Encyclopédie du paranormal - Paole Arnold

     Arnold Paole


Soldat autrichien du dix-huitième siècle, qui devint célèbre pour avoir été l’un des cas de vampirisme les plus documentés de l’histoire


Arnold Paole (vraisemblablement d’Арнаут Павле ou Arnaut Pavle, traduit en Arnold Paul dans les documents français) était un soldat autrichien vivant dans le village de Medvegia en Serbie, durant la première moitié du dix-huitième siècle. En 1727, il s’éteignit à la suite d’un accident : la chute d’une charrette de foin le tua sur le coup. Après sa mort, il devint fameux dans toute l’Europe, car il terrorisa et décima la population du village sous la forme d’un vampire.

Premiers faits

En 1727, Arnold Paole était rentré chez lui après avoir participé à la guerre qui avait alors lieu entre l’Autriche et la Grèce. Un jour, une charrette de foin bascula et tomba sur lui, et il mourut ; il se fit donc naturellement mettre en terre au cimetière du village. Cependant, alors qu’il était encore vivant, Paole avait fait part de ses craintes. Alors qu’il avait été envoyé dans les environs de Cassova, aux abords de la Serbie turque, il avait été attaqué par un vampire turc. Il avait cru alors pouvoir se protéger à l’aide d’un rituel (se frictionner avec le sang du vampire et manger de la terre de son tombeau), mais il craignait de devenir vampire tout de même une fois décédé.

Une fois mort, ses craintes se révélèrent fondées : une trentaine de jours après l’enterrement, il fut aperçu rôdant la nuit dans le village. Il tourmenta dans leurs cauchemars plus de la moitié de la population, et quatre personnes moururent subitement avec tous les symptômes d’une attaque vampirique : anémie, grande fatigue, affaiblissement général, cauchemars… Les villageois se plaignirent donc au bailli du village, qui donna l’ordre d’exhumer Paole quarante jours après sa mise en terre. Lorsque son cadavre fut exposé aux yeux de tous, Calmet raconte qu’on trouva sur son cadavre toutes les marques d’un Archivampire (autrement dit, le vampire "originel" d’un lieu). Son corps était frais et vermeil, la barbe avait repoussé, ainsi que les ongles et les cheveux. Du sang fluide et frais coulait dans ses veines, et sortait de ses orifices partout sur son suaire. Il avait également la bouche grande ouverte. Le bailli donna l’ordre de lui planter un pieu très aigu dans la poitrine et de répandre de l’ail sur son cadavre, ce qui fut fait : quand le pieu le traversa, il poussa un cri effroyable, comme s’il était encore en vie. Après, on le décapita et on brûla son corps, et on s’empressa de faire pareil avec ses quatre victimes présumées, de peur qu’elles ne fassent à leur tour des morts.

Faits secondaires

Cependant, les faits ne s’arrêtèrent pas là. Cinq ans plus tard environ, une autre épidémie de vampirisme se déclencha à Medvegia. En trois mois, ce sont 17 personnes de tous les âges qui moururent d’attaques vampiriques, ou parfois même sans autres symptômes qu’une mort soudaine. La fille d’un paysan, couchée en pleine santé, se réveilla épouvantée et tremblante, et assura que le fils d’un autre paysan, mort neuf semaines auparavant, était venu pour essayer de l’étrangler dans son sommeil. Elle tomba alors gravement malade et mourut quelques jours plus tard. On décida donc de déterrer le corps du fils du paysan, suspecté d’être un vampire, et on le trouva vampirisé.

Comment le vampirisme avait-il pu renaître alors que toutes les précautions avaient été prises ? Des médecins et des chirurgiens cherchèrent, et en arrivèrent à la conclusion que Paole n’avait pas seulement attaqué des humains, mais aussi du bétail. Ce bétail avait survécu aux attaques et avait continué à vivre, et ainsi, quand les propriétaires en avaient mangé, ils s’étaient trouvés vampirisés. À leur mort, ils se transformèrent donc en revenants. On déterra toutes les personnes mortes depuis ce temps ; et sur une quarantaine, dix-sept montraient les symptômes les plus évidents de vampirisme. On leur planta un pieu dans le cœur, les décapita, les brûla et jeta leurs cendres dans une rivière.

Célébrité

Ce cas est entré dans la légendes pour plusieurs raisons :

  • Tout d’abord bien sûr, la très grande documentation officielle sur le sujet. Le médecin qui s’est occupé de l’affaire, le docteur Johann Flückinger, publia son rapport détaillé, intitulé Visum et repertum (« Vu et rapporté »), en 1731, et ce rapport fut contresigné par divers témoins respectables : officiers, médecins, chirurgiens… C’est un des premiers documents officiels présentant le mot Vampire.
  • Le cas peut aussi rejoindre celui de Peter Plogojowitz, Medvegia étant tout proche de Kisiljevo, le village hanté par ce vampire en 1725. Le cas ayant aussi eu des rapports officiels, les deux vampires furent rapidement connus dans toute l’Europe, au point que Dom Augustin Calmet en parlera longuement dans son Traité sur les apparitions des anges, des démons et des esprits et sur les revenants, et vampires de Hongrie, de Bohème, de Moravie et de Silésie.

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Localisation : Medvegia, Serbie, Europe

Date : 1727 (première vague d'attaques), 1732 (seconde vague)

Sources et liens complémentaires :

  • Traité sur les Apparitions des Esprits, et sur les Vampires, ou les Revenans de Hongrie, de Moravie, etc, Dom Augustin Calmet
  • Manuel du Chasseur de Vampires, Constantine Gregory
  • Wikipédia [fr]
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Catégories : P ; Personnes ; Mythes et folklore
Auteur : Herr Magog
Mise en ligne : 05/04/09
Dernière modification : le 10/07/12 à 17:49