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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 18 Juillet 2013, 21:02 
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Tant que j'y pense, je poste ici ma relecture de ta première version de l'article ; les ajouts/modifications sont en rouge, mes commentaires en vert.

Je n'ai pas encore eu le temps de me pencher sur ta suite à l'article (je le fais ce samedi, promis), du coup cette relecture n'en tient pas compte. ;)

Citer:
Le roi Arthur [Un titre plus précis serait peut-être préférable ? Genre, « L'historicité du roi Arthur », ou « A la recherche du roi Arthur » - ce sont juste des idées...]

‘’ « C’est dans cette même bataille que notre illustre roi Arthur fut mortellement blessé : il fut alors transporté dans l’île d’Avallon pour y soigner ses blessures. Arthur abandonna alors la couronne de Bretagne à son parent Constantin, qui était le fils de Cador, duc de Cornouailles. C’était en l’an 542 ap. J-C. Que l’âme de notre roi repose ne paix ! »’’

C’est en ces termes que Geoffroy de Monmouth, clerc d’origine galloise installé à Oxford dans les années 1130 achève, avec le 178e chapitre de son ‘’Histoire des rois de Bretagne (Historia regum Britanniae)’’ le récit des hauts faits du roi Arthur. Nous retrouvons ici la version la plus connue de la légende : celle d’un chef ayant vécu au V’^ème^’ siècle. Monmouth a en effet fait autorité en la matière jusqu’au XVII’^ème^’ siècle : les sources de l’époque étant rares ; cet auteur a permis de relayer les quelques rares chroniques qui nous sont parvenues.

Mais la critique à l’égard de Monmouth se fait plus importante au XX’^ème^’ siècle. Car si le clerc a vraisemblablement repris des récits issus d’une tradition orale et écrite, il est bien l’auteur de l’ensemble du texte — l’un des derniers sur le roi Arthur à être encore rédigé en latin. Il a donc pu broder autour, réutiliser, réinventer à sa guise les récits qu’il a repris.


Peut-être est-il ici utile de rappeler les grandes lignes de son histoire légendaire. Les noms des personnages pouvant varier selon les légendes, les orthographes les plus courantes ont été ici reprises.

Arthur est né d’Ygerne (ou Igraine) femme du duc Gorlois et d’Uther Pendragon roi de Bretagne (il faut noter que l’adultère disparait avec la christianisation de la légende : Gorlois meurt avant qu’Uther arrive au château d’Ygerne, celui-ci se faisant d’ailleurs passer pour le mari). Confié par Merlin à un maréchal ferrant qui l’élèvera comme son fils (et même mieux), lui seul étant roi légitime de Bretagne, Arthur parvient à retirer Excalibur de l’enclume (ou du rocher) lors d’un tournoi. Après une difficile reconnaissance, il épouse Guenièvre, fille du roi Léodagan de Carmélide, et s’installe à Camelot dont il fait sa cour principale. Merlin fonde la Table Ronde, la quête du Graal commencera peu après.
Selon certaines sources, Arthur a un fils (Lohot) qui sera assassiné par Keu car il avait la fâcheuse tendance de s’endormir sur le corps d’un ennemi après l’avoir tué. Arthur finira sa vie lors de la bataille de Camlann, durant laquelle son fils Mordred le tuera, et les Saxons vaincront.

[Les textes arthuriens "classiques"]

Un fait historique que l’on retrouve systématiquement dans la légende arthurienne permet de la situer effectivement au V’^ième^’ – VI’^ème^’ siècle de notre ère, comme le fait Monmouth : l’île de Bretagne, christianisée, est peu à peu soumise aux Angles et aux Saxons païens... Saxons très présents dans les romans, car c’est contre eux qu’Arthur livrera sa dernière bataille.

Les textes Arthuriens eux-mêmes sont assez tardifs par rapport à l’époque où Arthur est supposé avoir vécu : 829-830 ap. J-C. pour le premier, l’''Histoire des Bretons (Historia britonniae)'', qui a été écrit par un clerc anonyme d’origine galloise. Il s’agit d’une compilation d’épisodes historiques et géographiques du Pays de Galles et de l’Angleterre. La figure d’Arthur est utilisée pour montrer le passé glorieux des Gallois, que l’union peut faire la force : un exemple de dirigeant efficace ayant accompli une grande victoire — celle du Mont Badon. A l’époque de la rédaction du texte, le pays était en proie à des conflits et invasions menaçants son unité. Le poète plaide pour une unité des efforts derrière Merfyn Frych, roi de Gwynedd (nord du Pays de Galles). L’auteur, après une liste de douze batailles remportées par Arthur (celle du Mont Badon en dernier), lui attribue deux noms : « champion chrétien » (à la huitième bataille) et « ‘’dux bellorum’’ », littéralement chef des batailles en latin.
Mais que penser de ce titre ? Un chef suprême des Bretons ou un chef de guerre indépendant à la tête de mercenaires ? Ce serait la première hypothèse qui serait la plus vraisemblable, le clerc voulant montrer l’union du peuple. Mais tout ceci ne signifie pas clairement l’historicité du personnage. Les sources de l’’’Histoire des Bretons’’ sont orales, des récits héroïques du roi Arthur. Il s’inspire aussi de Gildas le Sage (voir plus loin).

[Textes arthuriens plus tardifs : expliquer en quoi ils s’inspirent de leur contexte de rédaction (bas Moyen-Age), en incorporant des éléments d’amour courtois, de codes de la chevalerie...]

[L’Arthur historique]

Les recherches sur l’historicité du roi Arthur se heurtent à un problème majeur : l’absence de mention du personnage dans les chroniques anciennes. Car dans les sources des V’^ème^’ et VI’^ème^' siècles, période où le roi est sensé avoir vécu, aucune ne mentionne le personnage d’Arthur. Certains pourraient alors invoquer l’obscurantisme et la barbarie de ce début de Moyen-Âge (n’est il d’ailleurs pas appelé Dark Ages, les âges sombres, en anglais ?) pour justifier son absence. Mais si le Moyen-Âge est appelé ainsi ce n’est pour un prétendu obscurantisme, mais parce que les sources sont rares, et peu fiables. Il est donc difficile d’y retrouver une trace d’Arthur.
Seul le moine Gildas le Sage permet d’en apprendre un peu sur la Grande-Bretagne de l’époque. Cependant dans son ''De la chute et de la conquête de la Bretagne'' (‘’De Excidio et Conquestu Britanniae’’), rédigé au VIème siècle, il n’est fait aucune mention d’Arthur — alors que le moine était pourtant théoriquement un de ses contemporain.
Cette absence ne veut pas dire qu’Arthur n’a pas existé : il est impossible d’argumenter à travers une seule source isolée, d’autant plus que le texte de Gildas n’est pas une chronique mais une prêche posée à l’écrit.

Ce n'est que dans les sources historiques plus tardives du IX'^ème^' siècle qu’Arthur commence à être mentionné. La dimension mythologique et légendaire du personnage y est déjà bien présente, et elle est peu discernable de sa dimension historique, ce qui complique la tâche des historiens cherchant à tirer le bon grain de l’ivraie au sein des sources anciennes... A plus forte raison qu’on observe rapidement chez les auteurs postérieurs une nette volonté de donner une historicité au personnage, de l’associer à des lieux anciens et précis. Arthur semble être dès cette époque un héros connu de tous et très populaire, ce qui explique que l’on ait cherché à lui donner une origine historique bien déterminée.

Il faut également noter une difficulté supplémentaire pour les historiens cherchant des indices sérieux de la présence passée du roi Arthur : au tournant du VII’^ème^’ siècle, des personnages appelés Arthur apparaissent dans les maisons régnantes dans l’ouest de la Grande Bretagne... Signe d’une popularité déjà certaine du héros.

Cette forte popularité du héros a justifié que le personnage du roi Arthur ait été utilisé au cours du Moyen-Age à des fins politiques.
Le couronnement d’Arthur aurait eu lieu à Silchester, par l’archevêque Dubrice (465-545, premier évêque à Llandaff, Pays de Galles) [quelle source ?]. Mais une autre abbaye, plus célèbre, s’est elle aussi appropriée le roi Arthur : celle de Glastonbury. En 1191, d’après le chroniqueur Giraud de Barri, l'abbé Henry de Sully avait demandé que l'on fasse des recherches qui auraient permis de découvrir, à une profondeur d'à peu près cinq mètres, un tronc de chêne massif contenant deux squelettes. Toujours d'après Giraud de Barri, une croix de plomb portant l'inscription ‘’Hic jacet sepultus inclutvs rex Arturius in insulis Avalonia cum Wenneveria uxore cum sua secunda in insula Avallonia’’ (« Ci-gît le renommé roi Arthur enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie ») est retrouvée à proximité de la sépulture. Le deuxième squelette semblerait donc être celui de Guenièvre. Mais la dissolution de l’abbaye au XVIème siècle, et par conséquent la destruction des tombes, empêche de vérifier la véracité de l’histoire.
De plus lors de la découverte, la fréquentation de Glastonbury était en baisse après l’incendie de la nef en 1184. Les moines parvinrent à la rénover suffisamment pour parvenir à faire des offices mais ils manquent cruellement d’argent... La découverte des tombes redonnait un nouvel attrait, et non des moindres, à l’abbaye. A tel point qu’en 1278, le roi Edouard Ier et la reine Eléonore eux-mêmes assistèrent à la cérémonie grandiose durant laquelle les restes d’Arthur furent remis en terre.

Avalon, là où Arthur est amené lorsqu’il est mourant, est parfois assimilée à l’île Fortunée (ou île des Bienheureux), un lieu mythique où sont emportés les héros à leur mort, les méritants, dont la localisation diffère selon les légendes. Selon une tradition, Avalon aurait été localisée à Glastonbury, où une colline était auparavant entourée par la mer qui inondait les basses terres... ce qui apporté d’autant plus de poids à la découverte de la sépulture d’Arthur à l’abbaye de Glastonbury.
Avalon ne saurait toutefois être un lieu bien réel : il correspond à l’archétype de l’au-delà éloigné dans lequel se rendent les guerriers valeureux après leur trépas, comme l’ile des Bienheureux de la mythologie grecque ou le Walhalla scandinave. Son nom même, « l’île des pommes » (à rapprocher du breton moderne ‘’aval’’ et du gallois ‘’afal’’) trahi sa véritable nature, la pomme étant souvent perçu comme le fruit des morts dans l’imaginaire celtique.

Mais les moines de l’abbaye de Glastonbury ne sont pas les seuls à vouloir s’approprier Arthur. Durant la troisième croisade, Richard Cœur de Lion aurait porté Excalibur. Après avoir interdit les tournois en Angleterre (qui causaient trop de troubles), Edouard III les réinstaure sous prétexte de ressusciter Arthur et sa cour.

De la même manière, Henri VIII demanda la création d’une Table Ronde qu’il exposa à Winchester, afin de faire remonter ses origines à Arthur, et de montrer qu’il en est l’héritier.
La célèbre Table Ronde est pourtant loin d’être un élément ancien de la légende arthurienne : elle est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut, écrit vers 1155 par Robert Wace, un moine anglo-normand. Dans les versions les plus connues, elle comporte douze sièges (le treizième étant le Siège Périlleux, où seul le meilleur des chevaliers, Galaad, est destiné à s’asseoir) mais certaines versions mentionnent 1500, 3000 ou trente chevaliers. Mais ces chiffres correspondent peut-être à ceux qui sont admis à la cour, ce qui est déjà une preuve de la noblesse et du courage de l’élu.

[L’Arthur légendaire]

Puisqu’il est impossible de retrouver la trace d’Arthur dans l’Histoire, on peut envisager l’hypothèse inverse : Arthur serait un personnage légendaire auquel on aurait donné des traits historiques, afin d’en garantir la crédibilité.

C’est pourquoi certains ont voulu le voir dans la figure d’Ambrosius Aurelianus (soldat issu de l’aristocratie bretonne romanisée, ayant vécu au V’^ème^’ siècle) que Gildas le Sage présente comme « un homme de bien ». Sous sa direction, les Bretons reprennent courage et infligent aux saxons une défaite cuisante lors de la bataille du Mont Badon. Mais Ambrosius (aussi appelé Emrys en gallois) apparaît sous son propre nom et est un personnage clairement différencié d’Arthur, y compris dans les écrits postérieurs.

Une autre origine celto-romaine a été avancée pour Arthur : il s’agirait de Lucius Artorius Castus, un militaire romain et chef de légion installé à York au IIème ap. J-C. Chargé de protéger les frontières de l’empire au delà du mur d’Hadrien contre les barbares pictes et calédoniens qui peuplaient alors l’Ecosse, il aurait remporté contre eux une série de victoires qui lui ont valu le titre de ‘’dux legionum’’.
La similitude de nom et de statut entre Lucius Artorius et le roi Arthur ne saurait être le fruit du hasard, selon les partisans de cette théorie.


L'historien britannique Geoffroy Ashe a voulu identifier Arthur dans Riothamus, le « roi des bretons », mentionné dans une source gauloise du V'^ème^' siècle et une source byzantine du V'^ème^' siècle. La proximité des régions où opéraient Arthur et Riothamus a semblé intéressante, mais le raisonnement est construit à coups d’arguments circulaires : Ashe reconstituait Riothamus à partir de Monmouth et en déduisait qu’il s’agissait Arthur.

Peut-être faut-il chercher Arthur comme un personnage historique ayant son propre nom, sa propre identité, mais que l’on désignerait ensuite sous le nom d’Arthur comme un titre honorifique (de la même manière que l’on dit un « César » pour désigner indistinctement les empereurs dans la Rome Antique). L’étymologie d’Arthur viendrai du celte ''arth'' signifiant « ours » (en breton moderne : ''arz'', gallois : ''arth'' à prononcer à l'anglaise). Dans le prénom latinisé, Artorius, le suffixe viendrait peut-être du celte rix signifiant roi. Donc « roi des ours », l’ours étant un animal royal, l’emblème monarchique, à l’image du lion des fables de La Fontaine.
Ainsi la toute première mention connue du roi Arthur se trouve dans un très ancien poème gallois, le ‘’Y Goddodin’’ (écrit par le poète Aneirin), qui remonterait au VIème siècle. Il est dit au détour d’un vers qu’un personnage « n’est pas un Arthur ». Cependant le manuscrit qui a permis de retrouver le poème (il était connu seulement oralement) est un peu trop récent pour constituer une source sérieuse, puisqu’il date du XII’^ème^’ siècle.

[Le roi Arthur dans le domaine du merveilleux]

Il existe aussi ce que l‘on peut appeler la « mémoire d’Arthur. » En fait il s’agirait plutôt d’une explication apportée par la tradition orale populaire pour expliquer l’origine des mégalithes, des oppidii et des phénomènes naturels.
Par exemple dans l’''Histoire des Bretons'' il est fait mention au chapitre 73 de ''Carn Cabal'', un cairn dont une des pierres porterait l’empreinte de la patte de Cabal, le chien d’Arthur (la légende veut que si l’on prend une pierre du cairn, elle y reviendra dans la nuit). Un autre lieu notable est ''Licat Anir'', le tombeau d’Anir, fils d’Arthur, que celui-ci aurait tué de sa main. La légende affirme qu’il rétrécit ou s’agrandit dès que l’on cherche à le mesurer.

Ces légendes sont toutefois de l’ordre du folklorique et elles ne sauraient justifier à elles seules l’existence du roi Arthur. En effet, d’autres histoires très similaires peuvent être trouvées à travers toutes l’Europe, qui attribuent la création de particularités topographiques à des personnages semi-légendaires (comme Charlemagne ou le chevalier Roland)... voire à des créatures complètement fictives (Gargantua ou Jean de l’Ours dans le Sud-Ouest de la France).

Le merveilleux est indissociable d’Arthur, même dans l’éventualité où il serait une figure historique. Le roi Arthur est très fortement associé au Pays de Galles où l’on peut trouver son lieu de naissance, de vie, de mort,… Il faut également noter que le drapeau du Pays de Galles représente un dragon, en rapport avec le nom de famille d’Arthur, Pendragon (à rapprocher du breton ‘’penn’’ et du gallois ‘’pen’’ : « tête » ; ''dragon'' et ''draig'' : « dragon ») : tête de dragon ?
Le héros est plus présent dans ce pays qu’ailleurs. Il existe cependant quelques légendes en France, notamment en Bretagne (à Huelgoat, une forêt où il se serait reposé après une bataille), dans les autres régions il ne tient que le rôle d’un grand veneur fantôme (chasseur condamné à chasser jusqu’au Jugement Dernier après avoir commis un pêché).

Mais même si le roi Arthur est associé au merveilleux païen, la légende a vite été christianisée, comme la quête du Graal en témoigne.
Dans les ''Annales Cambriae'', écrites durant le deuxième moitié du X’^ème^’ siècle, lors de la mention de la bataille du Mont de Badon (516), le roi aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la sainte Croix sur ses épaules, ainsi qu’une image de la Vierge. Guillaume de Malmesbury rajoute vers 1125 qu’il a cousu cette image sur ses armoiries avant la bataille. Monmouth, vers 1155, place cette image à l’intérieur de l’écu, nommé prydwen.


La légende du roi Arthur, complexe en elle-même, ne fait que gagner en ambigüité lorsque l’on essaie de remonter à ses sources, de lui trouver une véracité historique. C’est peut-être ce qui la rend si fascinante, et nous donne envie de continuer à la connaître et à la découvrir plus de mille ans après. Roi idéal, modèle de courtoisie et de sagesse, Arthur est également un humain, avec ses faiblesses. Car son danger est avant tout en lui-même ; l’idéal pour lequel lui est ses chevaliers se battent, le royaume qu’ils veulent construire, reposent sur des valeurs qui, s’ils ne les respectent pas, causeront l’effondrement de ce pour quoi ils se battent. Ce sont sûrement ces thèmes toujours actuels qui garantissent la modernité de la légende.

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 22 Juillet 2013, 23:00 
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Les rajouts me vont, ils apportent vraiment une clarté au texte.
Par rapport à Avalon, avant le terme ile ne désignait pas forcément une ile au sens moderne, une terre isolée au milieu de l'océan, mais aussi un lieu difficile d'accès.
Dans une de mes sources, j'ai lu que la Table Ronde pourrait avoir une origine celtique. Dans certains récits, on parle de "tables rondes" ou les personnages prennent les banquets.
Pour la source sur le couronnement du roi Arthur, je ne m'en rappelle pas, et je ne l'ai pas notée précisément. Mais c'est forcément dans un des articles que j'ai donné comme source.
Pour le titre du dossier, j'aime bien "A la recherche du roi Arthur". Mais ça ne risque pas de faire un peu trop Les Aventuriers de l'arche perdue ?

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"Maintenant que nous nous sommes vus l'un et 'autre, dit la Licorne, nous pouvons croire à l'existence de chacun." Lewis Caroll.

"Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé." Ismaël Mérindol, Traité de Faërie, 1466.


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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 27 Octobre 2013, 18:38 
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J'ai fini de relire le dossier sur le Roi Arthur... J'ai repris des choses de la "suite" que Leann avait écrit, j'en ai laissé d'autres (car hors-sujet ou n'ayant pas de lien direct avec le roi Arthur), j'ai fait pas mal d'ajouts, et j'ai ré-agencé le tout pour que le fil logique des idées soit plus facile à percevoir pour le lecteur... Ça m'aura pris un certain temps !

Je ne suis pas complètement satisfait du résultat (notamment pour ce qui est des titres) mais il me semble que maintenant, le dossier est à peu près clair et exhaustif. Ne restent plus que les images, et on peut le poster !

Citer:
Le roi Arthur


‘’ « C’est dans cette même bataille que notre illustre roi Arthur fut mortellement blessé : il fut alors transporté dans l’île d’Avallon pour y soigner ses blessures. Arthur abandonna alors la couronne de Bretagne à son parent Constantin, qui était le fils de Cador, duc de Cornouailles. C’était en l’an 542 ap. J-C. Que l’âme de notre roi repose ne paix ! »’’

C’est en ces termes que Geoffroy de Monmouth, clerc d’origine galloise installé à Oxford dans les années 1130 achève, avec le 178e chapitre de son « Histoire des rois de Bretagne » (''Historia regum Britanniae'') le récit des hauts faits du roi Arthur. Nous retrouvons ici la version la plus connue de la légende : celle d’un chef ayant vécu au V’^ème^’ siècle. Monmouth a en effet fait autorité en la matière jusqu’au XVII’^ème^’ siècle : les sources de l’époque étant rares ; cet auteur a permis de relayer les quelques rares chroniques qui nous sont parvenues.

Mais la critique à l’égard de Monmouth se fait plus importante au XX’^ème^’ siècle. Car si le clerc a vraisemblablement repris des récits issus d’une tradition orale et écrite, il est bien l’auteur de l’ensemble du texte — l’un des derniers sur le roi Arthur à être encore rédigé en latin. Il a donc pu broder autour, réutiliser, réinventer à sa guise les récits qu’il a repris.


Peut-être est-il ici utile de rappeler les grandes lignes de son histoire légendaire. Les noms des personnages pouvant varier selon les légendes, les orthographes les plus courantes ont été ici reprises.

Arthur est né d’Ygerne (ou Igraine) femme du duc Gorlois et d’Uther Pendragon roi de Bretagne (il faut noter que l’adultère disparait avec la christianisation de la légende : Gorlois meurt avant qu’Uther arrive au château d’Ygerne, celui-ci se faisant d’ailleurs passer pour le mari). Confié par Merlin à un maréchal ferrant qui l’élèvera comme son fils (et même mieux), lui seul étant roi légitime de Bretagne, Arthur parvient à retirer Excalibur de l’enclume (ou du rocher) lors d’un tournoi. Après une difficile reconnaissance, il épouse Guenièvre, fille du roi Léodagan de Carmélide, et s’installe à Camelot dont il fait sa cour principale. Merlin fonde la Table Ronde, la quête du Graal commencera peu après.
Selon certaines sources, Arthur a un fils (Lohot) qui sera assassiné par Keu car il avait la fâcheuse tendance de s’endormir sur le corps d’un ennemi après l’avoir tué. Arthur finira sa vie lors de la bataille de Camlann, durant laquelle son fils Mordred le tuera, et les Saxons vaincront.


Les textes arthuriens


Un fait historique que l’on retrouve systématiquement dans la légende arthurienne permet de la situer effectivement au V’^ième^’ – VI’^ème^’ siècle de notre ère, comme le fait Monmouth : l’île de Bretagne, christianisée, est peu à peu soumise aux Angles et aux Saxons païens... Saxons très présents dans les romans, car c’est contre eux qu’Arthur livrera sa dernière bataille.

Les textes Arthuriens eux-mêmes sont assez tardifs par rapport à l’époque où Arthur est supposé avoir vécu : 829-830 ap. J-C. pour le premier, l’ « Histoire des Bretons » (''Historia britonniae''), qui a été écrit par un clerc d’origine galloise nommé Nennius. Il s’agit d’une compilation d’épisodes historiques et géographiques du Pays de Galles et de l’Angleterre. La figure d’Arthur est mentionnée brièvement et utilisée pour montrer le passé glorieux des Gallois, que l’union peut faire la force : un exemple de dirigeant efficace ayant accompli une grande victoire — celle du Mont Badon. A l’époque de la rédaction du texte, le pays était en proie à des conflits et invasions menaçants son unité. Le poète plaide pour une unité des efforts derrière Merfyn Frych, roi de Gwynedd (nord du Pays de Galles).
Un recueil de chroniques un peu plus tardives (X’^ème^’ siècle), les ‘’Annales Cambriae’’ mentionne également mais de façon très laconique le nom d’Arthur comme participant à deux batailles.


Aux environs du X’^ème^’ et du XI’^ème^’ siècles, Arthur est fréquemment cités dans des petits textes et poèmes en gallois, mais sans que ses attributs ou son histoire ne soient réellement développés.

Vers 1130 ap. J-C., Geoffroy de Monmouth est le premier auteur à s’intéresser véritablement à Arthur avec son « Histoire des rois de Bretagne » (''Historia regum Britanniae'') et « La vie de Merlin » (''Vita Merlini''). Son récit pose les premières bases du mythe : il fait mention d’un grand nombre de personnages comme Uther Pendragon et Merlin ; il décrit aussi les grandes lignes de la vie du roi Arthur, dont notamment sa naissance à Tintagel et la découverte d’Excalibur.
Le livre de Monmouth aura un succès retentissant au Moyen-Age, puisque de nombreuses copies en seront faites (dont plus de 200 sont parvenues jusqu’à nos jours) et qu’une traduction en langue « populaire » anglo-normande sera même réalisée par le trouvère normand Robert Wace en 1155 (« Le Roman de Brut »).

SI les premiers livres mentionnant le Roi Arthur le présentent de manière assez prosaïque, les suivants, en particuliers ceux écrits au bas Moyen-Age (à partir du XIII’^ème^’ siècle) cherchent très clairement à adapter Arthur au contexte de leur époque.


L’auteur Chrétien de Troyes, au sujet duquel on ne sait que très peu de choses bien qu’il ait été très prolifique, a fortement puisé son inspiration du mythe Arthurien. On lui doit ainsi des grands classiques comme « Lancelot ou le Chevalier de la charrette », « Yvain ou le Chevalier au lion », « Perceval ou le Conte du Graal » (qui introduit pour la première fois la question du Graal dans l’imaginaire arthurien) et « Tristan et Iseult » (aujourd’hui perdu), tous écrits aux environs de 1180 ap. J-C.

Quand Chrétien de Troyes écrit ses romans, il se sert de la légende d’Arthur comme support pour cautionner la chevalerie, ses codes, un idéal de justice et d’équité concrétisé par la Table Ronde, mais surtout l’idéal du comportement du chevalier parfait. C’est vers cette époque qu’aux romans premiers centrés sur le roi Arthur, s’en rajoutent d’autres qui prennent pour héros des chevaliers de la Table Ronde et que se développent les petites histoires qui viennent enrichir le mythe.
Des chevaliers comme Gauvain, Galaad, Lancelot, Tristan... se voient attribuer leur propre histoire et développent leur importance dans la légende. Wace sera le premier écrivain à développer la biographie d’un chevalier de la table ronde dans « Le Roman de Brut ».
L’amour courtois ou ‘’fin’amor’’, c’est-à-dire l’engagement nouant un chevalier à sa dame et le poussant à accomplir milles prouesses pour conquérir le cœur de celle-ci, prend également une part importante. L’amant doit faire preuve d’un amour absolu, parfait (et bien entendu, purement platonique) et céder à toutes les exigences de sa dame qui se comporte en seigneur parfois impitoyable. Ce genre littéraire, très populaire au milieu du Moyen-Age, ira fortement influencer les romans arthuriens au point de devenir par la suite – comme la chevalerie – un aspect indispensable du mythe arthurien.

L’une des romans les plus célèbres autour d’Arthur est sans doute celui de Thomas Malory : ''Le Morte Darthur''. Publié en 1485, le livre est divisé en huit histoires : la naissance d’Arthur, sa guerre contre les Romains, l’histoire de Lancelot, celle de Gareth puis celle de Tristan, la quête pour le Graal, la liaison entre Lancelot et Guenièvre, et enfin la mort d’Arthur et la chute de la Table Ronde (''The Dethe of Arthur'').
La vision de Malory sera l’une des plus propagée par la suite, avec les écrits de Chrétien de Troyes, et elle aura un fort retentissement sur la perception que la culture populaire se fait du mythe d’Arthur.


L’Arthur historique


Les recherches sur l’historicité du roi Arthur se heurtent à un problème majeur : l’absence de mention du personnage dans les chroniques anciennes. Car dans les sources des V’^ème^’ et VI’^ème^' siècles, période où le roi est sensé avoir vécu, aucune ne mentionne le personnage d’Arthur. Certains pourraient alors invoquer l’obscurantisme et la barbarie de ce début de Moyen-Âge (n’est il d’ailleurs pas appelé Dark Ages, les âges sombres, en anglais ?) pour justifier son absence. Mais si le Moyen-Âge est appelé ainsi ce n’est pour un prétendu obscurantisme, mais parce que les sources sont rares, et peu fiables. Il est donc difficile d’y retrouver une trace d’Arthur.

La toute première mention connue d’Arthur se trouve dans un très ancien poème gallois, le ‘’Y Goddodin’’ (écrit par le poète Aneirin), qui remonterait au VIème siècle. Il est dit au détour d’un vers qu’un personnage « nourrissait les corbeaux sur les remparts qu’il ne soit pas Arthur » sans plus de détail ni sans préciser s’il est bien question du roi légendaire. Cependant le manuscrit qui a permis de retrouver le poème (il était connu seulement oralement) est un peu trop récent pour constituer une source sérieuse, puisqu’il date du XII’^ème^’ siècle.

Seul le moine Gildas le Sage permet d’en apprendre un peu sur la Grande-Bretagne de l’époque à laquelle le roi Arthur est supposé avoir vécu. Cependant, dans son « De la chute et de la conquête de la Bretagne » (‘’De Excidio et Conquestu Britanniae’’) rédigé au VIème siècle, Gildas ne fait aucune mention d’Arthur — alors que le moine était pourtant théoriquement un de ses contemporain.
Cette absence ne veut pas dire qu’Arthur n’a pas existé : il est impossible d’argumenter à travers une seule source isolée, d’autant plus que le texte de Gildas n’est pas une chronique mais une prêche posée à l’écrit.

A côté de cela, la réalité de certaines grandes batailles ayant opposés les Bretons contre les Saxons (comme celles du mont Badon ou la bataille de Camlann) fait peu de doute aux yeux des historiens. En effet, outre les textes arthuriens anciens, elles sont mentionnées dans d’autres chroniques médiévales – sans que ces dernières ne soufflent pour autant un mot au sujet d’Arthur.

Dans l’« Histoire des Bretons » (''Historia britonniae''), écrit au IX’^ème^’ siècle, Nennius cite une liste de douze batailles remportées par Arthur (celle du Mont Badon en dernier) et il lui attribue deux noms : « champion chrétien » (à la huitième bataille) et ‘’« dux bellorum »’’, littéralement chef des batailles en latin.
Mais que penser de ce titre ? Un chef suprême des Bretons ou un chef de guerre indépendant à la tête de mercenaires ? Ce serait la première hypothèse qui serait la plus vraisemblable, le clerc voulant montrer l’union du peuple. Mais tout ceci ne signifie pas clairement l’historicité du personnage. Les sources de l’« Histoire des Bretons » sont orales, des récits héroïques du roi Arthur. Nennius s’inspire principalement de Gildas le Sage.

L’auteur de l’ « Histoire des rois de Bretagne », Geoffroy de Monmouth, prétend quant à lui aussi s’être inspiré de sources très anciennes en langue bretonne, mais l’existence de telles sources est très discutée et n’a jamais pu être démontrée. Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure Monmouth relate des faits historiques authentiques, et dans quelle mesure il a fait appel à son imagination pour développer certains éléments.


A partir du IX'^ème^' siècle, période où Arthur commence à être régulièrement mentionné dans les textes, la dimension semi-légendaire du personnage est déjà bien présente et elle est peu discernable de sa dimension historique. Ceci qui complique la tâche des historiens cherchant à tirer le bon grain de l’ivraie au sein des sources anciennes... A plus forte raison qu’on observe rapidement chez les auteurs postérieurs une nette volonté de donner une historicité au personnage, de l’associer à des lieux anciens et précis. Quant ce ne seront pas les lieux eux-mêmes qui seront nommés en fonction de leur supposés liens avec la légende Arthurienne...
Arthur semble en effet être dès cette époque un héros connu de tous et très populaire, ce qui explique que l’on ait cherché à lui donner une origine historique bien déterminée.

Il faut également noter une difficulté supplémentaire pour les historiens cherchant des indices sérieux de la présence passée du roi Arthur : au tournant du VII’^ème^’ siècle, des personnages appelés Arthur apparaissent dans les maisons régnantes dans l’ouest de la Grande Bretagne... Signe d’une popularité déjà certaine du héros.

Les ouvrages les plus bavards au sujet du roi Arthur étant postérieurs au XII’^ème^’ siècle, période où, on l’a vu, les auteurs prendront beaucoup de liberté avec le mythe arthurien qu’ils iront considérablement remanier pour le remettre aux goûts de leur époque... On comprendra que la recherche d’un Arthur historique soit un problème insoluble pour les spécialistes !


Cette forte popularité du héros a justifié que le personnage du roi Arthur ait été utilisé au cours du Moyen-Age à des fins politiques.
Un exemple célèbre d’une telle récupération est celui de l’abbaye de Glastonbury. En 1191, d’après le chroniqueur Giraud de Barri, l'abbé Henry de Sully avait demandé que l'on fasse des recherches qui auraient permis de découvrir, à une profondeur d'à peu près cinq mètres, un tronc de chêne massif contenant deux squelettes. Toujours d'après Giraud de Barri, une croix de plomb portant l'inscription ‘’Hic jacet sepultus inclutvs rex Arturius in insulis Avalonia cum Wenneveria uxore cum sua secunda in insula Avallonia’’ (« Ci-gît le renommé roi Arthur enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie ») fut retrouvée à proximité de la sépulture. Le deuxième squelette semblerait donc être celui de Guenièvre. Mais la dissolution de l’abbaye au XVIème siècle, et par conséquent la destruction des tombes, empêche de vérifier la véracité de l’histoire.
De plus lors de la découverte, la fréquentation de Glastonbury était en baisse après l’incendie de la nef en 1184. Les moines parvinrent à la rénover suffisamment pour parvenir à faire des offices mais ils manquent cruellement d’argent... La découverte des tombes redonnait un nouvel attrait, et non des moindres, à l’abbaye. A tel point qu’en 1278, le roi Edouard Ier et la reine Eléonore eux-mêmes assistèrent à la cérémonie grandiose durant laquelle les restes d’Arthur furent remis en terre.

Les ‘’Annales Cambriae’’ (X’^ème^’ siècle) sont la première source ancienne connue mentionnant la mort d’Arthur (ainsi que celle de Mordred, sans que la nature de leur relation soit précisée) lors de la bataille de Camlann.
Geoffroi de Monmouth reprend et développe cette idée dans ‘’Historia Regum Britanniae’’ et ‘’Vita Merlini’’ (milieu du XII’^ème^’ siècle) ; il affirme cependant qu’Arthur est grièvement blessé en combattant Mordred, son fils incestueux (bien qu’il ne le sache pas). Il est ensuite est transporté sur Avalon par Merlin où il est accueilli par sa sœur Morgane.
Le roman anonyme ''La Mort le roi Artu'', rédigé vers 1230 ap. J-C. environ rajoute un élément qui deviendra par la suite emblématique de la mort du roi : alors qu’Arthur est mourant, il demande par trois fois à Girflet de jeter Excalibur dans le lac. Une main se saisit l’épée et l’emporte. Quand Girflet revient auprès du roi, une barque l’a déjà emporté vers Avalon où réside sa demi-sœur Morgane.
Cette version de la mort d’Arthur sera reprise quasiment à l’identique par les écrivains postérieurs comme Malory, Chrétien de Troyes...

Avalon, là où Arthur est amené lorsqu’il est mourant, est parfois assimilée à l’île Fortunée (ou île des Bienheureux), un lieu mythique où sont emportés les héros à leur mort, les méritants, dont la localisation diffère selon les légendes. Selon une tradition, Avalon aurait été localisée à Glastonbury, où une colline était auparavant entourée par la mer qui inondait les basses terres... ce qui apporté d’autant plus de poids à la découverte de la sépulture d’Arthur à l’abbaye de Glastonbury.
Avalon ne saurait toutefois être un lieu bien réel : il correspond à l’archétype de l’au-delà éloigné dans lequel se rendent les guerriers valeureux après leur trépas, comme l’ile des Bienheureux de la mythologie grecque ou le Walhalla scandinave. Son nom même, « l’île des pommes » (à rapprocher du breton moderne ‘’aval’’ et du gallois ‘’afal’’) trahi sa véritable nature, la pomme étant souvent perçu comme le fruit des morts dans l’imaginaire celtique.


Mais les moines de l’abbaye de Glastonbury n’ont pas été les seuls à vouloir s’approprier Arthur. De nombreux rois historiques et bien réels ont voulu incarner la figure d’Arthur, ou se revendiquer comme son successeur.
L’‘’Histoire des rois de Bretagne’’ de Geoffroy de Monmouth a ainsi parfois été vu comme un livre politique cherchant à justifier la légitimité de la dynastie des Plantagenets (d’origine continentale) sur le trône d’Angleterre, dans la mesure où l’auteur y décrit les lignées de rois s’étant succédées en Bretagne et les fait remonter jusqu’à Henri II.
Durant la troisième croisade, Richard Cœur de Lion aurait porté Excalibur. Après avoir interdit les tournois en Angleterre (qui causaient trop de troubles), Edouard III les réinstaure sous prétexte de ressusciter Arthur et sa cour.

De la même manière, Henri VIII demanda la création d’une Table Ronde qu’il exposa à Winchester, afin de faire remonter ses origines à Arthur, et de montrer qu’il en est l’héritier.
La célèbre Table Ronde est pourtant loin d’être un élément ancien de la légende arthurienne : elle est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut (1155). Dans les versions les plus connues, elle comporte douze sièges (le treizième étant le Siège Périlleux, où seul le meilleur des chevaliers, Galaad, est destiné à s’asseoir) mais certaines versions mentionnent 1500, 3000 ou trente chevaliers ! Mais ces chiffres correspondent peut-être à ceux qui sont admis à la cour, ce qui est déjà une preuve de la noblesse et du courage de l’élu.


L’Arthur légendaire


Puisqu’il est impossible de retrouver la trace d’Arthur dans l’Histoire, on peut envisager l’hypothèse inverse : Arthur serait un personnage légendaire auquel on aurait donné des traits historiques, afin d’en garantir la crédibilité.

C’est pourquoi certains ont voulu le voir dans la figure d’Ambrosius Aurelianus (soldat issu de l’aristocratie bretonne romanisée, ayant vécu au V’^ème^’ siècle) que Gildas le Sage présente comme « un homme de bien ». Sous sa direction, les Bretons reprennent courage et infligent aux saxons une défaite cuisante lors de la bataille du Mont Badon. Mais Ambrosius (aussi appelé Emrys en gallois) apparaît sous son propre nom et est un personnage clairement différencié d’Arthur, y compris dans les écrits postérieurs qui mentionnent les deux guerriers de façon bien distincte.

Une autre origine celto-romaine a été avancée pour Arthur : il s’agirait de Lucius Artorius Castus, un militaire romain et chef de légion installé à York au IIème ap. J-C. Chargé de protéger les frontières de l’empire au delà du mur d’Hadrien contre les barbares pictes et calédoniens qui peuplaient alors l’Ecosse, il aurait remporté contre eux une série de victoires qui lui ont valu le titre de ‘’dux legionum’’.
La similitude de nom et de statut entre Lucius Artorius et le roi Arthur ne saurait être le fruit du hasard, selon les partisans de cette théorie.

L'historien britannique Geoffroy Ashe a voulu identifier Arthur dans Riothamus, le « roi des bretons », mentionné dans une source gauloise du V'^ème^' siècle et une source byzantine du V'^ème^' siècle. La proximité des régions où opéraient Arthur et Riothamus a semblé intéressante, mais le raisonnement est construit à coups d’arguments circulaires : Ashe reconstituait Riothamus à partir de Monmouth et en déduisait qu’il s’agissait Arthur.

Peut-être faut-il chercher Arthur comme un personnage historique ayant son propre nom, sa propre identité, mais que l’on aurait désigné ensuite sous le nom d’Arthur comme un titre honorifique (de la même manière que l’on dit un « César » pour désigner indistinctement les empereurs dans la Rome Antique). L’étymologie d’Arthur viendrai du celte ''arth'' signifiant « ours » (en breton moderne : ''arz'', gallois : ''arth'' à prononcer à l'anglaise). Dans le prénom latinisé, Artorius, le suffixe viendrait peut-être du celte rix signifiant roi. Donc « roi des ours », l’ours étant un animal royal, l’emblème monarchique dans la culture celtique, à l’image du lion des fables de La Fontaine.


Le roi Arthur dans le domaine du merveilleux


Il existe aussi ce que l‘on peut appeler la « mémoire d’Arthur. » En fait il s’agirait plutôt d’une explication apportée par la tradition orale populaire pour expliquer l’origine des mégalithes, des oppidii et des phénomènes naturels.
Par exemple dans l’''Histoire des Bretons'' il est fait mention au chapitre 73 de ''Carn Cabal'', un cairn dont une des pierres porterait l’empreinte de la patte de Cabal, le chien d’Arthur (la légende veut que si l’on prend une pierre du cairn, elle y reviendra dans la nuit). Un autre lieu notable est ''Licat Anir'', le tombeau d’Anir, fils d’Arthur, que celui-ci aurait tué de sa main. La légende affirme qu’il rétrécit ou s’agrandit dès que l’on cherche à le mesurer.

La tradition orale bretonne semble avoir très tôt nourri l’idée qu’Arthur n’était pas mort, mais en guérison de ses blessures à Avalon, et qu’il reviendrait un jour pour combattre les envahisseurs saxons et normands, rendant ainsi leur indépendance aux bretons.
Certaines traditions folkloriques affirment qu’Arthur a été pétrifié dans un château (éventuellement avec 8 autres grands rois réels et imaginaires : les « neufs preux »), et qu’il sortira de sa torpeur dans un futur lointain pour délivrer le monde d’un grand danger dans le futur.

Ces légendes sont toutefois de l’ordre du folklorique et elles ne sauraient justifier à elles seules l’existence du roi Arthur. En effet, d’autres histoires très similaires peuvent être trouvées à travers toutes l’Europe, qui attribuent la création de particularités topographiques à des personnages semi-légendaires (comme Charlemagne ou le chevalier Roland)... voire à des créatures complètement fictives (Gargantua ou Jean de l’Ours dans le Sud-Ouest de la France).

Le merveilleux est indissociable d’Arthur, même dans l’éventualité où il serait une figure historique. Le roi Arthur est très fortement associé au Pays de Galles où l’on peut trouver son lieu de naissance, de vie, de mort,… Il faut également noter que le drapeau du Pays de Galles représente un dragon, en rapport avec le nom de famille d’Arthur, Pendragon (à rapprocher du breton ‘’penn’’ et du gallois ‘’pen’’ : « tête ») : tête de dragon ?
Le héros est plus présent dans ce pays qu’ailleurs. Il existe cependant quelques légendes en France, notamment en Bretagne (à Huelgoat, une forêt où il se serait reposé après une bataille), dans les autres régions il ne tient que le rôle d’un grand veneur fantôme (chasseur condamné à chasser jusqu’au Jugement Dernier après avoir commis un pêché).

Mais même si le roi Arthur est associé au merveilleux païen, la légende a vite été christianisée, comme la quête du Graal en témoigne.
Dans les ''Annales Cambriae'', écrites durant le deuxième moitié du X’^ème^’ siècle, lors de la mention de la bataille du Mont de Badon le roi aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la sainte Croix sur ses épaules, ainsi qu’une image de la Vierge. Guillaume de Malmesbury rajoute vers 1125 qu’il a cousu cette image sur ses armoiries avant la bataille. Monmouth, vers 1155, place cette image à l’intérieur de l’écu, nommé prydwen.


La légende du roi Arthur, complexe en elle-même, ne fait que gagner en ambigüité lorsque l’on essaie de remonter à ses sources, de lui trouver une véracité historique. C’est peut-être ce qui la rend si fascinante, et nous donne envie de continuer à la connaître et à la découvrir plus de mille ans après. Roi idéal, modèle de courtoisie et de sagesse, Arthur est également un humain, avec ses faiblesses. Car son danger est avant tout en lui-même ; l’idéal pour lequel lui est ses chevaliers se battent, le royaume qu’ils veulent construire, reposent sur des valeurs qui, s’ils ne les respectent pas, causeront l’effondrement de ce pour quoi ils se battent. Ce sont sûrement ces thèmes toujours actuels qui garantissent la modernité de la légende.

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 28 Octobre 2013, 09:41 
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J'ai trouvé un passage curieux :

Ar Soner a écrit:
Le roman anonyme ''La Mort le roi Artu'', rédigé vers 1230 ap. J-C. environ rajoute un élément qui deviendra par la suite emblématique de la mort du roi : alors qu’Arthur est mourant, il demande par trois fois à Girflet de jeter Excalibur dans le lac. Une main se saisit l’épée et l’emporte. Quand Girflet revient auprès du roi, une barque l’a déjà emporté vers Avalon où réside sa demi-sœur Morgane.
Cette version de la mort d’Arthur sera reprise quasiment à l’identique par les écrivains postérieurs comme Malory, Chrétien de Troyes...


Si je me souviens correctement de mes cours de lettres en Terminale (année scolaire 2003-2004 => Chrétien de Troyes au Bac), Chrétien de Troyes serait mort dans les années 1180. D'ailleurs, il y a un autre passage dans l'article où il est bien mentionné que Chrétien de Troyes a écrit ses romans arthuriens à cette époque, ce qui rend assez peu plausible une survie d'un personnage probablement déjà adulte plus de cinquante ans plus tard.
Et il me semble d'ailleurs que les Chrétien de Troyes ayant survécu jusqu'à nos jours ne racontent pas la fin du roi Arthur.

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 28 Octobre 2013, 18:16 
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Non, en effet, c'est finement observé ! ;)
Une erreur de ma part, liée probablement à la grande valse des phrases lors de la refonte de l'article... On a gagné en clarté et en logique dans l'enchaînement global des idées, mais on se retrouve parfois avec des phrases qui ont sauté d'un paragraphe à un autre et qui tombent à côté de la plaque... Je corrige ça.

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 30 Octobre 2013, 16:21 
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Chrétien de Troyes a aussi écrit "Marc et Iseult",un poème perdu.


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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 30 Octobre 2013, 20:21 
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Localisation: Dans les montagnes de Brumborenlion, à la frontière de l'Ecosse et du Northumberland.
J'ai essayer d'enlever certaines répétitions, et j'ai rajouté trois détails : que Wace instaure la table Ronde, que le chapitre où Arthur apparaît chez Nennius est le chapitre 56, et que le mot "île" pouvait aussi désigner un lieu difficile d'accès.

Citer:
Le roi Arthur


‘’ « C’est dans cette même bataille que notre illustre roi Arthur fut mortellement blessé : il fut alors transporté dans l’île d’Avallon pour y soigner ses blessures. Arthur abandonna alors la couronne de Bretagne à son parent Constantin, qui était le fils de Cador, duc de Cornouailles. C’était en l’an 542 ap. J-C. Que l’âme de notre roi repose ne paix ! »’’

C’est en ces termes que Geoffroy de Monmouth, clerc d’origine galloise installé à Oxford dans les années 1130 achève, avec le 178e chapitre de son « Histoire des rois de Bretagne » (''Historia regum Britanniae'') le récit des hauts faits du roi Arthur. Nous retrouvons ici la version la plus connue de la légende : celle d’un chef ayant vécu au Vème siècle. Monmouth a en effet fait autorité en la matière jusqu’au XVIIème : les sources de l’époque étant rares ; cet auteur a permis de relayer le peu de chroniques qui nous sont parvenues.

Mais la critique à l’égard de Monmouth se fait plus importante au XXème siècle. Car si le clerc a vraisemblablement repris des récits issus d’une tradition orale et écrite, il est bien l’auteur de l’ensemble du texte — l’un des derniers sur le roi Arthur à être encore rédigé en latin. Il a donc pu broder autour, réutiliser, réinventer à sa guise les récits qu’il a repris.


Peut-être est-il ici utile de rappeler les grandes lignes de l'histoire légendaire d'Arthur. Les noms des personnages pouvant varier selon les légendes, les orthographes les plus courantes ont été ici reprises.

Arthur est né d’Ygerne (ou Igraine) femme du duc Gorlois et d’Uther Pendragon roi de Bretagne (il faut noter que l’adultère disparait avec la christianisation de la légende : Gorlois meurt avant qu’Uther n'arrive au château d’Ygerne, celui-ci se faisant d’ailleurs passer pour le mari). Confié par Merlin à un maréchal ferrant qui l’élèvera comme son fils (et même mieux), lui seul étant roi légitime de Bretagne, Arthur parvient à retirer Excalibur de l’enclume (ou du rocher) lors d’un tournoi. Après une difficile reconnaissance, il épouse Guenièvre, fille du roi Léodagan de Carmélide, et s’installe à Camelot dont il fait sa cour principale. Merlin fonde la Table Ronde, la quête du Graal commencera peu après.
Selon certaines sources, Arthur a un fils (Lohot) qui sera assassiné par Keu car il avait la fâcheuse tendance de s’endormir sur le corps d’un ennemi après l’avoir tué. Arthur finira sa vie lors de la bataille de Camlann, durant laquelle son fils Mordred le tuera, et les Saxons vaincront.


Les textes arthuriens


Un fait historique que l’on retrouve systématiquement dans la légende arthurienne permet de la situer effectivement au Vème – VIème siècle de notre ère, comme le fait Monmouth : l’île de Bretagne, christianisée, est peu à peu soumise aux Angles et aux Saxons païens... Saxons très présents dans les romans, car c’est contre eux qu’Arthur livrera sa dernière bataille.

Les textes Arthuriens eux-mêmes sont assez tardifs par rapport à l’époque où Arthur est supposé avoir vécu : 829-830 ap. J-C. pour le premier, l’ « Histoire des Bretons » (''Historia britonniae''), qui a été écrit par un clerc d’origine galloise nommé Nennius. Il s’agit d’une compilation d’épisodes historiques et géographiques du Pays de Galles et de l’Angleterre. La figure d’Arthur est mentionnée brièvement et utilisée pour montrer le passé glorieux des Gallois, que l’union peut faire la force : un exemple de dirigeant efficace ayant accompli une grande victoire — celle du Mont Badon. A l’époque de la rédaction du texte, le pays était en proie à des conflits et invasions menaçants son unité. Le poète plaide pour une unité des efforts derrière Merfyn Frych, roi de Gwynedd (nord du Pays de Galles).
Un recueil de chroniques un peu plus tardives (Xème siècle), les ‘’Annales Cambriae’’ mentionne également, mais de façon très laconique, le nom d’Arthur comme participant à deux batailles.


Aux environs du Xème et du XIème siècles, Arthur est fréquemment cité dans des petits textes et poèmes en gallois, mais sans que ses attributs ou son histoire ne soient réellement développés.

Vers 1130 ap. J-C., Geoffroy de Monmouth est le premier auteur à s’intéresser véritablement à Arthur avec son « Histoire des rois de Bretagne » (''Historia regum Britanniae'') et « La vie de Merlin » (''Vita Merlini''). Son récit pose les premières bases du mythe : il fait mention d’un grand nombre de personnages comme Uther Pendragon et Merlin ; il décrit aussi les grandes lignes de la vie du roi Arthur, dont notamment sa naissance à Tintagel et la découverte d’Excalibur.
Le livre de Monmouth aura un succès retentissant au Moyen-Age, puisque de nombreuses copies en seront faites (dont plus de 200 sont parvenues jusqu’à nos jours) et qu’une traduction en langue « populaire » anglo-normande sera même réalisée par le trouvère normand Robert Wace en 1155 (« Le Roman de Brut »), qui y rajoutera la Table Ronde.

SI les premiers livres mentionnant le Roi Arthur le présentent de manière assez prosaïque, les suivants, en particuliers ceux écrits au bas Moyen-Age (à partir du XIIIème siècle) cherchent très clairement à adapter Arthur au contexte de leur époque.


L’auteur Chrétien de Troyes, au sujet duquel on ne sait que très peu de choses bien qu’il ait été très prolifique, a fortement puisé son inspiration dans la Matière de Bretagne (constituée par les premiers textes comme ceux de Nennius). On lui doit ainsi des grands classiques comme « Lancelot ou le Chevalier de la charrette », « Yvain ou le Chevalier au lion », « Perceval ou le Conte du Graal » (qui introduit pour la première fois la question du Graal dans l’imaginaire arthurien) et « Tristan et Iseult » (aujourd’hui perdu), tous écrits aux environs de 1180 ap. J-C.

Quand Chrétien de Troyes écrit ses romans, il se sert de la légende d’Arthur comme support pour cautionner la chevalerie, ses codes, un idéal de justice et d’équité concrétisé par la Table Ronde, mais surtout l’idéal du comportement du chevalier parfait. C’est vers cette époque qu’aux premiers romans centrés sur le roi Arthur, s’en rajoutent d’autres qui prennent pour héros des chevaliers de la Table Ronde et que se développent les petites histoires qui viennent enrichir le mythe.
Des chevaliers comme Gauvain, Galaad, Lancelot, Tristan... se voient attribuer leur propre histoire et développent leur importance dans la légende. Wace sera le premier écrivain à développer la biographie d’un chevalier de la table ronde dans « Le Roman de Brut ».
L’amour courtois ou ‘’fin’amor’’, c’est-à-dire l’engagement nouant un chevalier à sa dame et le poussant à accomplir milles prouesses pour conquérir le cœur de celle-ci, prend également une part importante. L’amant doit faire preuve d’un amour absolu, parfait (et bien entendu, purement platonique) et céder à toutes les exigences de sa dame qui se comporte en seigneur parfois impitoyable. Ce genre littéraire, très populaire au milieu du Moyen-Age, ira fortement influencer les romans arthuriens au point de devenir par la suite – comme la chevalerie – un aspect indispensable du mythe arthurien.

L’une des romans les plus célèbres autour d’Arthur est sans doute celui de Thomas Malory : ''Le Morte Darthur''. Publié en 1485, le livre est divisé en huit histoires : la naissance d’Arthur, sa guerre contre les Romains, l’histoire de Lancelot, celle de Gareth puis celle de Tristan, la quête pour le Graal, la liaison entre Lancelot et Guenièvre, et enfin la mort d’Arthur et la chute de la Table Ronde (''The Dethe of Arthur'').
La vision de Malory sera l’une des plus propagée par la suite, avec les écrits de Chrétien de Troyes, et elle aura un fort retentissement sur la perception que la culture populaire se fait du mythe d’Arthur.


L’Arthur historique


Les recherches sur l’historicité du roi Arthur se heurtent à un problème majeur : l’absence de mention du personnage dans les chroniques anciennes. Car dans les sources des Vème et VIème siècles, période où le roi est censé avoir vécu, aucune ne mentionne le personnage d’Arthur. Certains pourraient alors invoquer l’obscurantisme et la barbarie de ce début de Moyen-Âge (n’est il d’ailleurs pas appelé Dark Ages, les âges sombres, en anglais ?) pour justifier son absence. Mais si le Moyen-Âge est appelé ainsi, ce n’est pour un prétendu obscurantisme, mais parce que les sources sont rares, et peu fiables. Il est donc difficile d’y retrouver une trace d’Arthur.

La toute première mention connue d’Arthur se trouve dans un très ancien poème gallois, le ‘’Y Goddodin’’ (écrit par le poète Aneirin), qui remonterait au VIème siècle. Il est dit au détour d’un vers qu’un personnage « nourrissait les corbeaux sur les remparts bien qu’il ne soit pas Arthur » sans plus de détail ni sans préciser s’il est bien question du roi légendaire. Cependant le manuscrit qui a permis de retrouver le poème (il était connu seulement oralement) est un peu trop récent pour constituer une source sérieuse, puisqu’il date du XIIème siècle.

Seul le moine Gildas le Sage permet d’en apprendre un peu sur la Grande-Bretagne de l’époque à laquelle le roi Arthur est supposé avoir vécu. Cependant, dans son « De la chute et de la conquête de la Bretagne » (‘’De Excidio et Conquestu Britanniae’’) rédigé au VIème siècle, Gildas ne fait aucune mention d’Arthur — alors que le moine était pourtant théoriquement un de ses contemporain.
Cette absence ne veut pas dire qu’Arthur n’a pas existé : il est impossible d’argumenter à travers une seule source isolée, d’autant plus que le texte de Gildas n’est pas une chronique mais une prêche posée à l’écrit.

A côté de cela, la réalité de certaines grandes batailles ayant opposés les Bretons contre les Saxons (comme celles du mont Badon ou la bataille de Camlann) fait peu de doute aux yeux des historiens. En effet, outre les textes arthuriens anciens, elles sont mentionnées dans d’autres chroniques médiévales – sans que ces dernières ne soufflent pour autant un mot au sujet d’Arthur.

Dans l’« Histoire des Bretons » (''Historia britonniae''), écrit au IXème siècle, Nennius cite une liste de douze batailles remportées par Arthur (celle du Mont Badon en dernier, dans le chapitre 56) et il lui attribue deux noms : « champion chrétien » (à la huitième bataille) et ‘« dux bellorum », littéralement chef des batailles en latin.
Mais que penser de ce titre ? Un chef suprême des Bretons ou un chef de guerre indépendant à la tête de mercenaires ? Ce serait la première hypothèse qui serait la plus vraisemblable, le clerc voulant montrer l’union du peuple. Mais tout ceci ne signifie pas clairement l’historicité du personnage. Les sources de l’« Histoire des Bretons » sont orales, des récits héroïques du roi Arthur. Nennius s’inspire principalement de Gildas le Sage.

L’auteur de l’ « Histoire des rois de Bretagne », Geoffroy de Monmouth, prétend quant à lui aussi s’être inspiré de sources très anciennes en langue bretonne, mais l’existence de telles sources est très discutée et n’a jamais pu être démontrée. Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure Monmouth relate des faits historiques authentiques, et dans quelle mesure il a fait appel à son imagination pour développer certains éléments.


A partir du IXème siècle, période où Arthur commence à être régulièrement mentionné dans les textes, la dimension semi-légendaire du personnage est déjà bien présente et elle est peu discernable de sa dimension historique. Ceci qui complique la tâche des historiens cherchant à tirer le bon grain de l’ivraie au sein des sources anciennes... A plus forte raison qu’on observe rapidement chez les auteurs postérieurs une nette volonté de donner une historicité au personnage, de l’associer à des lieux anciens et précis. Quant ce ne seront pas les lieux eux-mêmes qui seront nommés en fonction de leur supposés liens avec la légende Arthurienne...
Arthur semble en effet être dès cette époque un héros connu de tous et très populaire, ce qui explique que l’on ait cherché à lui donner une origine historique bien déterminée.

Il faut également noter une difficulté supplémentaire pour les historiens cherchant des indices sérieux de la présence passée du roi Arthur : au tournant du VIIème siècle, des personnages appelés Arthur apparaissent dans les maisons régnantes dans l’ouest de la Grande Bretagne... Signe d’une popularité déjà certaine du héros.

Les ouvrages les plus bavards au sujet du roi Arthur étant postérieurs au XIIème siècle, période où, on l’a vu, les auteurs prendront beaucoup de liberté avec le mythe arthurien qu’ils iront considérablement remanier pour le remettre aux goûts de leur époque... On comprendra que la recherche d’un Arthur historique soit un problème insoluble pour les spécialistes !


Cette forte popularité du héros a justifié que le personnage du roi Arthur ait été utilisé au cours du Moyen-Age à des fins politiques.
Un exemple célèbre d’une telle récupération est celui de l’abbaye de Glastonbury. En 1191, d’après le chroniqueur Giraud de Barri, l'abbé Henry de Sully avait demandé que l'on fasse des recherches qui auraient permis de découvrir, à une profondeur d'à peu près cinq mètres, un tronc de chêne massif contenant deux squelettes. Toujours d'après Giraud de Barri, une croix de plomb portant l'inscription ‘’Hic jacet sepultus inclutvs rex Arturius in insulis Avalonia cum Wenneveria uxore cum sua secunda in insula Avallonia’’ (« Ci-gît le renommé roi Arthur enseveli avec Wenneveria, sa seconde femme, dans l’île d’Avallonie ») fut retrouvée à proximité de la sépulture. Le deuxième squelette semblerait donc être celui de Guenièvre. Mais la dissolution de l’abbaye au XVIème siècle, et par conséquent la destruction des tombes, empêche de vérifier la véracité de l’histoire.
De plus lors de la découverte, la fréquentation de Glastonbury était en baisse après l’incendie de la nef en 1184. Les moines parvinrent à la rénover suffisamment pour parvenir à faire des offices mais ils manquent cruellement d’argent... La découverte des tombes redonnait un nouvel attrait, et non des moindres, à l’abbaye. A tel point qu’en 1278, le roi Edouard Ier et la reine Eléonore eux-mêmes assistèrent à la cérémonie grandiose durant laquelle les restes d’Arthur furent remis en terre.

Les ‘’Annales Cambriae’’ (Xème^siècle) sont la première source ancienne connue mentionnant la mort d’Arthur (ainsi que celle de Mordred, sans que la nature de leur relation soit précisée) lors de la bataille de Camlann.
Geoffroi de Monmouth reprend et développe cette idée dans ‘’Historia Regum Britanniae’’ et ‘’Vita Merlini’’ (milieu du XIIème siècle) ; il affirme cependant qu’Arthur est grièvement blessé en combattant Mordred, son fils incestueux (bien qu’il ne le sache pas). Il est ensuite est transporté sur Avalon par Merlin où il est accueilli par sa sœur Morgane.
Le roman anonyme ''La Mort le roi Artu'', rédigé vers 1230 ap. J-C. environ rajoute un élément qui deviendra par la suite emblématique de la mort du roi : alors qu’Arthur est mourant, il demande par trois fois à Girflet de jeter Excalibur dans le lac. Une main se saisit l’épée et l’emporte. Quand Girflet revient auprès du roi, une barque l’a déjà emporté vers Avalon où réside sa demi-sœur Morgane.
Cette version de la mort d’Arthur sera reprise quasiment à l’identique par les écrivains postérieurs comme Malory.

Avalon, là où Arthur est amené lorsqu’il est mourant, est parfois assimilée à l’île Fortunée (ou île des Bienheureux), un lieu mythique où sont emportés les héros à leur mort, les méritants, dont la localisation diffère selon les légendes. Selon une tradition, Avalon aurait été localisée à Glastonbury, où une colline était auparavant entourée par la mer qui inondait les basses terres... ce qui apporté d’autant plus de poids à la découverte de la sépulture d’Arthur à l’abbaye de Glastonbury. Il faut noter que le nom "d'île", au Moyen Âge, était aussi utilisé pour désigner des lieux difficiles d'accès.
Avalon ne saurait toutefois être un lieu bien réel : il correspond à l’archétype de l’au-delà éloigné dans lequel se rendent les guerriers valeureux après leur trépas, comme l’ile des Bienheureux de la mythologie grecque ou le Walhalla scandinave. Son nom même, « l’île des pommes » (à rapprocher du breton moderne ‘’aval’’ et du gallois ‘’afal’’) trahi sa véritable nature, la pomme étant souvent perçu comme le fruit des morts dans l’imaginaire celtique.


Mais les moines de l’abbaye de Glastonbury n’ont pas été les seuls à vouloir s’approprier Arthur. De nombreux rois historiques et bien réels ont voulu incarner la figure d’Arthur, ou se revendiquer comme son successeur.
L’‘’Histoire des rois de Bretagne’’ de Geoffroy de Monmouth a ainsi parfois été vu comme un livre politique cherchant à justifier la légitimité de la dynastie des Plantagenets (d’origine continentale) sur le trône d’Angleterre, dans la mesure où l’auteur y décrit les lignées de rois s’étant succédées en Bretagne et les fait remonter jusqu’à Henri II.
Durant la troisième croisade, Richard Cœur de Lion aurait porté Excalibur. Après avoir interdit les tournois en Angleterre (qui causaient trop de troubles), Edouard III les réinstaure sous prétexte de ressusciter Arthur et sa cour.

De la même manière, Henri VIII demanda la création d’une Table Ronde qu’il exposa à Winchester, afin de faire remonter ses origines à Arthur, et de montrer qu’il en est l’héritier.
La célèbre Table Ronde est pourtant loin d’être un élément ancien de la légende arthurienne : elle est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut (1155). Dans les versions les plus connues, elle comporte douze sièges (le treizième étant le Siège Périlleux, où seul le meilleur des chevaliers, Galaad, est destiné à s’asseoir) mais certaines versions mentionnent 1500, 3000 ou trente chevaliers ! Mais ces chiffres correspondent peut-être à ceux qui sont admis à la cour, ce qui est déjà une preuve de la noblesse et du courage de l’élu.


L’Arthur légendaire


Puisqu’il est impossible de retrouver la trace d’Arthur dans l’Histoire, on peut envisager l’hypothèse inverse : Arthur serait un personnage légendaire auquel on aurait donné des traits historiques, afin d’en garantir la crédibilité.

C’est pourquoi certains ont voulu le voir dans la figure d’Ambrosius Aurelianus (soldat issu de l’aristocratie bretonne romanisée, ayant vécu au V’^ème^’ siècle) que Gildas le Sage présente comme « un homme de bien ». Sous sa direction, les Bretons reprennent courage et infligent aux saxons une défaite cuisante lors de la bataille du Mont Badon. Mais Ambrosius (aussi appelé Emrys en gallois) apparaît sous son propre nom et est un personnage clairement différencié d’Arthur, y compris dans les écrits postérieurs qui mentionnent les deux guerriers de façon bien distincte.

Une autre origine celto-romaine a été avancée pour Arthur : il s’agirait de Lucius Artorius Castus, un militaire romain et chef de légion installé à York au IIème ap. J-C. Chargé de protéger les frontières de l’empire au delà du mur d’Hadrien contre les barbares pictes et calédoniens qui peuplaient alors l’Ecosse, il aurait remporté contre eux une série de victoires qui lui ont valu le titre de ‘’dux legionum’’.
La similitude de nom et de statut entre Lucius Artorius et le roi Arthur ne saurait être le fruit du hasard, selon les partisans de cette théorie.

L'historien britannique Geoffroy Ashe a voulu identifier Arthur dans Riothamus, le « roi des bretons », mentionné dans une source gauloise du V'^ème^' siècle et une source byzantine du V'^ème^' siècle. La proximité des régions où opéraient Arthur et Riothamus a semblé intéressante, mais le raisonnement est construit à coups d’arguments circulaires : Ashe reconstituait Riothamus à partir de Monmouth et en déduisait qu’il s’agissait Arthur.

Peut-être faut-il chercher Arthur comme un personnage historique ayant son propre nom, sa propre identité, mais que l’on aurait désigné ensuite sous le nom d’Arthur comme un titre honorifique (de la même manière que l’on dit un « César » pour désigner indistinctement les empereurs dans la Rome Antique). L’étymologie d’Arthur viendrai du celte ''arth'' signifiant « ours » (en breton moderne : ''arz'', gallois : ''arth'' à prononcer à l'anglaise). Dans le prénom latinisé, Artorius, le suffixe viendrait peut-être du celte rix signifiant roi. Donc « roi des ours », l’ours étant un animal royal, l’emblème monarchique dans la culture celtique, à l’image du lion des fables de La Fontaine.


Le roi Arthur dans le domaine du merveilleux


Il existe aussi ce que l‘on peut appeler la « mémoire d’Arthur. » En fait il s’agirait plutôt d’une explication apportée par la tradition orale populaire pour expliquer l’origine des mégalithes, des oppidii et des phénomènes naturels.
Par exemple dans l’''Histoire des Bretons'' il est fait mention au chapitre 73 de ''Carn Cabal'', un cairn dont une des pierres porterait l’empreinte de la patte de Cabal, le chien d’Arthur (la légende veut que si l’on prend une pierre du cairn, elle y reviendra dans la nuit). Un autre lieu notable est ''Licat Anir'', le tombeau d’Anir, fils d’Arthur, que celui-ci aurait tué de sa main. La légende affirme qu’il rétrécit ou s’agrandit dès que l’on cherche à le mesurer.

La tradition orale bretonne semble avoir très tôt nourri l’idée qu’Arthur n’était pas mort, mais en guérison de ses blessures à Avalon, et qu’il reviendrait un jour pour combattre les envahisseurs saxons et normands, rendant ainsi leur indépendance aux bretons.
Certaines traditions folkloriques affirment qu’Arthur a été pétrifié dans un château (éventuellement avec 8 autres grands rois réels et imaginaires : les « neufs preux »), et qu’il sortira de sa torpeur dans un futur lointain pour délivrer le monde d’un grand danger dans le futur.

Ces légendes sont toutefois de l’ordre du folklorique et elles ne sauraient justifier à elles seules l’existence du roi Arthur. En effet, d’autres histoires très similaires peuvent être trouvées à travers toutes l’Europe, qui attribuent la création de particularités topographiques à des personnages semi-légendaires (comme Charlemagne ou le chevalier Roland)... voire à des créatures complètement fictives (Gargantua ou Jean de l’Ours dans le Sud-Ouest de la France).

Le merveilleux est indissociable d’Arthur, même dans l’éventualité où il serait une figure historique. Le roi Arthur est très fortement associé au Pays de Galles où l’on peut trouver son lieu de naissance, de vie, de mort,… Il faut également noter que le drapeau du Pays de Galles représente un dragon, en rapport avec le nom de famille d’Arthur, Pendragon (à rapprocher du breton ‘’penn’’ et du gallois ‘’pen’’ : « tête ») : tête de dragon ?
Le héros est plus présent dans ce pays qu’ailleurs. Il existe cependant quelques légendes en France, notamment en Bretagne (à Huelgoat, une forêt où il se serait reposé après une bataille), dans les autres régions il ne tient que le rôle d’un grand veneur fantôme (chasseur condamné à chasser jusqu’au Jugement Dernier après avoir commis un pêché).

Mais même si le roi Arthur est associé au merveilleux païen, la légende a vite été christianisée, comme la quête du Graal en témoigne.
Dans les ''Annales Cambriae'', écrites durant le deuxième moitié du X’^ème^’ siècle, lors de la mention de la bataille du Mont de Badon le roi aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la sainte Croix sur ses épaules, ainsi qu’une image de la Vierge. Guillaume de Malmesbury rajoute vers 1125 qu’il a cousu cette image sur ses armoiries avant la bataille. Monmouth, vers 1155, place cette image à l’intérieur de l’écu, nommé prydwen.


La légende du roi Arthur, complexe en elle-même, ne fait que gagner en ambigüité lorsque l’on essaie de remonter à ses sources, de lui trouver une véracité historique. C’est peut-être ce qui la rend si fascinante, et nous donne envie de continuer à la connaître et à la découvrir plus de mille ans après. Roi idéal, modèle de courtoisie et de sagesse, Arthur est également un humain, avec ses faiblesses. Car son danger est avant tout en lui-même ; l’idéal pour lequel lui est ses chevaliers se battent, le royaume qu’ils veulent construire, reposent sur des valeurs qui, s’ils ne les respectent pas, causeront l’effondrement de ce pour quoi ils se battent. Ce sont sûrement ces thèmes toujours actuels qui garantissent la modernité de la légende.


Regulator, je ne connais pas ce poème perdu.
Bientôt va paraître un texte de Tolkien, la Chute d'Arthur. Peut-être que l'on pourrait faire une liste des adaptations à voir ou lire ?

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 30 Octobre 2013, 21:32 
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Regulator a écrit:
Chrétien de Troyes a aussi écrit "Marc et Iseult",un poème perdu.

Le fameux poème perdu est celui dont je parle dans la partie consacrée à Chrétien de Troyes, il possède différents noms : "Tristan et Iseult", "Le roi Marc et Iseult la blonde"...

Leann a écrit:
J'ai essayer d'enlever certaines répétitions, et j'ai rajouté trois détails : que Wace instaure la table Ronde...

J'en parlais déjà un peu loin, dans le petit paragraphe consacré à la table ronde :
Citer:
La célèbre Table Ronde est pourtant loin d’être un élément ancien de la légende arthurienne : elle est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut (1155).

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 01 Novembre 2013, 17:26 
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Dois-je considérer que c'est bon, le dossier est publiable ? ;)

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 Sujet du message: Re: Le roi Arthur
MessagePublié: 03 Novembre 2013, 23:31 
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Localisation: Dans les montagnes de Brumborenlion, à la frontière de l'Ecosse et du Northumberland.
Pour moi oui !

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