effectivement, il y a une forme d'injonction au bonheur, avec force de "méthodes" pour être heureux (cela dit, est-ce que le bonheur c'est d'être heureux ? vous avez 5 heures... :mrgreen: ), et si on ne suit pas les dites méthodes, forcément on est nul et malheureux (c'est un des gros effets pervers de cette "mode" avec l'hypertrophie du moi, et ce qu'on appelle parfois le "matérialisme spirituel").

Mais d'un autre côté, je pense que le "travail sur soi-même" et la bonne compréhension de ses émotions, de son passé, de ses relations etc... est important en soi, pour chacun et chacune. Et ce que je reprocherais (cela dit, les auteurs ne pouvaient peut-être pas tout tout mettre dans l'article non plus) à l'article, c'est de ne parler que de la dimension socio-économique de l'individu. Or, un être humain n'est pas défini que par cet aspect, mais par une multitudes d'autres : relations interpersonnelles, familiales, questionnement personnels et existentiels, spirituels etc etc...
En d'autres termes, un être humain n'aura pas besoin d'être résilient et positif que lorsqu'il se retrouve au chômage par exemple, mais aussi lors d'un deuil, d'une rupture amoureuse ou amicale, de problèmes interpersonnels, de déprime etc...

Pour ma part, j'ai bien 3 bouquins cités par l'article... je pense que des bouquins de ce type peuvent être intéressants, même s'il faut savoir aussi en prendre et en laisser, et savoir faire preuve de discernement. Mais je pense qu'il faut aussi les lire pour construire sa propre pensée... et sa propre voie d'accès sinon au bonheur, au moins vers une certaine harmonie psychique.
Si je prends l'exemple des Accords Toltèques... clairement, ils n'ont aucune dimension sociale, ce n'est pas le but. C'est plus une sorte de manuel d'hygiène mentale et spirituelle... qui permet de ne pas se laisser envahir par des pensées et des attitudes négatives, et permet plus de lucidité dans ses relations aux autres et à soi-même, justement...

Je pense pas qu'il faille opposer sans cesse la dimension sociale et la dimension intérieure des êtres humains. Je pense qu'au contraire, le fait d'être capable d’accéder à une forme d'harmonie intérieure et de recherche "d'amélioration intérieure" nous aide nécessairement dans nos rapports avec les autres d'une part, et d'autre part peut nous aider et nous donner la force de combattre sur le plan plus social et collectif, avec plus de recul et de rectitude morale (aussi, et c'est pas négligeable), si c'est ce qui nous anime.

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MessagePublié: 23 Août 2018, 11:01 
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Chimère a écrit:
Le côté critique de cet article fait quand même pas mal de bien, à un moment où effectivement, il y a une forme d'injonction au bonheur, avec force de "méthodes" pour être heureux, et si on ne suit pas les dites méthodes, forcément on est nul et malheureux.

Ce que l'article pointe bien du doigt, surtout, c'est que le développement de « l'industrie du bonheur » n'est pas anodin mais s'inscrit dans un contexte particulier (qui est lui-même un produit du néolibéralisme et de la pensée protestante anglo-saxonne) : dévalorisation du collectif et d'une approche globale systémique, et promotion de la seule responsabilité individuelle comme facteur de réussite professionnelle et personnelle.
On comprend bien que dans un monde du travail où les syndicats sont réduits au silence, et où la culture syndicale est inexistante, le salarié va être plus enclin à s'auto-attribuer l'origine de ses problèmes de mal-être, d'insatisfaction et d'épuisement. Puisque l'entreprise elle-même est au dessus de tout soupçon (ou que je n'ai pas de prise dessus de toute façon), la cause des soucis se trouve ailleurs : en moi, et il faut que je travaille sur moi-même pour pouvoir être épanoui dans ma vie.

Je suis très content que des sociologues se soient penchés sur le sujet, il faudra que je me procure leur bouquin à l'occasion.

Chimère a écrit:
Mais d'un autre côté, je pense que le "travail sur soi-même" et la bonne compréhension de ses émotions, de son passé, de ses relations etc... est important en soi, pour chacun et chacune.

Je ne crois pas que l'article dise le contraire.
Il est évident que l'état d'esprit et le regard que l'on porte sur les choses va jouer dans l'accessibilité au bonheur : une personne qui verra toujours le mauvais côté des choses aura probablement plus de mal à être heureuse qu'une autre personne plus positive.

Le fond du problème est qu'on ne parle plus QUE du 'travail sur soi' et que la littérature du développement personnel s'est jetée sur ce créneau de la pensée positive, au détriment d'une réflexion sociologique plus large (et d'un point de vue critique sur certains choix politiques) qui elle reste justement cantonnée aux sciences sociales. C'est la thèse des auteurs.

Chimère a écrit:
Or, un être humain n'est pas défini que par cet aspect, mais par une multitudes d'autres : relations interpersonnelles, familiales, questionnement personnels et existentiels, spirituels etc etc...
En d'autres termes, un être humain n'aura pas besoin d'être résilient et positif que lorsqu'il se retrouve au chômage par exemple, mais aussi lors d'un deuil, d'une rupture amoureuse ou amicale, de problèmes interpersonnels, de déprime etc...
.
Et justement : on pourrait par exemple se demander en quoi la « flexisécurité » dont certains voudraient faire la règle et qui impose au salarié d'être disponible pour déménager aux 4 coins de la France à chaque nouveau contrat de travail, quittant ainsi son cercle familial et social, ne contribue pas à fragiliser les gens en cas de coup dur.

Citer:
Les quatre accords toltèques du chaman Miguel Ruiz, un classique de la littérature d’aide à soi-même («self-help») prenant son inspiration dans les mythes de ce peuple mésoaméricain

J'en profite pour vider mon sac à propos des 4 accords toltèques : l'auteur est à peu près autant chaman que je suis moine bénédictin et son livre n'a strictement aucun rapport avec les toltèques (puisque cette civilisation précolombienne n'a pas laissé de traces écrites et qu'elle s'était déjà éteintes depuis longtemps quand les conquistadors ont débarqué). Quant au contenu du bouquin, il n'est pas inintéressant mais il consiste essentiellement en des conseils de bon sens (ne mentez pas, soyez indulgents avec vous-même...) : rien de vraiment révolutionnaire.

Voilà. C'est dit. :shifty:

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MessagePublié: 23 Août 2018, 12:20 
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Le fond du problème est qu'on ne parle plus QUE du 'travail sur soi' et que la littérature du développement personnel s'est jetée sur ce créneau de la pensée positive, au détriment d'une réflexion sociologique plus large (et d'un point de vue critique sur certains choix politiques) qui elle reste justement cantonnée aux sciences sociales. C'est la thèse des auteurs.


Je suis d'accord.
Mais je pense que cela vient en très grande partie du fait que les auteurs estampillés "développement personnel" sont surtout psychologues, philosophes, ou "auteurs spirituels" (y'a pas de marques pour ça... :mrgrin: ). Du coup, forcément, le cœur de leur réflexion concerne plus l'individu.
Cela dit, je pense que l'on peut trouver chez nombre d'entre eux une vraie critique sociale (plus ceux issus des courants philosophiques et spirituels/religieux, je dirais au doigt mouillé d'après mes souvenirs de lecture)... je pense d'ailleurs que "la sphère développement personnel" va bien au-delà de ce que les auteurs décrivent dans leur article.

Comme je le disais, il y a pléthore d'ouvrages et d'auteurs dans ce vaste domaine aux frontières de la psychologie, de la philosophie et de la spiritualité, et la qualité du propos est tout aussi vaste...


Citer:
Et justement : on pourrait par exemple se demander en quoi la « flexisécurité » dont certains voudraient faire la règle et qui impose au salarié d'être disponible pour déménager aux 4 coins de la France à chaque nouveau contrat de travail, quittant ainsi son cercle familial et social, ne contribue pas à fragiliser les gens en cas de coup dur.


Je suis complètement d'accord avec ça.
De toute façon, la "flexisécurité", tout comme cette "mode" de faire bouger les gens professionnellement "pour leur bien", a surtout pour but de transformer les gens en pions dociles au service de l'économie de marché. Mais comme on peut mettre de jolies photos sur Instagram alors c'est merveilleux, à ce qu'il parait... :eh:

Après, ce n'était pas ce à quoi je pensais quand je disais que la psyché l'être humains est composée de domaines très différents... Juste que c'est un fait que nos pensée négative comme notre "ombre" ne sont pas uniquement la résultante de phénomènes socio-économiques.
D'ailleurs, ils ne viennent pas que de l'extérieur non plus.


Citer:
Quant au contenu du bouquin, il n'est pas inintéressant mais il consiste essentiellement en des conseils de bon sens (ne mentez pas, soyez indulgents avec vous-même...) : rien de vraiment révolutionnaire.


Peut-être.
En même temps, il a fallu un (enfin, plusieurs bouquins) pour rappeler ces principes de bon sens, et... bizarrement, je les vois rarement appliqués autour de moi. Et même, ils ne sont pas tous si faciles que ça à appliquer... Donc, est-ce que c'est si "simple" que ça cette affaire ?... :think:

D'ailleurs, si je prends ton exemple, le premier accord de la "parole impeccable" c'est carrément plus compliqué que le simple fait de ne pas mentir. C'est déjà effectivement ne pas mentir aux autres, on est d'accord. Mais, en très gros, c'est surtout user de sa parole avec bienveillance, en ne disant que ce que l'on pense sincèrement (donc, ne pas se mentir à soi-même... ce qui est beaucoup plus compliqué que juste de ne pas dire de mensonges), et en ne perdant pas de vue que sa parole est créatrice. Le fait de formuler de critiques négatives, par exemple, à quelqu'un de façon non justifiée et/ou malveillante va créer pour lui un état émotionnel négatif, et donc une réalité négative.
Ou le fait de se dire "je suis nul"... ben quelque part, ça nous plombe et nous créé une réalité négative aussi.
Donc ce n'est pas si simple et surtout... on ne l'applique que très peu. Voir jamais.
(et je prends que le premier exemple, mais le reste est évidemment à l'avenant)
Et pourquoi on ne le fait pas ? (c'est une vraie question)

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MessagePublié: 26 Août 2018, 22:46 
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Dame, je ne connaissais pas la "flexisécurité", mais ça me déprime rien que de penser que ça puisse exister. Où va-t-on...?

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MessagePublié: 27 Août 2018, 21:39 
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Pochel a écrit:
Où va-t-on...?

La réponse à cette question se trouve du côté de ce topic... :mrgreen:

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MessagePublié: 28 Août 2018, 09:43 
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Si l'on s'en tient à ce qu'il y a dans le topic en question... je me demande si on aurait pas plus vite fait de se jeter directement d'un pont en fait... :think:

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MessagePublié: 28 Août 2018, 11:35 
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Didier Super a résumé la chose avec pertinence dans «On va tous crever».

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MessagePublié: 28 Août 2018, 12:05 
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C'est un fait que le second degré et l'ironie peuvent être une arme ou une thérapie contre la désespérance et la mélancolie (voire par exemple les textes de Desproges - même si Didier Super est marrant, il ne boxe pas dans la même catégorie...).

Maintenant, j'ai plus de mal avec le cynisme ou la "troll attitude"... je veux dire, je comprends que des artistes aient besoin de proposer une échappatoire de légèreté, et je comprends que ça amuse les gens (et ce n'est pas une critique, juste une réflexion).
Mais d'un autre côté... ça ne répond à aucune question, ni ne propose de réelle solution à rien, mise à part "on s'amuse on s'en fout" (bref, du divertissement au sens pascalien du terme. Je ne critique pas, encore une fois, cette attitude, mais je ne peux m'y résoudre...).

Alors, peut-être que je me pose trop de question. Mais je remarque que personne n'a de réponse à mes questions. Donc bah... il faut que je continue à chercher des réponses. :think:

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MessagePublié: 28 Août 2018, 14:19 
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« Votre meilleur ami, c’est vous ! » Qui n’a pas déjà entendu cette petite phrase bien connue des coach et adeptes des feelgood thérapies ? Qualité de vie, bien-être à l’école, au travail et bienveillance sont désormais des indicateurs – et des termes – dont tiennent compte aussi bien les pouvoirs publics que le système éducatif et évidemment les professionnels du management.

Cette exhortation à être heureux se décline d’ailleurs dans nos modes de vie : faire du sport, mieux manger, méditer, se relaxer, trier ses déchets, acheter bio et équitable, prendre soin de soi, écouter ses envies, être inspiré, analyser ses émotions…

Or, « le bonheur est-il cet objectif suprême que nous devrions tous nous efforcer d’atteindre ? » s’interrogent les chercheurs Éva Illouz et Edgar Cabanas dans leur ouvrage « Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies », paru le 23 août aux éditions Premier Parallèle. Ils dissèquent ce phénomène de société devenu une véritable tyrannie et surtout une industrie juteuse. Extraits issus de l’introduction et de la conclusion.

Ces dernières années, de nombreux écrits ont été consacrés à la question du bonheur, sous un angle critique, que ce soit par des sociologues, des philosophes, des anthropologues, des psychologues, des journalistes ou des historiens. Parmi les plus notables – et qui ont inspiré ces pages –, on pourra citer les travaux de Barbara Ehrenreich et Barbara Held consacrés à la tyrannie de la pensée positive, les analyses de Sam Binkley et William Davies des rapports entre bonheur et marché, ainsi que les réflexions de Carl Cederström et André Spicer sur l’idéologie du bien-être.

Si le présent ouvrage apporte une contribution à l’actuel débat, très vivace, sur le bonheur, c’est en vertu de sa perspective sociologique critique. Nous nous sommes appuyés ici sur les travaux que nous avons précédemment menés – des travaux consacrés aux émotions, au néolibéralisme et à la culture thérapeutique –, en creusant certaines idées déjà exposées ailleurs et en en introduisant de nouvelles, notamment quant aux rapports entre la poursuite du bonheur et les modalités d’exercice du pouvoir dans les sociétés capitalistes néolibérales.

Le terme « happycratie », que nous avons forgé, souligne la visée principale de ce livre, qui s’attache avant tout à montrer comment, à l’ère du bonheur, sont apparus, de concert avec une nouvelle notion de la citoyenneté, de nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles.


Premier Parallèle, 2018
Le bonheur, un marché très juteux
[…] Poursuivre le bonheur, c’est avant tout, aujourd’hui, contribuer à la consolidation de ce concept en tant que marché très juteux, industrie et mode de vie consumériste envahissant et mutilant. Si le bonheur est devenu un moyen de gouverner notre vie, c’est parce que nous sommes devenus les esclaves de cette quête obsessionnelle.

Ce n’est pas le bonheur qui s’est adapté à nous, au clair-obscur et à la complexité de notre vie, aux ambiguïtés de nos pensées, mais bien le contraire : c’est nous qui nous sommes adaptés servilement à cette logique consumériste, qui avons consenti à ses exigences idéologiques aussi tyranniques que masquées, et qui avons accepté sans barguigner ses postulats étroits, réductionnistes et psychologisants. En prendre conscience pourrait causer une douloureuse déception chez certains, au regard des attentes que les chantres du bonheur ont fait naître. Mais ne pas en prendre conscience, ne pas envisager ces questions sous un angle critique, c’est laisser la voie libre à la grande machinerie du bonheur.

Nous admettons volontiers que la science du bonheur puisse aider certaines personnes, que certains de ses conseils et de ses méthodes permettent effectivement à certains de se sentir mieux, et nous pensons même que le bonheur est une notion digne d’être étudiée, à la condition d’adopter pour ce faire une perspective véritablement scientifique.

Mais nous ne pensons pas que le bonheur soit ce bien suprême, qui va de soi et que prétendent avoir découvert tous les « experts » dont il a été question dans ces pages. Bien au contraire, dans sa forme et ses usages actuels, le bonheur est un puissant outil pour les organisations et les institutions – un outil qui leur permet de construire des travailleurs, militaires et citoyens bien obéissants. À notre époque, l’obéissance adopte la forme d’un travail sur le moi et d’une maximisation de ce moi.

Un instrument au service du pouvoir contemporain
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la revendication au bonheur avait un parfum de transgression ; la ruse de l’Histoire a fait ensuite de ce bonheur un instrument au service du pouvoir contemporain. S’il était d’une telle évidence, comme l’ont infatigablement affirmé les scientifiques du bonheur, nous n’aurions pas besoin de spécialistes pour l’approcher. Et quand bien même s’imposerait un jour la nécessité d’un savoir-faire en la matière, il nous semble qu’il est chose trop importante pour être abandonné à une science réductionniste, incertaine, se caractérisant par des préjugés idéologiques, par un manque total d’autonomie par rapport au marché et à la politique technocratique, qui la recycle sans grands scrupules, et par sa promptitude à se prosterner devant le monde de l’entreprise, celui de l’armée, et l’éducation néolibérale.

Tout incite à se méfier de ceux qui prétendent détenir les secrets du bonheur.

[…] De façon plus fondamentale encore, s’il nous faut absolument nous méfier des apôtres du bonheur, c’est parce qu’en dépit de leurs sempiternelles promesses de nous remettre les clés de la bonne vie, ces clés restent et resteront parfaitement introuvables. Alors qu’il est bien difficile de déterminer le nombre exact de personnes qui sont persuadées d’avoir concrètement bénéficié de leurs conseils, les praticiens de la psychologie positive, les économistes du bonheur et les autres professionnels du développement personnel ont touché et continuent de toucher de leur activité des revenus absolument considérables.

Façonner le bonheur, un métier
Nous avons également toutes les raisons de croire qu’il n’y a pas de secret d’ordre psychologique. Certes, nous avons souvent entendu dire que la psychologie détenait les clés de la compréhension de phénomènes sociaux importants, qu’il était possible de comprendre les mécanismes de la maltraitance en « pénétrant l’esprit » du bourreau, les ressorts du succès en « pénétrant l’esprit » de la personne à qui tout réussit, les mécanismes du meurtre en « pénétrant l’esprit » de l’assassin, de l’amour, de la religion et du terrorisme en « pénétrant l’esprit » de l’amoureux, du religieux et du terroriste, etc.

De la même façon, les apôtres de la psychologie positive sont convaincus de pouvoir comprendre le bonheur en « entrant dans la tête » de la personne heureuse. Il semble que les psychologues en général et les apôtres de la psychologie positive en particulier s’efforcent de répéter inlassablement leur propre histoire, avant tout sans doute pour ne pas avoir à trop s’y intéresser – pour ne pas avoir à trop s’intéresser à leurs excès passés, à leurs origines culturelles et à leurs dettes idéologiques.

Les tenants de la psychologie positive et les scientifiques du bonheur ne se contentent pas de le décrire : ils le façonnent et le prescrivent. Que le portrait-robot de la personne heureuse dessiné par eux corresponde point par point au portrait idéal du citoyen néolibéral n’a échappé à personne, et nous avons montré les ressorts et les implications d’un tel chevauchement.

Bien sûr, la science sociale n’est pas imperméable aux influences idéologiques et économiques, mais c’est dans le champ de la science du bonheur – dont les alliances institutionnelles et les liens avec la politique et le marché crèvent les yeux – que celles-ci peuvent s’observer dans toute leur puissance, comme nulle part ailleurs.


Le portrait robot de l’individu heureux est celui du citoyen adhérent au système néo-libéral et à ses valeurs. Ali Yahya/Unsplash
Du bon sens
Alors qu’aucune science n’est infaillible, les scientifiques et spécialistes du bonheur s’expriment souvent comme s’ils l’étaient, parlant à n’en plus finir de « découvertes révolutionnaires », de « preuves irréfutables » ou encore d’« acquis incontestés ». Il est vrai que tout ce qu’ils disent n’est pas faux. Le problème est qu’ils se contentent très souvent de reformuler dans un jargon sentencieux et solennel ce qui est tout simplement – dans le meilleur des cas – du bon sens. Le problème est surtout que ces lieux communs sont accueillis avec une surprenante facilité par de nombreuses personnes très disposées à y croire, en dépit du vaste corpus scientifique qui met en garde contre elles, solides arguments à l’appui.

C’est précisément cette attention d’une partie de l’opinion publique dépourvue d’esprit critique qui permet à tous ces professionnels de résister opiniâtrement aux critiques de fond dont ils sont l’objet. Une telle attention dénuée de tout recul peut certes se comprendre : on l’a vu, ce que recherchent fiévreusement maintes personnes, particulièrement lorsque les temps sont durs, c’est de l’espoir, de la puissance et de la consolation.

Mais le bonheur n’est pas l’espoir et moins encore la puissance – en tout cas pas la vision réductionniste, psychologisante et hégémoniste que s’en font ces chercheurs et ces spécialistes. C’est pourquoi il importe absolument de tourner le dos à une telle conception, et surtout de remettre en question les dangereux postulats qui la sous-tendent et qui sous-tendent d’ailleurs d’autres idéologies, qui sont elles-mêmes à l’origine des difficultés qui affligent notre époque. Comme a pu l’écrire Terry Eagleton, il est sûr que nous avons besoin d’espoir, mais nous n’avons certainement aucun besoin de l’optimisme tyrannique, conformiste et presque religieux qui accompagne désormais l’idée de bonheur.

L’espoir dont nous avons besoin se fonde sur l’analyse critique, la justice sociale et une politique qui ne soit pas paternaliste, qui ne décide pas en notre nom de ce qui est bon pour nous et qui, loin de vouloir nous épargner les difficultés de la vie, nous y prépare – non en tant qu’individus isolés mais en tant que société.

[…]

L’industrie du bonheur qui cherche aujourd’hui à prendre le contrôle de nos subjectivités est l’équivalent contemporain de la « machine à expériences » de Robert Nozick, qu’un Aldous Huxley put en son temps mettre en scène à sa façon, à travers le roman.

Cette industrie du bonheur ne fait pas que perturber et brouiller notre capacité à connaître les conditions qui façonnent nos existences ; elle rend aussi nulle et non avenue une telle capacité. Ce sont la justice et le savoir, non le bonheur, qui demeurent l’objectif moral révolutionnaire de nos vies.



https://theconversation.com/sois-heureux-et-tais-toi-101778


Un autre article sur le même sujet et le même livre.

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Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade.
Jiddu Krishnamurti


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MessagePublié: 28 Août 2018, 15:35 
Seigneur Canard
Seigneur Canard
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Messages: 1945
Chimère a écrit:
Alors, peut-être que je me pose trop de question. Mais je remarque que personne n'a de réponse à mes questions. Donc bah... il faut que je continue à chercher des réponses. :think:


Tu veux dire sur le bonheur, la vie, l'univers et le reste ? Si j'en avais, je serais gourou, je crois. :)

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Je suis le grincement dans les poutres. Le battement d'ailes dans la cheminée. Les petites marques de dents dans la pêche. Je suis BATMAN FRUGIVORE. - Charles Montgomery Plantagenet Schicklgruber Burns.


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