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     Yōkai


Nom générique désignant les créatures fantastiques de la tradition japonaise


Yōkai (en japonais : 妖怪) est un nom générique servant à désigner de façon indistincte tous les monstres et les créatures de la tradition japonaise, tandis que le terme yūrei (幽霊) renvoie lui à l'ensemble des fantômes et des mauvais esprits.


Il est intéressant de noter que le mot yōkai est composé de deux kanjis, et , tous les deux traduisibles par "étrange" ou "paranormal".

Dans le langage courant, yōkai est l'équivalent du mot "monstre" des langues européennes. Il possède différent synonymes, comme ayakashi () et mononoke (もののけ, "chose étrange").
Obake (お化け) et bakemono (ばけもの, "chose qui change") sont parfois présentés comme des synonymes de yōkai, bien qu'au sens strict ces termes désignent des créatures possédant le don de métamorphose.

Estampe représentants des yōkai indéterminés, par Kawanabe Kyosai(XIXème siècle)

Sous la très vaste appellation de "yōkai", on retrouvera :

  • des monstres, comme l'oni? ou le kappa? ;
  • des démons familiers, comme le mokumokuren et le zashiki-warashi? ;
  • des divinités locales ou mineures, comme le tengu? ;
  • des objets dotés d'une âme, regroupés eux même sous le nom de tsukumogami ;
  • des animaux fabuleux ou chimériques, telle la nue ;
  • des animaux métamorphes, tels la kitsune? (renard), l'inugami? (chien) et le bakeneko? (chat) ;
  • des lubies et des obsessions abstraites, qui peuvent s'incarner sous une forme tangible ;
  • et enfin, certains yūrei et esprits monstrueux comme le rokurokubi et la futakuchi-onna, qui sont également considérés comme des yōkai.

La plupart des yōkai possèdent des pouvoirs magiques et sont hostiles à l'égard des humains ; leurs méfaits vont de simples tours pendables pour les plus gentils, à la mort de la victime pour les plus violents. En rencontrer est donc généralement un mauvais présage.

Si certains yōkai harcèlent les humains par besoin de vengeance, tous ne possèdent pas un mode de pensée aussi rationnel et les motifs guidant leurs actions sont parfois complètement incompréhensibles pour les êtres humains. Le folklore considère alors qu'il est dans la nature de ces yōkai de faire du mal autour d'eux.


On trouve des yōkai dans tous les milieux : certains préfèrent évoluer en pleine nature, dans les forêts ou en montagne (comme le tengu?), tandis que d'autres préfèrent vivre dans les anciens bâtiments abandonnés (tel l'uwan). Certains enfin recherchent la présence de l'homme et ne vivent que dans les lieux habités, ils sont alors assimilables à des démons domestiques et sont généralement peu dangeureux, apportant au contraire paix et prospérité au foyer (comme le zashiki-warashi?).

Les yōkai sont effrayés par les ofuda (御札), des talismans de papier, de tissus ou de bois sur lesquels est inscrit le nom d'une divinité protectrice. On place ainsi traditionnellement des ofuda sur les portes d'entrées, les piliers... des maisons ou des temples, afin de les protéger du mauvais oeil et d'empêcher les monstres malveillants d'y rentrer.

Estampe représentant un samouraï attaqué par des yōkai lors de son bain, par Aotoshi Matsui (XVIIIème siècle)

Les yōkai sont traditionnellement rattachés à la direction du Nord-Est. Le folklore raconte également que la meilleure période pour les observer est l'été, saison pendant laquelle ils cheminent durant la nuit sous forme de processions. Les créatures surnaturelles sont particulièrement actives entre 2h et 3h du matin (« entre l'heure du bœuf et l'heure du tigre »), les heures indues de la tradition japonaise.


Les yōkai ont été une grande source d'inspiration pour les peintres et artistes de l'ère Edo (1603 - 1868 ap. JC.), le plus célèbre étant certainement Toriyama Sekien (1712 - 1788). Ces dessinateurs ont permis par leur travail de figer l'apparence de nombreux yōkai du folklore oral ; ils en ont également créé d'autres de toute pièce, qui sont peu à peu rentrés dans la tradition et ont contribué à l'enrichir.

Suite à la brusque modernisation du Japon à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, la croyance aux yōkai se perdit peu à peu et ceux-ci ne furent plus considérés que comme des superstitions folkloriques désuettes.
C'est le mangaka Shigeru Mizuki qui a contribué dans les années 60 à relancer l'intérêt du grand public pour ces créatures, notamment par le biais de son manga Kitaro le repoussant (ゲゲゲの鬼太郎, Ge-ge-ge no Kitarō) qui présente une large galerie de yōkai. Ils sont depuis redevenus un thème de choix dans les films et les bandes-dessinées japonaises.


Liste des articles de l'Encyclopédie consacrés aux yōkai :


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Traduction anglaise : Yōkai

Localisation : Japon, Asie

Liens complémentaires :

Article de Tim Screech issu du magazine Mangajin n°40

Bibliographie :

  • Yokai, dictionnaire des monstres japonais, par Shigeru Mizuki (2008).

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Catégories : Y ; Mythes et folklore ; Créatures
Auteur : Ar Soner
Mise en ligne : 25/05/09
Dernière modification : le 10/09/13 à 23:54