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MessagePublié: 28 Août 2018, 16:02 
Ornithorynque consterné
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Cortex a écrit:

Tu veux dire sur le bonheur, la vie, l'univers et le reste ? Si j'en avais, je serais gourou, je crois. :)


42 (désolé, il fallait que je la fasse :lol: ;) )


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MessagePublié: 28 Août 2018, 18:10 
Lueur dans la nuit
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Cortex a écrit:
Chimère a écrit:
Alors, peut-être que je me pose trop de question. Mais je remarque que personne n'a de réponse à mes questions. Donc bah... il faut que je continue à chercher des réponses. :think:


Tu veux dire sur le bonheur, la vie, l'univers et le reste ? Si j'en avais, je serais gourou, je crois. :)



Oui, entre autres... (ça et : pourquoi je confonds les touches "éditer" et "citer"?... ton message a eu chaud... :lol: )


Par exemple, pour reprendre la discussion sur les Accords Toltèques... effectivement, c'est du bon sens (dans le second article, ils parlent aussi de bon sens)... or, il suffit de regarder un peu autour de soi, ou soi-même, pour constater que le dit "bon sens" n'est pas appliqué.
Donc, c'est peut-être qu'il n'est pas si inutile que ça de rabâcher le message, quelque soit ça forme ou sa formulation.

Bref...

Pour reprendre un peu le sujet...

Citer:
Poursuivre le bonheur, c’est avant tout, aujourd’hui, contribuer à la consolidation de ce concept en tant que marché très juteux, industrie et mode de vie consumériste envahissant et mutilant. Si le bonheur est devenu un moyen de gouverner notre vie, c’est parce que nous sommes devenus les esclaves de cette quête obsessionnelle.


Sauf que ce "bonheur" totalement vain et factice, je ne crois pas qu'il soit recommandé de le poursuivre, ou en tout cas, dans aucun des bouquins que j'ai pu lire sur le développement personnel ou autre, et encore moins chez des auteurs plus spirituels (ce qui ne veut pas dire que dans des articles plus courts type "magasin psycho" etc..., on ne traite pas ce sujet.. de toute façon, encore une fois, le domaine est tellement vaste qu'il y a toute la palette allant de l'élevé et de l'inspirant au bas de gamme intellectuel le plus crasse, genre je sais plus quelle starlette d'internet ou de télé-réalité qui vend ses "recettes" de bonheur... :roll: ).

J'ai plus l'impression que, de ce que j'ai lu, il soit question de mieux se connaître d'une part, d'identifier nos différents mécanismes internes qui nous "auto-sabordent" et d'autre part de mieux appréhender les mêmes mécanismes chez les autres et dans les relations interpersonnelles.

Mais encore une fois, je suis d'accord sur le fait que l'on nous vend un "faux bonheur" qui fait tourner le système... pour nous empêcher de nous rebeller et/ou nous détourner d'un bonheur plus élevé et profond (mais sans doute moins "efficace" économiquement).

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Etty Hillesum, Une vie bouleversée


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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 13:07 
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"Le développement personnel est un nouvel asservissement"
Publié le 25/09/2019 à 16:10
Julia de Funès
Docteure en philosophie, elle est l'auteure de plusieurs essais dont La Comédie (in)humaine (L'Observatoire), avec Nicolas Bouzou, et Développement (im)personnel (L'Observatoire).


Dans "Développement (im)personnel", la philosophe Julia de Funès analyse le succès de ce qu'elle estime être "une imposture" : le développement personnel.
Le développement personnel est-il le nouvel "opium du peuple" ? C'est ce qu'estime Julia de Funès dans Développement (im)personnel : le succès d'une imposture (L'Observatoire). Dans cet essai, elle analyse le succès en librairie de cet ensemble de pratiques, lié à la montée de l'individualisme et du narcissisme apparus depuis les années 1960-1970. Pour elle, derrière l'adhésion au développement personnel se cache une nouvelle "servitude volontaire".

Propos recueillis par Kévin Boucaud-Victoire

Marianne : En quoi la montée de l’individualisme a-t-elle permis selon vous celle du développement personnel ?

Julia de Funès : Je relie ce désir de développement personnel (DP) à la montée de l’individualisme car le lien est en effet très clair. J’en fais toute la généalogie dans la première partie du livre. Le culte du "moi" est une conséquence de la chute des grandes autorités. Les normes extérieures qui s’imposaient aux hommes depuis l’Antiquité se sont vues progressivement remplacées par l’expression, le développement et l’épanouissement de la personnalité de l’individu. La psychologie a pris le pas sur les grandes orientations "traditionnelles". On n’attend plus du "cosmos" notre place dans l’univers, on n’attend plus des religions qu’elles guident nos existences, et on n’attend plus de la politique un statut meilleur, on attend moins des milieux sociaux qu’ils conditionnent nos trajectoires. Chacun se retrouve seul face à lui-même. Si l’individu devient l’unique responsable de sa vie, on comprend alors l’anxiété probable qu'il peut ressentir, seul face au vertige du "sois toi-même et réussis ta vie". Il est alors aisé de comprendre le besoin si actuel de soutien personnel et d’aides au bien-être.

"Ce n’est pas parce que le coach nivelle l’autorité en se disant l’égal du client, qu’il n’a pas d’ascendant sur ce dernier et qu’une mainmise demeure exclue"

Vous expliquez, à la suite d’Alain Ehrenberg, que la dépression est "la pathologie majeure du dernier tiers du XXe siècle, correspondant au nouveau type d’individu-souverain que nous sommes devenus". Comment expliquer que le public se tourne vers les "coachs" plutôt que vers les "psy" ?

La démarche est moins lourde et moins compliquée psychologiquement. Aller voir un psychiatre, c’est aller voir un médecin. Pour se rendre chez un médecin, il faut déjà se considérer comme « malade », sinon souffrant. Ce qui n’est pas toujours évident dans le cas des souffrances psychiques. C’est très difficile de s’avouer en souffrance, en désespoir, dans une société qui valorise le bien-être et déconsidère le mal-être en l’assimilant à une faiblesse. Ensuite, le médecin à une autorité de savoir par rapport au patient qui ignore ce qu’il a. On est patient mais aussi passif devant l’autorité médicale décisionnaire.

Le coach, quant à lui, ne se positionne pas (et c’est très malin de sa part) comme un sujet sachant ou comme ayant une quelconque autorité. Il se dit "compagnon de route" de la personne en difficulté. Il tutoie son client et installe une connivence amicale, sinon affective. On a l’impression d’être d’emblée aimé, apprécié, considéré, sinon compris par le coach. Le coach est un réconfort immédiat, là où le médecin peut être une source d’intimidation et donc d’angoisse supplémentaire. En outre, le "coach" (pas tous évidemment !) sait jouer sur les attentes les plus communes à l’humanité que je développe dans le livre (désir de possession, de réparation, de séduction…). On a envie d’entendre ce qu’il va nous dire. Mais ce n’est pas parce que le coach nivelle l’autorité en se disant l’égal du client, qu’il n’a pas d’ascendant sur ce dernier, et qu’une mainmise demeure exclue. C’est un miel qui peut cacher l’absinthe.

Pourquoi vous attaquez-vous au développement personnel ? Finalement où est le mal, si les gens se sentent mieux grâce aux coachs ?

Le DP n’est pas la même chose que le coaching mais dans les deux cas, ça peut en effet "faire du bien" ! Sauf que l’argument "ça fait du bien" n’en est pas un. Un fumeur de shit peut vous dire "ça me fait du bien" et le shit n’est pour autant pas une bonne chose ! L’alcoolique peut vous dire "l’alcool ça me fait du bien", quand bien même l’alcool à haute dose n’est pas bon ! Il y a beaucoup de choses qui font du bien et qui ne sont pas bonnes. C’est Spinoza qui disait que ce n’est pas parce qu’un chose est bonne qu’on la désire mais parce qu’on la désire qu’elle est considérée comme bonne. Le DP, c’est exactement la même chose. L’accomplissement personnel fait l’objet d’une véritable demande. Il y a une tendance historique psychologique et sociale d’épanouissement (je le développe dans le livre), sur laquelle vont venir surfer tous les ouvrages de développement personnel.

"Être vrai tout en étant codifié, voilà en quoi consiste cette nouvelle forme d’asservissement"

C’est une "littérature" de soumission à l’air du temps, d’allégeance aux besoins psychologiques du moment. Une littérature à la "mode", répondant parfaitement aux attentes "types" du profil sociologique, psychologique, de l’individu moderne. Cette adéquation parfaite explique son succès. Rien de plus envoûtant que de lire ce que l’on a besoin d’entendre. "Ça fait du bien !". Au mieux, ça fait du bien, ça réconforte et c’est très bien, mais ça peut également illusionner, décevoir, culpabiliser sinon détruire. J’en ai vu trop d’exemples pour ne pas alerter sur ce sujet. Loin de libérer l’individu, le développement peut s’avérer une nouvelle forme d’asservissement fonctionnant sur une logique de culpabilisation. Être authentique et libre, c’est suivre son propre chemin or comment l’être si l’on nous dit quel chemin prendre ? Cela revient à dire : faites ce que je vous dis et vous serez enfin vous-mêmes. Tenter de devenir soi en suivant une méthode revient à adopter un code, suivre des règles, jouer un jeu, tout en pensant se rapprocher de sa propre vérité. Être vrai tout en étant codifié, voilà en quoi consiste cette nouvelle forme d’asservissement.

Quant à la culpabilisation, elle se comprend aisément : puisque tous les outils sont soi-disant là, à notre disposition, notre réussite, notre alignement, notre bien-être ne devraient plus être des problèmes insolubles. J’ai tout pour être heureux, coachs, ouvrages, aides en tout genre, alors pourquoi ne le suis-je pas ?! Quand on promet le bonheur, l’amour, l’authenticité ou la confiance en soi en quelques jours, la désillusion ne peut être qu’immense. Le DP traite de problèmes existentiels d’une complexité sans bornes et d'une durée d’une vie. Quant aux personnes qui se retrouvent chez le psychiatre ou le psychanalyste après avoir vécu l’emprise d’un "aidant", il y en a malheureusement encore beaucoup... Je pense qu’il y a de bien meilleurs remèdes à l’errance psychologique. Le sport, une activité manuelle, intellectuelle, artistique, peu importe, mais un moyen d’agir sur le monde, d’être en présence au monde, au réel, par la qualité d’une émotion ou d’une connaissance.

Depuis quelques années, nous voyons prospérer la critique des "bullshit jobs". La perte de sens au travail renforce-t-elle le besoin de développement personnel ?

"Bullshit jobs" est une expression de Graeber mais que je nuancerais. Le bullshit job se définit à mon sens non pas comme une fonction inutile, au sens de Graeber, mais comme une fonction définalisée. Je rencontre en entreprise des personnes ayant le sentiment que leur métier est utile mais totalement dénué de sens. L’utilité n’est pas le sens. On peut savoir son métier nécessaire dans l’organisation de l’entreprise sans pour autant voir la finalité concrète de ce que l’on fait. C’est ce qui explique un phénomène, qui n’est pas un épiphénomène, où des personnes très diplômées, ayant de belles fonctions, quittent leur poste pour un métier manuel ou relationnel, dans lequel ils vont avoir le sentiment d’agir, d’avoir un impact sur le monde extérieur.

Le sens se définit comme une extériorité. Il est toujours extatique. Travailler pour travailler n’a aucun sens. Vivre pour vivre n’a aucun sens. Si mon travail a du sens, c’est que quelque chose d’autre (d’extérieur) que l’activité, le justifie (exemple : un salaire, des collègues sympas, contribuer à un projet qui m’intéresse etc.) L’absence de sens, c’est l’impossibilité de trouver une justification extérieure à son travail. S’il n’y a plus de projection, de finalité, d’ailleurs, l’individu se retourne, se concentre sur son "moi" qui devient une perspective, une entreprise à lui tout seul. Et le DP en devient un des fournisseurs officiels. Si mon travail ne justifie pas mes journées, je vais tenter de chercher en "moi" ou dans les autres (d’où l’essor des projets d’entreprise associatifs) une raison d’être.

"Le triomphe de l’individualisation est structurel sans se réduire au consumériste ni au capitalisme"

Derrière le développement personnel, ne se cache-t-il pas une individualisation des problèmes, alors que certains d’entre eux sont systémiques et dus au néolibéralisme ?

L’un des paradoxes du DP, c’est que les ouvrages de DP jouent sur leur démarcation néolibérale. Il faut aller copiner avec le dalaï-lama, méditer, se ressourcer, faire du yoga, bien manger, bien respirer, bien loin des préoccupations consuméristes. Mais quand on sait à quel point le DP est un marché (53 millions d’euros de chiffre d'affaires pour les librairies françaises), ça fait sourire…

Néanmoins, le triomphe de l’individualisation (qui explique l’essor du DP) est en effet structurel sans se réduire au consumériste ni au capitalisme (sous-entendus dans le terme néolibéral). C’est une donnée plus globale, à la fois historique, sociale et psychologique. L’explication peut être structurelle sans être réductible au capitalisme. Il serait facile de faire de ce dernier un bouc-émissaire expliquant la globalité du réel. Mais si l’argent était la valeur suprême, l’individu serait encore relié à une forme de transcendance : l’argent. Or ce dernier reste excessivement tabou en France, les ouvrages n’ont pas pour titre : comment gagner plus ? Comment devenir riche ? Mais bien comment être heureux, épanouis, apaisés, authentiques etc. Ce qui semble compter pour l’individu, c’est l’unique souci de "soi". En retraçant la généalogie de l’individuation progressive, on se rend compte que l’épanouissement personnel ne se réduit pas à une simple caractéristique consumériste.



https://www.marianne.net/debattons/entretiens/le-developpement-personnel-ou-la-litterature-soumise-l-air-du-temps


Je mets ça à la suite, c'est le même sujet (Marianne est le seul journal sur lequel j'ai trouvé ce sujet précis en "libre-service", je ne suis pas spécialement lectrice, même si du reste, ils ont parfois des sujets/angles un peu originaux)...

Comme précédemment, je suis à la fois raccord avec une certaine appréciation, surtout sur l'aspect mercantile de la chose. (qui "salit" décidément tout... même si le bouquins "soyez heureux en 5 minutes et 10 leçons", on est d'accord que c'est n'importe quoi...).

De l'autre, je suis toujours très "fâchée", si je puis de voir que pour les philosophes ou sociologues sur les modèles "matérialiste moderne", ben spiritualité-recherche spirituelle ou développement personnel, c'est bonnet blanc/blanc bonnet.
Désolée, mais le Yoga ou la Méditation, ça n'a rien à voir avec le développement personnel. Et le Dalaï Lama, comme le Pape François ou n'importe quel autre leader religieux ne sont pas des coachs non plus... :wtf:

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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 13:29 
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Chimère a écrit:
De l'autre, je suis toujours très "fâchée", si je puis de voir que pour les philosophes ou sociologues sur les modèles "matérialiste moderne", ben spiritualité-recherche spirituelle ou développement personnel, c'est bonnet blanc/blanc bonnet.
Désolée, mais le Yoga ou la Méditation, ça n'a rien à voir avec le développement personnel.

A la base et dans les traditions asiatiques, non, en effet. Mais ces diverses pratiques (à la liste desquelles on pourrait rajouter le tai chi) sont davantage utilisées de nos jours en occident comme des outils au service du développement personnel, et elles perdent (en partie ou entièrement) leur caractère spirituel.
Je pense que c'est ce qui explique que yoga et méditation soient cités dans l'article.

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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 13:50 
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J'entends bien...
Mais, justement, le rôle d'un philosophe, ou d'un "sachant" au sens large, ne devrait-il pas être de remettre l'Eglise au milieu du village, si je puis dire ? :think:


Citer:
Si mon travail ne justifie pas mes journées, je vais tenter de chercher en "moi" ou dans les autres (d’où l’essor des projets d’entreprise associatifs) une raison d’être.


La question est : est-ce qu'un "travail" peut justifier mes journées ?... :think:
J'ai toujours trouver étrange cet aspect du travail qui consiste pour l'individu à se sentir "utile" à la société... comme si le fait de travailler était une justification à l'existence.
En réalité, je pense que, vanité des vanités :mrgreen: , un travail même le plus "utile" du monde, n'est jamais la justification intrinsèque d'une existence : par définition, une existence existe... parce qu'elle existe, point.
Et c'est bien à l'individu de donner de la valeur à son travail, peu important lequel... comme le démontre la fameuse fable des tailleurs de pierre qui raconte comment, grosso modo, un Roi est venu rendre visite au chantier d'une cathédrale et a interroger successivement 3 tailleurs de pierre affairés à tailler des pierres... Le Roi leur demanda "Que faites vous ?" :
Le premier répondit "Je taille une pierre",
Le second répondit "Je gagne ma vie",
Et le troisième "Je construis une cathédrale".

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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 17:45 
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Chimère a écrit:
Le premier répondit "Je taille une pierre",
Le second répondit "Je gagne ma vie",
Et le troisième "Je construis une cathédrale".

Comme souvent avec ce genre de fabulettes prétendûment philosophiques, je suis parfaitement incapable d'en saisir la moralité :mrgreen:

Plus sérieusement, c'est un article intéressant que tu as posté là, Chimère. Je dois avouer que j'ai toujours eu un certain mépris (sans doute injustifié) vis-à-vis de tous ces livres de développement personnel. Je me souviens encore en avoir feuilleté un pour rire — et je n'ai pas été déçu : le premier chapitre, intitulé "Qu'est-ce que la solitude", nous expliquait doctement que "La solitude, c'est le fait d'être seul".

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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 18:49 
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Citer:
Comme souvent avec ce genre de fabulettes prétendûment philosophiques, je suis parfaitement incapable d'en saisir la moralité


Mais... :shifty:
Elle me semble pourtant très claire celle-là...
L'un résume son travail au fait de juste gagner de l'argent, un autre voit juste ce qu'il y a sous le bout de son nez, et le troisième saisit le sens de sa mission, d'un point de vue "holistique". :think:


Citer:
Qu'est-ce que la solitude", nous expliquait doctement que "La solitude, c'est le fait d'être seul".


Et c'est d'ailleurs parfaitement faux : on peut être très seul au milieu de tout un tas de gens, au milieu d'un repas de famille ou autre... :eh:

Objectivement, il y a des livres et des auteurs pas mal dans ce domaine (je suis loin d'avoir épuisé le rayon), je préfère les auteurs aux confins de la psychologie/philosophie/spiritualité, comme par exemple Jean-Yves Leloup, que je considère comme un vrai Sage moderne. Ses livres sont lumineux. (mais bon, il fait pas trop les talk-shows, alors bon...)

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MessagePublié: 04 Octobre 2019, 23:03 
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Chimère a écrit:
Mais... :shifty:
Elle me semble pourtant très claire celle-là...
L'un résume son travail au fait de juste gagner de l'argent, un autre voit juste ce qu'il y a sous le bout de son nez, et le troisième saisit le sens de sa mission, d'un point de vue "holistique". :think:

Oui, mais il n'y a aucune moralité, nulle exhortation à adopter un comportement particulier. Pour moi, c'est uniquement une façon volontairement tortueuse et aussi un peu prétentieuse de poser un constat extrêmement basique, du type "différentes personnes ont différentes opinions".
D'ailleurs, non seulement cette fable ne m'apprend rien, mais en plus, elle soulève plus de questions qu'elle n'y répond : moi je veux savoir de quel roi il s'agit, de quelle cathédrale ! :shifty:

Chimère a écrit:
Jean-Yves Leloup, que je considère comme un vrai Sage moderne. Ses livres sont lumineux.

Lumineux, rien que ça ? Qu'est-ce qu'il raconte ?
(Attention, je ne critique pas, je cherche sincèrement à être informé sur un sujet que je connais peu mais envers lequel j'ai beaucoup de préjugés).

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MessagePublié: 05 Octobre 2019, 11:05 
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Citer:
Oui, mais il n'y a aucune moralité, nulle exhortation à adopter un comportement particulier. Pour moi, c'est uniquement une façon volontairement tortueuse et aussi un peu prétentieuse de poser un constat extrêmement basique, du type "différentes personnes ont différentes opinions".


C'est plus profond que ça en fait : ce n'est pas qu'une question d'opinion...
C'est à chacun d' "investir" ce qu'il fait, et de lui donner sens : en gros, tu peux juste tailler une pierre. Ou construire une cathédrale ; c'est pas juste l'acte qui détermine ce que tu fais. C'est aussi le sens que tu lui donnes qui change tout. Et il y a une grosse part, je dirais pas de "volonté", mais de choix, ou de quête... :think:

J'ajoute que je ne trouve pas ce type d'histoires symboliques et morales/contes/paraboles "tortueuses", ou encore moins "prétentieuses"... au contraire, c'est poétique, joli, imagé, symbolique, avec parfois plusieurs niveaux de lectures. Je trouve toujours ça un peu magique...
Personnellement, ça me parle beaucoup plus qu'une longue explication abstraite, ou des graphiques plein de chiffres... :mrgreen:


Citer:
Lumineux, rien que ça ? Qu'est-ce qu'il raconte ?
(Attention, je ne critique pas, je cherche sincèrement à être informé sur un sujet que je connais peu mais envers lequel j'ai beaucoup de préjugés).


Principalement de l'exégèse comparée de textes religieux (à la fois chrétien et orientaux, qu'ils soient bouddhiques ou hindouistes) avec un éclairage philosophique et aussi psychologique (ce qui éclaire aussi sa propre vie). Je trouve qu'il a le talent rare de rendre limpides des concepts extrêmement complexes.

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MessagePublié: 07 Octobre 2019, 13:13 
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Chimère, peut-être sera tu tenté de lire "quand la conscience s'éveille" d'Antony De Mello.

Le titre parait pompeux mais ce livre est selon moi une perle (oui, je me doute que certains détesterons mais bon, moi j'ai adoré.). La réflexion sur moi-même et qui je suis réellement qui s'en est suivi fut pour moi plus que bénéfique. Bref je le conseille a tous même si tous ne l'apprécierons pas.

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