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 Sujet du message: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 18 Septembre 2019, 12:03 
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Dahlia noir, le fin mot de l'histoire ?
Depuis soixante-sept ans, policiers, reporters et écrivains rivalisent de théories sur le meurtre d'Elizabeth Short à Los Angeles. Dernier en date, le Français Stéphane Bourgoin affirme avoir résolu l'énigme.
Dahlia noir, le fin mot de l'histoire ?
Le 16 octobre 2014 à 16h00

Stéphane Bourgoin, 61 ans, est à la fois auteur prolifique, spécialiste des tueurs en série, conférencier et libraire. Il a consacré trente-huit ans de sa vie aux criminels. Le 30 octobre, il publie son 41e ouvrage : Qui a tué le Dahlia noir ? L'Enigme enfin résolue. Audacieuse entreprise. La plus périlleuse de sa carrière, tant ce crime écÅ?urant suscite un intérêt universel, attisant mille et une théories depuis 1947. La plupart d'entre elles sont truffées de délires, dont on débat aujourd'hui encore sur des sites, blogs et forums dédiés aux enquêtes mystérieuses. Afin d'éviter la propagation d'élucubrations, il faut confronter les ouvrages de référence et les rapports officiels accessibles. Alors seulement pourra-t-on raconter la véritable histoire du « Black Dahlia », le Dahlia noir. Par-delà ce surnom (donné à cause de la fleur que la victime accroche parfois à ses cheveux noirs), on découvre une jeune femme belle et joyeuse, Elizabeth Ann Short, et un crime d'une insondable cruauté.


L'affaire débute le mercredi 15 janvier 1947, à 10 h 35. Betty Bersinger et sa fille se promènent le long d'un terrain vague dans le quartier de Leimert Park, à Los Angeles (Californie). Approchant la 39e Rue, Betty découvre « une chose étrange », comme un mannequin de magasin qui se serait brisé en tombant d'un camion. Le second regard porté à la masse blanche glace la jeune femme : c'est un cadavre coupé en deux. La police est alertée à 10 h 54. La scène de crime est piétinée, saccagée par la trentaine d'enquêteurs et journalistes de l'Examiner ou du Herald-Express, qui vont se livrer à une surenchère dévastatrice.

Sur place, la troupe est horrifiée : le corps, sectionné à la taille, est celui d'une jeune fille brune dont on devine la beauté en dépit des lacérations de part et d'autre de sa bouche, étirant ses lèvres en un sourire féroce. Le rapport d'autopsie â?? dévoilé en 1994 dans Severed, the True Story of the Black Dahlia Murder de l'auteur américain John Gilmore, et que Stéphane Bourgoin publie à son tour â?? fait état de tortures multiples et d'un fait saisissant : la victime a été vidée de son sang, avant d'être minutieusement lavée. Le FBI identifie la défunte grâce à ses empreintes digitales, relevées en 1943 lors d'un contrôle dans un bar californien. Elle s'appelait Elizabeth Short, préférait qu'on la surnomme Beth et vivait d'expédients et de rêves. Elle avait 22 ans. La légende est née, et demeure inexorablement entretenue.

Le principal suspect a brûlé vif

Au fil des années, plus de 100 inspecteurs du LAPD (Los Angeles Police Department) et du bureau du procureur auront tenté de confondre l'assassin de Beth Short, en vain. Mais des reporters et des écrivains prétendent l'avoir identifié. La piste que privilégie Stéphane Bourgoin est celle du détraqué déjà dénoncé avec force détails par Gilmore dans Severed. Il s'appelle Jack Anderson Wilson et dispose de douze alias. C'est un sale type, grand, maigre, boiteux, au casier judiciaire épais comme le Bottin. Selon l'Américain, il a massacré Beth Short ainsi que la fille d'un géant du pétrole, Georgette Bauerdorf, 20 ans. Mais Stéphane Bourgoin va plus loin : il relie Wilson à 21 meurtres perpétrés dans quatre Etats américains. Théorie invérifiable, puisque le suspect a brûlé vif dans un hôtel miteux de Los Angeles, en 1982, sans que son ADN fût jamais prélevé.

Il est peu vraisemblable que ces révélations permettent de refermer le dossier, tant l'affaire du Dahlia noir est un inépuisable phénomène de société. Cela tient à la personnalité de Beth, mais aussi au mystère qui a plané quelques mois sur la dernière semaine de sa vie, à la monstruosité du crime et aux allégations extravagantes que la presse a relayées. Ainsi vit-on les journaux jeter en pâture les cinéastes Orson Welles (dont Elizabeth aurait été enceinte) et John Huston (qui l'aurait violée), ou le dadaïste Man Ray (les lacérations sur le corps de la victime rappellent les Å?uvres de l'artiste). Même les déclarations de la célèbre médium Sylvia Browne, à qui serait apparu le fantôme d'Elizabeth Short, firent la une !

On prêta à cette gentille fille prétendument naïve des amants dans la Mafia, une atrophie du vagin, une propension aux orgies lesbiennes, la fréquentation d'avorteurs, une cupidité hors du communâ?¦ Autant de mensonges qui ont nourri la légende du Dahlia noir.

En 2014, les enquêteurs de la brigade des homicides du LAPD continuent de rejeter les « vérités indubitables » présentées par les centaines de milliers d'articles et dizaines de livres et documentaires consacrés à l'affaire. Ils n'ont pas été davantage convaincus par la version à succès de leur ancien collègue Steve Hodel, accroché à la culpabilité de son propre père, chirurgien débauché qui aurait découpé Beth et tué sept autres femmes. Stéphane Bourgoin, qui réexamine chaque thèse une à une, raille les « problèmes Å?dipiens » d'Hodel, qui, de son côté, balaie d'une pichenette la piste Wilson (lire l'entretien ci-contre). Le Français épingle aussi Janice Knowlton, qui accusait elle aussi son propre père dans son Daddy Was the Black Dahlia Killer, publié en 1995. Il est fascinant de voir à quel point les auteurs se dénigrent les uns les autres et se battent pour imposer leur vision des faits, multipliant témoignages d'experts et documents prétendument inédits. La guerre que se livrent les spécialistes autoproclamés dans ce dossier est sans égale. Nul doute que dans trente-trois ans, lorsqu'on commémorera le centenaire de la mort d'Elizabeth Short, on se querellera encore autour de l'identité du coupable?¦


http://www.leparisien.fr/week-end/dahlia-noir-le-fin-mot-de-l-histoire-16-10-2014-4217889.php

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La troublante affaire de Dahlia noir.


Si on dit qu’il n’existe pas de crime parfait, les crimes non élucidés sont une réalité. S’il s’agit parfois de délits mineurs, d’autres crimes beaucoup plus sordides et atroces laissent les policiers nager en plein mystère pendant des mois, des années et même des décennies. Parmi les causes, ayant laissé pantoises les forces de l’ordre, se trouve celle du Dahlia Noir, à laquelle nous n’avons jamais associé de meurtrier. « Le Dahlia noir est un fantôme, une page blanche qui exprime nos peurs et nos désirs. Une Mona Lisa de l'après-guerre, une icône de Los Angeles. »En quelques mots, James Ellroy résume la fascination morbide suscitée par l'assassinat jamais élucidé d'Elizabeth Short, vingt-deux ans, retrouvée nue et mutilée le 15 janvier 1947 au petit matin à Los Angeles dans un terrain vague, après avoir été torturée pendant des heures. C'est le dahlia noir qu'elle portait en permanence dans les cheveux quand, à la recherche d'un rôle à Hollywood, elle arpentait les bars comme serveuse et les boulevards comme michetonneuse qui lui avait valu ce surnom.



Qui est le Dahlia noir ?

Celle que l’on a connue sous le nom du Dahlia Noir se nommait en fait Elizabeth Short. Troisième d’une famille de cinq enfants, elle est abandonnée par son père alors qu’elle est jeune. Comme plusieurs, l’entreprise de Cleo Short n’a pas résisté au crash boursier de 1929, de sorte que les économies familiales se sont envolées. L’année suivante, son automobile est retrouvée sur un pont, complètement vide. La thèse du suicide est évoquée, mais l’homme est plutôt parti en cavale en abandonnant sa femme et ses cinq filles. A la suite du départ soudain de son père, Elizabeth grandit avec sa mère et ses sœurs dans un petit appartement de Medford, dans le Massachussetts. A partir de l’âge de 16 ans, en raison de ses problèmes d’asthme et de bronchites chroniques, Elle doit passer les longs et froids mois d’hiver en Floride avant de revenir à Medford auprès de sa famille. A 19 ans, elle retrouve son père en Californie et décide d’y déménager afin de vivre avec celui qu’elle croyait mort depuis toutes ces années. Au tout début de l’année 1943, le père et sa fille déménagent dans la région de Los Angeles, mais se querellent violemment, forçant Elizabeth à le quitter pour Camp Cooke où elle trouvera du travail. Peu de temps après, elle déménage de nouveau dans la région de Santa Barbara où elle se frotte pour la première fois au système judiciaire. En effet, les policiers procèdent à son arrestation puisqu’elle est ivre alors qu’elle est mineure. Le tribunal de la jeunesse la renvoie auprès de sa mère à Medford, mais elle retourne vivre en Floride en visitant à quelques reprises sa mère et ses sœurs au Massachussetts. Pendant le reste des années de guerre, elle continue d'échanger avec le lieutenant Gordon qu’elle avait rencontré en Floride. Il lui propose de l'épouser mais se tue en Inde dans un accident d'avion en novembre 1945. Les années suivantes, gagnant principalement sa vie comme serveuse, elle réside dans différentes villes de Floride, avec quelques retours occasionnels au Massachusetts. En 1946, elle reprend le chemin de la Californie, à destination d'Hollywood, avec pour but de devenir actrice. Elle vivote entre pensions, hôtels et colocations.



La macabre découverte


Le 15 janvier 1947, à Los Angeles, Betty Bersinger se promenait avec sa fille quand soudain elle aperçut une silhouette sur un terrain vague. « Je me promenais avec ma petite fille de 3 ans, Anne, le matin du 15 janvier vers 10h45. Nous allions vers le sud de l’avenue Norton, à la section du Leimert Park, où je vais faire réparer les chaussures de Anne. Comme nous passions ce lot vacant entre la 39e rue et l’avenue Coliseum, j’ai vu le corps depuis le trottoir. Il était couché sur le dos et je pouvais voir qu’il était coupé en deux. J’ai été́ tellement choquée et si inquiète que ma petite fille puisse le voir que je l’ai ramassée dans mes bras et j’ai couru vers la maison la plus proche, qui était celle d’un médecin je pense. Après avoir demandé à utiliser le téléphone, j’ai téléphoné à la police. Je ne me souviens pas si j’ai dit au policier avec qui j’ai parlé que le corps était coupé en deux. Et je suis sure de ne pas avoir précisé si c’était un homme ou une femme. Mais je lui ai dit exactement où il était, et j’ai dit qu’il y avait un corps là-bas. Je n’ai rien dit qui laissait à penser que c’était un homme ou un ivrogne. Ma petite fille n’a pas vu le corps. Je me suis assurée qu’elle ne le voit pas. Je suis heureuse qu’elle ne l’ai pas vu et nous allons éviter de parler de l’affaire devant elle. ». Le corps dénudé d’une jeune femme, sectionné au niveau de la taille, avait été abandonné sur un terrain vague au sud de la Norton Avenue. Il avait été complètement vidé de son sang, visiblement lavé et disposé sur le sol, les bras levés au-dessus de la tête et les jambes écartées. Ses chevilles et ses poignets portaient encore les marques de la corde qui avait servi à l’attacher et d’une horrible manière, ses intestins avaient été partiellement retirés de son ventre et soigneusement rangés sous ses fesses. La malheureuse avait été frappée à la tête jusqu’à en arracher la chair de ses oreilles. Sa peau arborait des traces de brûlures de cigarettes, ses seins et l’une de ses jambes avaient été lacérés avec un couteau, et un sourire sinistre, qui partait du coin de ses lèvres et montait jusqu’à ses oreilles, avait été dessiné sur son visage.



Une énigme insoluble.


Ce meurtre sauvage fit sensation mais il n'y avait guère d'indices pour faire avancer l'enquête. Au total, 50 hommes et femmes ont dit être responsables de cet homicide, mais aucune preuve irréfutable n’a pu les lier au crime. En quête d’une certaine célébrité ou d’un moment de gloire par rapport à un acte de barbarie ayant été fortement publicisé, ces personnes étaient prêtes à se rendre responsables ou encore à dénoncer des proches dans le but d’être connues. La police interrogea les nombreuses liaisons de la victime sans pouvoir identifier de suspect potentiel. Peu après la découverte du corps, les enquêteurs reçurent une lettre anonyme constituée à partir de lettres découpées dans des journaux. La missive disait : « Here is Dahlia's Belonging. Letter to follow » (Voici les effets du Dahlia. Une lettre suivra). Au courrier était joint un paquet contenant la carte de sécurité sociale de la victime, son certificat de naissance, un ticket de consigne, diverses photos et le carnet d'adresse d'Elizabeth dont certaines pages avaient été́ arrachées. Les empreintes avaient été soigneusement effacées. L'enquête ne fut pas davantage favorisée. La police ne reçut jamais la lettre promise. Si l’enquête n’aboutit pas, le cas de vingt-cinq suspects fut examiné. Il serait fastidieux de tous les décrire. Cependant, celui de Georges Hodel mérite notre attention. Cet homme fit figure de suspect de choix. Son propre fils, ancien policier à Los Angeles, est convaincu de sa culpabilité. Le fils trouva, à la mort de son père, une photo d'Elizabeth Short dans les effets personnels de ce dernier alors que, de prime abord, il n'aurait pas eu de raison particulière de l'avoir connue. Hodel fut un personnage sortant de l'ordinaire : doté d'un quotient intellectuel hors du commun, pianiste virtuose à l'âge de neuf ans, chauffeur de taxi en contact avec la pègre à l'âge de quinze ans, reporter photo couvrant des affaires de meurtres avant l'âge de vingt ans... Peu après, il devint poète et se lia à plusieurs artistes célèbres dont le réalisateur John Huston et le peintre-photographe Man Ray. Beaucoup de ces artistes, Hodel inclus, se seraient régulièrement livrés à des orgies. En 1945, Hodel fut suspecté dans le cadre de la mort de sa secrétaire, Ruth Spaulding, morte d'une overdose de barbituriques. Les enquêteurs ne crurent jamais vraiment à la thèse du suicide et Spaulding aurait pu avoir eu connaissance d'éléments accablants pour Hodel. Faute de preuves, l'enquête fut close mais Hodel n'en quitta pas moins les Etats-Unis pour se refugier en Chine. En 1949, Hodel fut accusé de viol par sa fille Tamar. Malgré́ les témoignages de plusieurs personnes qui confirmèrent avoir assisté ou participé aux relations sexuelles entre l'accusé et la victime, Hodel fut relaxé au bout de trois semaines de procès grâce à l'un des meilleurs avocats des Etats-Unis, Jerry Giesler.



Une avalanche de littérature.


Bien entendu le mystère de la mort d’ Elizabeth Short a suscité un torrent d’écrits, soutenant des hypothèses contradictoires.



1987: James Ellroy consacre un roman à cette affaire : Le Dahlia noir.

2003: Parution de Black Dahlia Avenger: A Genius for Murder (L'affaire du Dahlia Noir)de Steve Hodel (fils de suspect Georges Hodel)

2013 : Matz, David Fincher et Miles Hyman adaptent le roman de James Ellroy en bande dessinée : Le Dahlia noir.



A cette liste, il convient d’ajouter le livre de Stéphane Bourgoin : Qui a tué le Dahlia Noir, paruen 2014. Stéphane Bourgoin est un écrivain français spécialisé dans l'étude des tueurs en série et du profilage criminel. Il s’est plongé dans la criminologie après la découverte du corps de son épouse dans un état proche de celui d’Elizabeth Short. Il attribue ce crime au « Boucher de Cleveland », ce tueur en série qui commit pas moins de seize crimes entre 1934 et 1939. L’échec de son arrestation provoqua la chute d’Eliot Ness.



Enfin si vous avez deux heures à perdre (ou à gagner), installez vous devant le film de Brian de Palma : Le Dahlia noir, adaptation cinématographique du roman d'Ellroy, avec Aaron Eckhart, Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank, et Mia Kirshner.



https://www.pierre-mazet42.com/la-troublante-affaire-de-dahlia-noir


Rarement énigme criminelle n'a fait coulé autant d'encre, déclenché autant de batailles d'experts, et n'est à ce point entré dans l'imaginaire collectif et dans la pop-culture au point que l'on ne sache plus très bien si c'est une réalité, ou une fiction. Si c'est un cliché... ou si c'est l'histoire qui inspira tout ce qui par la suite est devenue un cliché...
Et on oublie aussi trop souvent que derrière le pseudonyme exotique et mystérieux, il y a eu une vraie jeune femme, qui s'appelait Elisabeth, alias Betty, alias Beth, Short, qui est morte à l'âge de 22 ans dans des conditions affreuses, après avoir subit un véritable calvaire (je vous passe les détails, ils sont dans tous les articles et livres sur le sujet). Elle n'était sans doute pas une sainte, juste une jeune femme pleine de rêves de gloire et d'amour dans la tête, mais elle ne méritait certainement pas de mourir comme elle est morte...

J'ai lu le roman d'Elroy il y a peu... c'est un excellent roman policier, totalement fondateur du roman noir américain, et du classique "duo d'enquêteur mal assortis", avec une description très fine de la psychologie des personnages et du Los Angeles des années 40-50, de la corruption, des flics et des procureurs plus soucieux de faire les gros titres que de vérité.
Je suis en train de lire le bouquin de Steve Hodel (passionnant, sur plein d'aspects, et pas que sur l'enquête), et j'ai celui de Bourguoin.
Je vais me faire une idée avec tout ça...

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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 14 Janvier 2020, 14:56 
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Lu 2 sur les 3, je dois dire que ce qu'avance Hodel est assez convaincant, troublant à tout le moins.
Si tu aimes la plume de Maître Ellroy, il y a également "ma part d'ombre", enquête sur l'assassinat de sa propre mère, possiblement lié au tueur du Dalhia noir.

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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 17 Janvier 2020, 10:21 
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Ouaip. Il fait partie de l'infinie liste de tous les bouquins que j'aimerai bien lire...
Ellroy en parle d'ailleurs dans la préface de l'édition du Dahlia Noir que j'ai.


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je dois dire que ce qu'avance Hodel est assez convaincant, troublant à tout le moins.


En effet.
Apparemment, son bouquin a été critiqué par d'autres auteurs, notamment parce qu'il a été considéré comme uniquement à charge (quand on sait que la personne visée par Hodel comme assassin du Dahlia, et de plusieurs autres femmes, n'est autre que son propre père... c'est freudien comme histoire... XD ). Mais cela dit, tu as raison dans le sens où il amène tout de même pas mal d'éléments assez troublants...
Il faudrait lire les autres enquêtes pour se faire une idée, je pense (même si comme souvent dans les cas d'affaires criminelles célèbres non résolus, chaque auteur, qu'il soit journaliste, ancien policier, écrivain ou autre a SON coupable et SA vérité... mais bon, difficile de trancher en tant que lecteur sans balayer toutes les données. Et encore...).

Mais l'ouvrage est aussi très intéressant dans la peinture qu'il livre de l'Hollywood de la fin des années 40 : argent, sexe, drogues, corruption... une Babylone en pleine décadence (ça se retrouve aussi dans le roman d'Ellroy)
Et la peinture aussi d'artistes de l'époque (en plus du portrait du Docteur Hodel père, qui semble être un sombre salaud, quand bien même ça ne serait pas lui qui aurait assassiné Betty Short), de grands artistes encore adulés aujourd'hui comme Man Ray... à côté de qui Matzneff fait figure de petit joueur... :think:
Bref, je trouve que c'est intéressant de le lire au moins pour se rendre compte des mentalités dans la haute société américaine de l'époque...

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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 17 Janvier 2020, 10:40 
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Mais l'ouvrage est aussi très intéressant dans la peinture qu'il livre de l'Hollywood de la fin des années 40 : argent, sexe, drogues, corruption... une Babylone en pleine décadence (ça se retrouve aussi dans le roman d'Ellroy)


C'est en partie ce qui fait que j'aime Ellroy (son père bossait pour Hollywood, je crois ...). Cet aspect est très bien retranscrit dans le film LA Confidential, à travers le personnage de Dany de Vito.
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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 18 Janvier 2020, 21:23 
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Intéressante affaire, que je ne connaissais pas du tout !... Et très mystérieuse, aussi. Les deux articles étaient vraiment passionnants.
(Même si dans le deuxième article, la partie où s'exprime Betty Bersinger donne un peu l'impression de ne pas avoir été rédigée par le même journaliste que le reste, mais par un francophone non natif qui ne maîtrisait pas bien la conjugaison — ce qui était bien curieux).

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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 18 Janvier 2020, 22:36 
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Ah c'est marrant que tu ne connaissent pas... entre le film de De Palma, le bouquin d'Elroy, et le fait que c'est un peu THE énigme criminelle américaine... :mrgreen:

Et puis... je dois avoue que c'est pas aussi souvent que la victime est l'incarnation même de son crime. Je veux dire, souvent, les victimes s'effacent derrière la personnalité de leurs meurtriers : chez les tueurs en série, c'est flagrant, on connait les noms des tueurs, mais rarement ceux de leurs victimes... qui sont finalement qu'une liste de numéros.
Betty Short me fait un peu l'effet d'être LA victime qui les représente toutes... l'incarnation de la jeune femme sans doute un peu trop attirée par la lumière, un peu trop naïve, tuée par la violence, la sauvagerie et la brutalité des hommes et d'un monde. (sans doute parce que son meurtrier n'a jamais été retrouvé, on peut donc y greffer tous les visages du Mal, comme on peut le faire sur un Jack l'Eventreur, ou tueur du Zodiac...)
Et puis, elle m'a toujours touchée cette fille... ce qu'on a pu dire d'horrible sur elle (sans doute parce que pour beaucoup de machistes, il n'y a que les prostituées ou les filles de mauvaises vie qui méritent de se faire tuer...), à côté du calvaire qu'elle a du subir...
Bref, son meurtre est un grand mystère, et sa vie une tragédie... du coup, ça rend l'affaire mythique...

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MessagePublié: 22 Janvier 2020, 15:29 
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Et pourtant, j'étais passé à côté !... :mrgrin:

Mais tu expliques très bien dans ton paragraphe un peu lyrique à quel point cette affaire est marquante. J'ai été convaincu.

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 Sujet du message: Re: On l'appelait Betty...
MessagePublié: 22 Janvier 2020, 15:57 
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Comme quoi, le lyrisme ça paye parfois... 8-)

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