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Page choisie : Onibaba

     Onibaba


Créature du folklore japonais, l'apparence d'une vieille femme anthropophage


Onibaba (en japonais : 鬼婆, littéralement : démon « grand-mère ») est un yōkai du folklore japonais ; ce monstre se cache sous les attributs d'une vieille femme pour attaquer et dévorer les humains.

Onibaba est présente dans un grand nombre de légendes avec diverses variantes, ce qui explique qu'elle soit connue sous différents noms comme le « démon sorcière » « la vieille sorcière », « la femme de la montagne », « l’ogre d'Adachigahara » (en japonais : 安達が原の鬼), le « kurozuka » (en japonais 黒塚, soit le « tumulus noir »)... ces deux derniers noms se référant à des lieux où le monstre est supposé vivre.

Kurozuka, extrait du Gazu Hyakki Yakō de Toriyama Sekien (1776 ap. J.C.)


Onibaba a l'apparence d'une vieille femme ratatinée, mais certains contes présentent cet aspect comme une simple illusion destinée à dissimuler sa véritable apparence démoniaque aux yeux de ses victimes et ainsi tromper leur vigilance.
Même sous forme humaine, l'iconographie japonaise laisse cependant transparaître sa nature d'ogresse en lui attribuant une apparence de démente, avec un visage déformé, les cheveux en bataille ou une bouche surdimensionnée.
Elle est également parfois représentée tenant à la main le couteau de cuisine qu'elle utilise pour dépecer ses victimes, ou accroupie près d’une fileuse comme une vieille femme japonaise normale.

Onibaba est souvent associée à la ville d'Adachi, située dans la préfecture de Fukushima au centre du pays. La tradition orale locale raconte en effet qu'onibaba aurait vécu dans une grotte ou une petite maison dans la lande d'Adachi (Adachigahara en japonais) et serait morte non loin de là au lieu-dit du « tumulus noir « (kurozuka en japonais).


Histoires célèbres mettant en scène onibaba


Une version répandue de l’histoire d’onibaba commence par l’histoire d’une petite fille d'une riche famille de Kyoto.
Âgée de cinq ans, bien qu’heureuse et en bonne santé, l’enfant était muette de naissance. La famille consulta tous les médecins et essaya tous les remèdes possibles, puis en désespoir de cause, s’en remit à une diseuse de bonne aventure qui expliqua que le seul moyen de soigner leur fille du mutisme était de la nourrir du foie frais d’un fœtus vivant.

Cette tâche macabre fût transmise à la nourrice, qui partit à la recherche du mets funeste, après avoir quitté sa propre fille du même âge en lui laissant un omamori, une amulette de protection.
La nourrice partît des semaines, puis des mois, à la recherche d’une femme enceinte prête à abandonner son enfant. Épuisée par ses recherches, elle finit par se cacher dans un repaire, d’où elle guettait les voyageurs, en quête d’une femme enceinte à mutiler. Les années passèrent jusqu’au jour où enfin une femme enceinte fût à sa portée. La nourrice bondit sur la voyageuse et l’éventra, extirpant le fœtus et lui arrachant le foie.

Ce fût après l’accomplissement de son forfait que la nourrice trouva sur sa victime l’omamori qu’elle avait laissée à sa fille de nombreuses années auparavant. Prise de démence devant l’horreur de son crime, la nourrice devînt un yōkai manipulateur, attaquant les passants et dévorant leur chair.

Dans une autre version, le remède est le foie d’une femme enceinte et la nourrice n’a pas d’enfant. C’est le désespoir inspiré par son acte qui la change en yōkai.

Onibaba s'attaquant à une femme enceinte, peinture de Tsukioka Yoshitoshi (1885)


Il existe une pièce de théâtre Nō, Kurozuka, qui raconte l’histoire de deux prêtres, un maître et son disciple, entrés par mégarde dans la demeure d'onibaba à Adachi. Sous sa forme humaine, onibaba les y invite et leur parle de sa solitude, tout en faisant fonctionner sa fileuse et son fuseau. Plus tard, elle quitte son repaire pour aller ramasser du bois et demande aux prêtres de ne pas explorer la maison en son absence. Curieux, le disciple désobéit, et les prêtres découvrent alors une pièce remplie d’os et de cadavres en décomposition.

Ils comprennent alors que la vieille dame est en réalité onibaba et tentent de s’enfuir. Onibaba, outragée et reprenant sa forme de yōkai, les pourchasse en vain : le pouvoir de leur prières permet aux deux prêtres de s’en sortir.


Dépictions modernes d'onibaba


Au Japon, le mot « onibaba » ne désigne pas uniquement à la créature folklorique ; il peut également se référer aux vieilles femmes aigries, aux mégères, ou aux femmes ayant un comportement particulièrement viril.

Le film japonais Onibaba, sorti en 1964 et réalisé par Kaneto Shindō, raconte l'histoire d'une femme jalouse se grimant en démon pour effrayer sa belle-fille, veuve présumée, tombée amoureuse d'un voisin.


Onibaba est devenu le symbole de la station touristique d'Adachigahara Furusato Mura, située à proximité de la ville. Un petit musée prétend ainsi présenter la maison dans laquelle onibaba aurait tué ses victimes, ainsi que quelques-uns de ses effets personnels (sa marmite et son couteau).

Bappy-chan, la mascotte d'Adachigahara Furusato Mura

La mascotte de la station, surnommée bappy-chan (バッピーちゃん), est directement inspirée d'onibaba... bien qu'elle soit dépeinte d'une façon enfantine et mignonne qui lui ôte tout son caractère inquiétant. Bappy-chan possède des caractéristiques (crocs, petites cornes sur la tête) absentes des représentations traditionnelles d'onibaba, mais plutôt inspirées de l'oni?.


Traduction anglaise : Onibaba

Localisation : Japon, Asie

Liens complémentaires :

Galerie d'images diverses représentant onibaba

Bibligraphie :

  • Yōkai Attack! The Japanese Monster Survival Guide (2008), de Matt Alt and Hiroko Yod, Tokyo Kodansha International.

Catégories : O ; Créatures ; Mythes et folklore
Auteur : Ar Soner ; Salaryman
Mise en ligne : 08/08/11
Dernière modification : le 10/07/12 à 17:46