Nous sommes actuellement le 29 Mars 2023, 08:07

Le fuseau horaire est réglé sur UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 331 messages ]  Atteindre la page Précédent  1, 2, 3, 4, 5 ... 34  Suivant
Auteur Message
MessagePublié: 09 Août 2019, 09:04 
Sonne toujours deux fois
Sonne toujours deux fois
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 05 Août 2008, 17:27
Messages: 7126
Localisation: Massif central. Par là.
Chimère a écrit:
Alors que la stérilisation des chats est tout de même une solution simple pour éviter la surpopulation féline qui est une réalité, et qui nuit aux chats eux-mêmes...

Et la faune, surtout.

Même si je suis plus une « personne à chien », j'aime bien les chats : j'ai grandi dans des maisons où il y avait toujours entre 1 ou 3 matous, et l'une des toutes premiers photos de moi étant petit me montre assis à côté d'un chat. Mais j'avoue que mon point de vue a un peu évolué depuis que je me suis installé à la campagne dans une zone où les chats semi-errants (ils n'appartiennent à personne mais sont quand même nourris et abrités par les gens) abondent.
Les chats sont des. Putains. De. Saloperie. De. Machines à tuer. Ils n'épargnent à peu près rien : oiseau, reptile, batracien, insecte, petits mammifères... si ça bouge et que c'est plus petit que lui, le chat va forcément vouloir l'attraper et la tuer. Je ne peux quasiment pas passer sur mon terrain chaque jour sans trouver une ou deux nouvelles bestioles mortes.
Au delà de cet aspect de destruction directe de la faune (qui n'en a vraiment pas besoin par les temps qui courent), les chats occupent une niche écologique qui devrait normalement être laissée à d'autres prédateurs (petits rapaces, mustélidés, serpents...).

Si vous avez des chats et que vous vivez à la campagne, par pitié : stérilisez-les, limitez leurs sorties extérieures, et mettez autant de dispositifs que possible (colliers à clochettes, collerettes autour des troncs des gros arbres...) pour réduire leur impact.

DragoMath a écrit:
Cela dit, je me demande effectivement comment les employés d'abattoirs peuvent avoir l'idée (attention aux âmes sensibles)
Spoiler :
d'écarteler un agneau...

Je vois tout à fait la vidéo de L214 à laquelle tu fais allusion, et il s'agissait d'un acte de négligence (l'agneau avait eu les deux pattes arrières attachées à des crochets, là il n'aurait dû y en avoir qu'une), pas d'une démonstration de sadisme de la part des employés d'abattoir.

Quant au fait d'aller travailler dans un abattoir, plus qu'un « profil psychologique particulier », je pense plutôt... qu'il ne faut pas avoir d'autre choix. Au delà de la violence sur les animaux, il s'agit de postes extrêmement usants pour le corps et pour l'esprit : les cadences sont très élevées et les employés finissent par cumuler les TMS au bout de quelques mois (le tout pour un salaire pas bien élevé, ce n'est d'ailleurs pas si un hasard si la majorité des abattoirs galèrent pour recruter du personnel). Les conditions sont réunies pour que ce genre de négligences se produisent.

Dans un certaine mesure (sans aller jusqu'à l'agneau écartelé vivant), c'est exactement le même problème dans le monde agricole. Pour y travaillé et avoir été souvent confronté à de la maltraitance animale, je peux certifier que celle-ci provient essentiellement du stress lié à un rythme de travail soutenu*.
Quant on doit castrer 100 porcelets dans la journée, ou traire 70 vaches en 2 heures, ou donner la tétée à une dizaine de veaux tout en assurant la traite à côté.... on ne peut pas se permettre de faire dans le détail. Et sans le réaliser, on peut facilement traverser la fine frontière qui sépare l'interaction homme/animale « normale » et la maltraitance (sachant que la violence est malheureusement une des rares formes de communication que les animaux comprennent : si une vache de 600 kg refuse d'avancer, vous aurez du mal à la faire changer d'avis sans avoir recours au bâton).
C'est une ligne que j'avoue avoir franchi en certaines occasions lorsque je bossais dans des fermes (et pourtant, les gens qui me connaissent savent que j'ai vraiment horreur de faire du mal à une bestiole !), et vous l'auriez probablement franchi vous aussi dans de ces circonstances.

Le seul moyen de ne pas se retrouver soi-même coupable directement de maltraitance, c'est de ne pas se mettre soi-même dans ces situations... mais les agriculteurs ont rarement ce choix. Sinon, j'en suis convaincu : le système est fait de telle façon que la maltraitance arrive immanquablement à un moment ou à un autre. Il suffit d'avoir un jour "sans", où on est fatigué, stressé...
Et pour ne pas se retrouver "complice" de la maltraitance, il n'y a pas des masses de solutions : il faut changer le système, par exemple en arrêtant de consommer de la viande, ou en payant beaucoup plus cher de la viande d'animaux tués par des abattoirs mobiles qui se déplacent sur la ferme et réduisent le stress et la douleur de l'abattage (mais forcément, les cadences sont beaucoup plus faibles que celles d'un abattoir industriel).

* Il y a des agriculteurs qui arrêtent de s'occuper de leurs troupeaux et qui les laissent livrés à eux-mêmes (mais il s'agit d'une sorte de « suicide symbolique » et ça marque en général un exploitant en souffrance), et d'autres qui sont d'authentiques sadiques qui se passent les nerfs sur leurs bêtes, mais ce sont des cas assez rares.

_________________
Close the world, open the next


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 09 Août 2019, 09:28 
Lueur dans la nuit
Lueur dans la nuit
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 13 Août 2008, 12:14
Messages: 5267
Citer:
Si vous avez des chats et que vous vivez à la campagne, par pitié : stérilisez-les, limitez leurs sorties extérieures, et mettez autant de dispositifs que possible (colliers à clochettes, collerettes autour des troncs des gros arbres...) pour réduire leur impact.


C'est un fait qu'ils ont un impact... mais je le relativiserais dans le sens où déjà le gros de l'impact négatif sur la "petite faune" est tout même dû aux pesticides/insecticides/raticides et autres poisons divers et variés que l'homme répand généreusement dans la nature (une chauve-souris, par exemple, devrait vivre 15-20 ans... à cause des insecticides, elles vivent 5 ans à tout casser... et c'est pareil pour les oiseaux et les autres animaux insectivores), par la coupe des haies, la bétonisation des sols et les constructions humaines... Et la modification climatique dont l'activité humaine est probablement la cause principale...
Et si des chats se retrouvent errants et en trop grand nombre, ben c'est la faute à qui ? Je vous le donne en mille... :roll:
Franchement, j'ai du mal à voir traiter un animal de "saloperie" (aucun animal ne l'est, à mon sens... ils font ce pour quoi la Nature les a fait, sans calcul), alors que la seul et unique "saloperie" sur cette terre bah... c'est toujours la même. L'être humain, point barre...
Quand à la niche écologique des renards/blaireaux/mustélidés... qui est-ce qui chasse les "nuisibles" (ah pardon "animaux susceptibles de causer des dégâts", ça change tout...), qui piègent les renards, déterrent les blaireaux etc ? C'est pas le chat, à ce que je sache... :roll:
C'est un peu facile d'accuser le chat de maux dont nous sommes la principale cause. Et la seule et unique, bien souvent... ça serait pas mal de se regarder en face, au lieu de trouver des boucs émissaires.
Si la faune n'avait que le chat comme "problème", m'est avis qu'elle se porterait beaucoup mieux... :roll:

Mais il est évident que quand on est un propriétaire responsable de chat, on le stérilise (déjà parce que sans ça, c'est vite pénible entre les chaleurs des femelles, les portées et le marquage des mâles...), on le nourrit, on le surveille etc... Mais encore une fois, les chats ne sont pas responsables de la bêtise humaine... :roll:


D'autre part, si vous avez des "colonies" de chats errants, ou des chats laissés à l'abandon, vous pouvez en premier lieu prendre contact avec le propriétaire des lieux (s'il existe) sinon voir avec la mairie (qui est normalement responsable) et les associations du coins / écoles du chat libre pour trapper, stériliser et éventuellement faire adopter tout ce petit monde... Les chats errants ne vivent pas, encore une fois, une vie bien jouasse, à la merci des maladies contagieuses (coriza, typhus, leucose...), des tares héréditaires dues à la consanguinité, des blessures dues aux bagarres, de la faim etc...

_________________
Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 09 Août 2019, 11:58 
Sonne toujours deux fois
Sonne toujours deux fois
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 05 Août 2008, 17:27
Messages: 7126
Localisation: Massif central. Par là.
Chimère a écrit:
mais je le relativiserais dans le sens où déjà le gros de l'impact négatif sur la "petite faune" est tout même dû aux pesticides/insecticides/raticides et autres poisons divers et variés que l'homme répand généreusement dans la nature [...], les constructions humaines... [...] la modification climatique dont l'activité humaine [...]
C'est un peu facile d'accuser le chat de maux dont nous sommes la principale cause.


Oh, je n'ai pas dit que le chat était l'unique facteur portant atteinte la biodiversité. Il est bien évident que l'agriculture, l'anthropisation des milieux... jouent un rôle plus important encore. Mais se cacher derrière ces dernières pour occulter le problème posé par les chats domestiques (qui est réel, on commence à avoir des chiffres sur le sujet) me semble être un sophisme du type du « je ne vois pas pourquoi je devrais me compliquer la vie à trier mes déchets, l'industrie pollue bien plus que moi ».

Je ne vous vise pas spécialement toi, No Body, ou n'importe quel amateur de chat du forum.
Mais je pense que c'est un truc dont il faut avoir bien conscience lorsqu'on a un félin qui vadrouille en extérieur. Et il ne me semble pas très juste de conseiller aux gens de baisser leur consommation de viande, de manger bio/local, de réduire leur utilisation de la voiture, etc... sans à côté de cela demander aux propriétaires de félin de prendre leur responsabilité pour réduire l'impact de leur animal domestique sur l'environnement.

_________________
Close the world, open the next


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 09 Août 2019, 16:26 
Ni gros, ni moustachu
Ni gros, ni moustachu
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 24 Avril 2014, 08:31
Messages: 3304
Localisation: Juste derrière vous. Ne vous retournez pas.
Le débat comme les articles postés par Chimère sont très intéressants, notamment la partie sur les chats poussés à "devenir des chiens", ainsi que les interventions de Michel Pastoureau (que je connaissais déjà, car j'avais écouté toutes ses conférences sur les animaux, mais le monsieur reste toujours aussi passionnant).

_________________
« C'est une paralysie du sommeil. Ou bien un orbe. » (vieille sagesse zététique).


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 11 Août 2019, 15:28 
Membre
Membre
Hors-ligne

Inscription: 17 Juin 2011, 18:42
Messages: 119
Plus je connais les gens,plus j'aime la chatte de ma copine* et la chienne de mon frère*.


*Et ça se passe de jeu de mot à la c*n.
XD


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 12 Août 2019, 07:59 
Lueur dans la nuit
Lueur dans la nuit
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 13 Août 2008, 12:14
Messages: 5267
Citer:
Mais je pense que c'est un truc dont il faut avoir bien conscience lorsqu'on a un félin qui vadrouille en extérieur. Et il ne me semble pas très juste de conseiller aux gens de baisser leur consommation de viande, de manger bio/local, de réduire leur utilisation de la voiture, etc... sans à côté de cela demander aux propriétaires de félin de prendre leur responsabilité pour réduire l'impact de leur animal domestique sur l'environnement.


Je ne dis pas le contraire.
Mais le problème de la surpopulation féline en France (car, quand on sait qu'il y a environs 100 000 chats/chatons euthanasiés tous les ans dans les fourrières, c'est quand même qu'il y a un sacré gros souci - et je ne parle pas des chats/chatons morts à cause des maladies contagieuses qu'on retrouve chez les chats libres qui ne sont évidemment pas vaccinés), c'est la faute des imbéciles qui ne stérilisent pas leurs animaux (bah oui, c'est tellement mignon les chatons... sauf qu'une chatte fait au minimum 2 portées par an, et que les chatons sont souvent tués de façon bien crade, mais non, stériliser une chatte pour quoi faire ? c'est mieux de noyés les chatons qui restent sur les bras, faut croire...), les larguent dans la nature et/ou ne sont pas fichus de s'en occuper, et les pouvoirs publics qui ne prennent pas leurs responsabilités (ou qui préfèrent attendre que les colonies de chats errants atteignent un seuils critiques pour encore une fois "éliminer" tout ce petit monde, alors qu'en ayant pris le problème bien plus en amont, il ne se posait juste plus...).
Sans compter que ce comportement responsable serait surtout positif pour les chats... Parce que la vie de chat féral/errant, franchement c'est pas le paradis... (je pense que si je demande l'avis de mon chat, il sera d'accord avec moi... :mrgreen: )


Citer:
notamment la partie sur les chats poussés à "devenir des chiens"


Oui, c'est intéressant de se dire qu'en fait, le chat est encore "en cours de domestication", et qu'il n'a pas achever le processus.
Sans compter l'évolution des différentes races de chats (qui sont moins nombreuses que celles de chiens), qui se diversifie encore (pour le meilleur et pour le pire, d'ailleurs).

_________________
Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 21 Août 2019, 12:49 
Lueur dans la nuit
Lueur dans la nuit
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 13 Août 2008, 12:14
Messages: 5267
Citer:
Nous détruisons la planète, ne nous étonnons pas si les animaux nous mangent
Kelsey Arp — Traduit par Bérengère Viennot — 19 août 2019 à 7h30 — mis à jour le 19 août 2019 à 15h38

En dégradant la nature, nous nous exposons à en devenir les victimes.

Le dimanche 26 mars 2017, Akbar Salubiro, Indonésien habitant dans la province du Sulawesi occidental, sur l'île de Célèbes, est parti travailler. Cet agriculteur de 25 ans vivait dans le lointain village de Salubiro (certain·es Indonésien·nes n'ont qu'un prénom et se servent du nom de leur ville ou de leur village comme nom de famille) dans la province du Sulawesi occidental, sur l'île de Célèbes.

Comme beaucoup de villageois·es, il travaillait dans une plantation de palmiers à huile et ce matin-là, il était seul. Sa femme était partie dans un autre village rendre visite à ses parents.

On ne sait pas exactement à quel moment l'absence de Salubiro a été considérée comme inquiétante. Selon plusieurs témoignages, les recherches ont commencé dès le lundi soir. Au bout de deux jours sans le moindre indice, les gens du village ont averti l'oncle de Salubiro de sa disparition.

Inquiet, l'homme s'est rendu chez lui et a trouvé porte close et maison vide. Il a ensuite prévenu la police locale qui a mis en place une équipe de recherche dans la plantation de palmiers à huile et aux environs. Ses membres n'ont retrouvé qu'une botte, un outil agricole et de l'huile de palme répandue par terre.

Non loin de la botte et de l'outil de Salubiro, les villageois ont découvert dans un fossé un python réticulé de 7 mètres de long, tout gonflé, qui se mouvait avec difficulté. Un villageois a signalé une protubérance en forme de chaussure dans le corps distendu du serpent. Les hommes, priant pour faire fausse route, ont occis l'animal. On était déjà mardi, tard dans la soirée.

Une épouvantable vidéo a été mise en ligne par la police locale où, pendant six glaçantes minutes, un homme armé d'un couteau à la lame de 45 centimètres éventre le serpent devant des témoins. La vidéo, sombre et floue, éclairée par des lampes torches à la lumière vacillante et des portables, montre des hommes piétiner, mal à l'aise, autour du python mort. Le long corps gonflé du serpent a beau être sans vie, il n'en est pas moins impressionnant et troublant.

D'abord, on distingue quelque chose qui pourrait être une chaussure. Très vite, le doute n'est plus permis. Ce sont des pieds. Le ventre du serpent est ouvert, de plus en plus haut. Minute après minute, deux jambes humaines sans vie, totalement habillées, apparaissent. Puis un torse, vêtu d'une chemise.

La mort de Salubiro est l'un des divers témoignages d'ingestion d'un être humain adulte par un python réticulé, mais il convient peut-être mieux d'y penser comme à l'une des premières morts de ce type à être rapportée—il s'en est passé, des choses, avant que ce genre de tragédies puissent être filmées par des téléphones portables, qui sait combien de morts causées par des serpents se sont produites au fil du temps dans des villages indonésiens isolés ou ailleurs.



Des sandales et une machette
L'année suivante, le soir du 14 juin 2018, une femme de 54 ans appelée Wa Tiba est allée jeter un œil à son champ de maïs à environ 800 mètres de chez elle, dans la province de Sulawesi du Sud-Est, sur l'île de Muna. Selon Faris, le chef du village, Tiba est partie lampe torche en main, préoccupée par la présence de sangliers qui avaient fait des dégâts dans son champ.

Le lendemain, ses enfants se sont rendu compte qu'elle n'était pas revenue. Après avoir passé la matinée à la chercher, ils ont retrouvé ses empreintes, ses sandales, une machette et une lampe près de buissons ébouriffés. Puis, à 50 mètres de là, ils ont découvert un énorme serpent tout gonflé.

Les enfants ont appelé la police et des centaines de villageois et de villageoises ont commencé à affluer. Le serpent a alors été tué et rapporté au village. Une fois l'animal éventré, Tiba a été retrouvée, tout habillée, avalée la tête la première. Comme Salubiro, Tiba avait été tuée par un python réticulé de 7 mètres de long.

On peut aussi voir sur plusieurs sites internet l'épouvantable vidéo des villageois retirant le corps de Tiba, couvert de glaires mais intact, du ventre du serpent. Les témoins, autour, pleurent, incrédules et horrifiés, pendant que le corps de l'animal est ouvert en deux.


Le processus de constriction
Les serpents, reptiles carnivores appartenant au sous-ordre des Serpentes, sont des vertébrés amniotes d'aspect notoirement effrayant. Avec leur long corps ondulant couvert d'écailles et leur mâchoire mobile, rien de surprenant que plusieurs religions les aient choisis pour symboliser le mal.


Beaucoup de gens craignent d'être mordu par un serpent venimeux, surtout pendant les saisons chaudes, mais à l'image du python réticulé, la majorité des espèces ne sont pas venimeuses. Au lieu d'utiliser le venin pour tuer leurs proies, la plupart les avalent vivantes (en entier) ou les tuent d'abord par constriction, avant de les gober intégralement.

Les pythons réticulés ont plutôt tendance à tuer leurs proies en les mordant avec leurs crochets acérés. Ensuite ils arrêtent, ou plutôt compriment, le flux sanguin de la proie en s'enroulant autour de son corps. Une fois qu'elle est morte, les muscles de la mâchoire du serpent s'étirent et ses articulations se détendent pour s'ajuster à la bien plus grande corpulence de la proie, qui est lentement avalée, en entier, à mesure que les sucs digestifs font glisser la victime morte dans la gorge puis le ventre.

Les pythons réticulés, les plus longs serpents du monde, ne sont pas aussi épais ou massifs que les anacondas ou les boas constrictors, ils se déplacent donc rapidement (quand ils ne sont pas en pleine digestion). Ils se faufilent jusqu'à leur proie qu'ils attaquent par surprise et sont souvent capables de frapper avec assez de violence pour la blesser suffisamment et commencer rapidement le processus de constriction et de digestion.


Finir dans un estomac
Comme la plupart du territoire indonésien, Célèbes est une île comprenant des kilomètres de zones humides et de montagnes émaillées de villes et de villages dont les habitant·es côtoient la faune qui vit dans la forêt. La plupart des histoires d'animaux sauvages attaquant des êtres humains ont un point commun: elles les imputent à la déforestation et au changement climatique.

La déforestation continue tout autour de la planète, partout, mais très spécifiquement en Indonésie, et détruit les environnements dans lesquels vivent les grands prédateurs, ce qui se répercute de façon problématique dans toute la chaîne alimentaire.

L'élimination des écosystèmes, des espèces et des forêts provoque des modifications dans le comportement des animaux. Après tout, la survie est l'instinct qui prime sur tous les autres. Les deux pythons de 7 mètres de long, aujourd'hui morts, ont sans doute glissé hors de la forêt qui leur servait d'habitat parce qu'ils ne trouvaient rien d'autre à manger.

Les serpents n'ont pas besoin de s'alimenter souvent. Les plus grands peuvent jeûner pendant des mois et se contentent généralement de petits rongeurs, de chiens, de cochons ou de vaches. Peut-être ces pythons étaient-ils désespérés et n'avaient-ils pas d'autre solution que de quitter leur terrain de chasse habituel pour viser un genre de proie bipède plus haute et plus risquée. On ne le saura jamais.

En 2015, quand plusieurs attaques de requins ont été signalées le long des côtes de la Caroline du Nord, aux États-Unis, la youtubeuse Veronica-Pooh Nash Poleate a mis en ligne une vidéo très drôle dans laquelle elle prévient les spectateurs et spectatrices de ne pas faire n'importe quoi avec les requins.


L'océan, nous rappelle-t-elle, c'est «la maison du requin», et si vous vous y aventurez, vous devez savoir que vous pourriez finir dans un estomac, exactement comme un poulet qui s'aventurerait dans sa maison à elle finirait «dans l'assiette».

Nous avons tendance à considérer que la terre, c'est notre maison. Mais c'est la maison de tous les êtres vivants. Nous sommes responsables de la destruction d'un nombre incalculable de créatures (y compris d'autres êtres humains, d'ailleurs). C'est nous qui détruisons leur habitat et qui mettons en danger d'extinction un si grand nombre d'espèces. Et pourtant, nous n'avons pas l'habitude d'être ceux qui finissent «dans l'assiette».

La mort est suffisamment horrifiante comme ça. Mais être dévoré par une autre créature vivante? Nous avons beau tuer et manger des animaux, quand le processus s'inverse, le malaise s'installe. Le stress de survie, sous cette forme spécifique, nous est étranger, et d'autant plus à celles et ceux qui vivent dans de grandes villes industrialisées.

Nous partageons la Terre avec d'autres êtres vivants qui tuent et mangent d'autres animaux.
Ce qui n'empêche pas des «animaux tueurs» de faire les gros titres plusieurs fois par an, comme lorsqu'un bambin a été entraîné dans la lagune par un alligator dans un parc Disney à l'été 2016. Sans oublier Grizzly Man, de Werner Herzog, un documentaire sur Timothy Treadwell, écologiste américain ami des ours, qui a fini dévoré par l'un d'entre eux.

Ces histoires sont extrêmement rares (ce qui explique pourquoi elles font les gros titres), mais elles n'en sont pas moins dérangeantes.

La mort de Salubiro et de Tiba nous rappelle que nous partageons la Terre avec d'autres êtres vivants qui tuent et mangent d'autres animaux, comme le font la plupart d'entre nous. C'est un lugubre rappel que nous sommes faits de chair et d'os et que notre place tout en haut de la chaîne alimentaire n'est pas inébranlable.

La part animale et instinctive en nous est une bien plus grande variable dans nos existences que nous ne sommes prêts à l'admettre ou à l'accepter. Ce n'est pas la première fois que notre espèce sert de repas (hop, «dans l'assiette!»), et à mesure que nous continuons de dégrader la planète autour de nous, nous devrions nous rendre compte qu'un retour à des circonstances plus primitives devraient s'ensuivre en toute logique.

Nous ferions mieux d'essayer d'arrêter cette dégradation aussi vite que possible –pas seulement pour le bien de la planète et de ses créatures, mais aussi pour le nôtre.



http://www.slate.fr/story/180534/animaux-changement-climatique-serpent-indonesie-chaine-alimentaire


Dans l'absolu, et même si c'est triste pour les gens qui se font manger (enfin, la plupart du temps... :think: ), je me dis que d'une part, ça reste des cas relativement rares (si on excepte le fait que l'animal qui cause, et de très loin, le plus de morts humains est le moustique... :mrgreen: ), et d'autre part... les animaux ne nous causeront jamais autant de mal que nous leur en infligeons, entre la destruction de leurs milieux, la chasse, la corrida, les élevages industriels etc...
Au fond, de temps en temps, c'est pas plus mal d'être de l'autre côté du manche, histoire de se rappeler qu'on est une espèce parmi d'autres, et pas le Seigneur et Maître sur cette planète...

_________________
Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 21 Août 2019, 13:40 
Seigneur Canard
Seigneur Canard
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 28 Août 2008, 23:18
Messages: 1945
Je trouve que la présentation inutilement moralisatrice de cette histoire confine au poncif. Ce n'est pas parce que nous «faisons du mal» à la «nature» (deux concepts purement anthropocentriques) que cette dernière se mettrait soudainement à se «venger». La prédation sur les humains a toujours existé et n'a rien de nouveau (nous sommes, en fait, des proies plutôt faciles). On l'a juste oublié.

_________________
Je suis le grincement dans les poutres. Le battement d'ailes dans la cheminée. Les petites marques de dents dans la pêche. Je suis BATMAN FRUGIVORE. - Charles Montgomery Plantagenet Schicklgruber Burns.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 21 Août 2019, 13:54 
Lueur dans la nuit
Lueur dans la nuit
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 13 Août 2008, 12:14
Messages: 5267
Je n'y vois pas une histoire de "vengeance"... mais plutôt de "juste retours des choses".
Nous modifions les écosystèmes et empiétons à l'envie sur les espaces naturels, tout en les détruisant... nous nous exposons donc à être des proies : parce que nous nous "introduisons" sur le territoire des prédateurs, et parce que nous causons la raréfaction des proies animales.

Et, après tout, c'est un bien faible tribu par rapport à celui qui les animaux payent : il y a beaucoup plus de requins, boas, loups, ours etc... tués ou morts de la faute des hommes, que l'inverse.

_________________
Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 22 Août 2019, 11:32 
Seigneur Canard
Seigneur Canard
Avatar de l’utilisateur
Hors-ligne

Inscription: 28 Août 2008, 23:18
Messages: 1945
Chimère a écrit:
Je n'y vois pas une histoire de "vengeance"... mais plutôt de "juste retours des choses".
Nous modifions les écosystèmes et empiétons à l'envie sur les espaces naturels, tout en les détruisant... nous nous exposons donc à être des proies : parce que nous nous "introduisons" sur le territoire des prédateurs, et parce que nous causons la raréfaction des proies animales.

Et, après tout, c'est un bien faible tribu par rapport à celui qui les animaux payent : il y a beaucoup plus de requins, boas, loups, ours etc... tués ou morts de la faute des hommes, que l'inverse.


Même en remplaçant "vengeance" par "justice immanente", l'anthropocentrisme reste bien présent.

J'ai une optique différente de la tienne. La "nature" est un tout dont l'être humain, animal parmi d'autres, fait partie. Personne n'a de "territoire" parce que toutes les espèces impactent, chacune à leur manière, l'espace où elles se trouvent. Parfois, un humain se fait boulotter par un autre prédateur. Je pense que c'est une chose normale, et non morale.

_________________
Je suis le grincement dans les poutres. Le battement d'ailes dans la cheminée. Les petites marques de dents dans la pêche. Je suis BATMAN FRUGIVORE. - Charles Montgomery Plantagenet Schicklgruber Burns.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis:  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 331 messages ]  Atteindre la page Précédent  1, 2, 3, 4, 5 ... 34  Suivant

Le fuseau horaire est réglé sur UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas transférer de pièces jointes dans ce forum

Rechercher:
Atteindre:  
cron
Développé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction française officielle © Maël Soucaze