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Page choisie : Passe de Dyatlov

     Dyatlov, Passe de


Zone de l'Oural dans laquelle neuf skieurs sont morts dans des circonstances mystérieuses


Les circonstances

Les victimes ont été aperçues vivantes pour la dernière fois à Vizhai, le 27 janvier 1959, où est resté l'un de leurs compagnons pour des raisons de santé. Les neuf autres membres du groupe, des skieurs de cross-country expérimentés, ont disparu lors de leur étape suivante, supposée relier Vizhai à Otorten.

Il avait été prévu que le groupe arrive à destination aux environs du 12 février et envoie alors un télégramme au club de sport. De longs délais étant monnaie courante dans ce genre d'expédition, il fallut plusieurs jours pour que l'alerte soit donnée. Des groupes de sauveteurs ne furent envoyés à leur recherche que le 20 février, bientôt rejoints par l'armée et la police.

Le camp abandonné ne fut découvert que le 26 février.

La tente, telle qu'elle fut retrouvée par les sauveteurs


Les découvertes

De la tente endommagée (déchirée de l'intérieur), des traces de pas étaient encore visibles, allant dans la direction du bois voisin, distant d'un kilomètre et demi environ. À son orée, sous un grand sapin, les sauveteurs découvrent les restes carbonisés d'un feu de camp ainsi que les corps sans vie de deux des skieurs, sans chaussures et en sous-vêtements.

Entre le bois et le camp, les sauveteurs retrouvent ensuite successivement les cadavres de trois autres skieurs espacés de quelques dizaines de mètres, dans des positions suggérant qu'ils cherchaient à rejoindre la tente.

Il fallut plus de deux mois pour découvrir les corps des quatre derniers skieurs. Ils furent finalement retrouvés le 4 mai, sous une couche de quatre mètres de neige, dans une vallée enfoncée plus profondément dans les bois.

Un examen superficiel des cinq premiers corps ne révéla aucune blessure susceptible d'avoir causé la mort des skieurs (sinon une petite fissure non mortelle dans le crâne de l'un deux) et l'enquête conclut qu'ils étaient morts d'hypothermie.

La découverte des quatre autres corps changea radicalement ces conclusions. Trois d'entre eux présentaient des blessures fatales : des dégâts importants au crâne pour l'un, des fractures de la cage thoraciques pour les deux autres. Un expert estima que la force nécessaire pour créer de tels dégâts devait être de l'ordre de celle d'un accident de voiture.

Plus étranges encore, les corps ne présentaient aucune blessure externe, comme si leurs fractures étaient dues à une très forte pression. La langue de l'une des femmes avait disparu.


Reconstitution

Des éléments découverts dans le camp ont permis de reconstituer partiellement les événements qui ont mené au décès des huit skieurs. Il semblerait que leur plan ait été à l'origine de traverser la passe le 2 février et de camper de l'autre côté cette nuit-là, mais une erreur due à la mauvaise visibilité provoquée par l'imminence d'une tempête de neige les a fait dériver vers l'ouest, si bien qu'ils établirent leur campement sur le flanc d'une colline, à proximité de l'entrée de la passe.

L'une des dernières photographies du film retrouvé dans la tente, montrant l'établissement du camp, le soir du 2 février 1959

Les preuves indiquent que le groupe a été forcé de quitter le campement au milieu de la nuit du 2 février, alors que les skieurs dormaient. Malgré la température très basse (de l'ordre de -25 à -30°C) et une tempête, ils n'étaient que très peu vêtus (seul l'un d'eux portait des chaussures, tandis que les autres étaient en chaussettes ou pieds nus). Certains skieurs furent retrouvés couverts de vêtements appartenant aux autres, qu'ils ont semble-t-il arrachés à leurs cadavres avant de succomber à leur tour.

Les journalistes qui se sont penchés sur les parties disponibles du rapport de l'enquête disent que ce dernier mentionne :

  • que cinq membres du groupes sont morts d'hypothermie et trois de blessures fatales
  • qu'il n'y a aucune preuve de la présence de qui que ce soit d'autre dans la zone au moment des faits
  • que la tente a été déchirée de l'intérieur
  • que les traces de pas retrouvées près du camp montrent que tous les membres du groupe ont quitté le camp à pied
  • l'un des docteurs qui s'est occupé de l'enquête mentionne que les blessures fatales qu'ont subi trois des corps ne peuvent avoir été causées par un autre être humain, en raison de la force extrême qu'elles ont nécessité
  • des tests indiquent une importante contamination radioactive des vêtements des victimes

La conclusion de l'enquête fut que tous les membres du groupe furent tués par "une force irrésistible inconnue". Les rapports d'enquête furent classifiés "top secrets" et envoyés dans une archive secrète. Des photocopies partielles n'en ont été rendues disponibles que dans les années 90.

L'hypothèse d'une attaque par les Mansi, un peuple indigène de la région, a été abandonnée car seules les traces de pas des skieurs (ne montrant aucun signe de lutte) ont été retrouvées sur les lieux.

Des critiques ont été émises à l'encontre de cette enquête, certains éléments auraient échappé à ceux qui la réalisèrent ou auraient été omis :

  • après les funérailles, des proches des victimes ont affirmé que leur peau avait une étrange teinte brun foncé (ou orange, selon la source consultée)
  • l'un des anciens enquêteurs a dit, lors d'une interview privée, que son dosimètre avait indiqué un niveau élevé de radiation dans toute la zone où les corps ont été retrouvés, ce qui serait la cause du niveau de radioactivité anormalement élevé des corps. La source de cette dernière n'a cependant pas pu être retrouvée.
  • en 1990, l'enquêteur en chef Lev Ivanov avoua lors d'une interview que des supérieurs hiérarchiques l'avaient poussé à clore rapidement l'enquête et à rendre ses conclusions secrètes. Selon lui, cet empressement serait lié au témoignage des membres d'une autre expédition, situés à une cinquantaine de kilomètres au sud au moment des faits, qui disent avoir observé d'étranges lueurs orangées dans le ciel vers le nord la nuit de l'accident. Des sphères similaires auraient été observées dans la région de février à mars 1959.
  • des reconstitutions du comportement des victimes indiquent qu'elles étaient peut-être aveuglées lorsqu'elles ont quitté la tente. Elles ont en effet arraché des branches de sapin épaisses et humides pour leur feu, alors qu'il y avait du petit bois sec à proximité.
  • certains rapports indiquent qu'il y avait beaucoup de ferraille dans les environs, ce qui a mené à des spéculations sur une éventuelle utilisation de la zone par les militaires, qui auraient ensuite cherché à le cacher.
Un morceau de métal retrouvé sur les lieux. Un morceau de manteau, des lunettes et un morceau de ski dont les propriétaires n'auraient pas pu être identifiés auraient également été retrouvés sur place.

L'ancien enquêteur en chef est persuadé que les boules lumineuses observées dans le ciel cette nuit-là ont un lien avec la mort des skieurs et la volonté des autorités d'étouffer l'affaire. Pour lui, il est possible que l'un des membres du groupe ait aperçu une sphère pendant la nuit, ait réveillé les autres puis que la sphère ait explosé alors qu'ils couraient vers le bois voisin, causant les graves blessures retrouvées sur les corps.

Le seul survivant du groupe, Yuri Yudin, doit sa vie à un problème de santé qui l'a empêché d'être avec ses neuf compagnons lors de cette étape de leur voyage. Il cherche aujourd'hui à comprendre ce qui a pu leur arriver et envisage sérieusement l'hypothèse que le groupe est entré par inadvertance dans une zone de tests militaires secrets, ce qui expliquerait la présence de radiations et de morceaux de métal.

Une hypothèse fréquemment avancée est que le campement, situé sur le versant d'une colline enneigée, aurait provoqué une avalanche, forçant les skieurs à quitter leur tente précipitamment. Elle a le mérite d'expliquer une grande partie des observations :

  • Le fait que les victimes se soient comportées comme si elles étaient aveugles peut s'expliquer par le fait que l'accident semble avoir eu lieu pendant la nuit et que les victimes ont quitté le campement précipitamment (sans chaussures donc a fortiori sans lampe torche).
  • Il est possible que les campeurs aient déchiré une des parois de leur tente afin de pouvoir en sortir, parce que sa sortie normale était bloquée par exemple par la neige.
  • Les skieurs auraient alors quitté leur tente en toute hâte, par peur d'être ensevelis, sans prendre le temps de prendre de quoi se couvrir. Le fait qu'ils soient allés vers le bois proche suggère qu'ils espéraient peut-être pouvoir s'y abriter et faire un feu, ce qui expliquerait le tas de bois. N'ayant pas pris de quoi l'allumer, trois d'entre eux seraient alors retournés vers la tente dans l'intention d'y prendre le nécessaire, mais sont morts de froid en chemin. Deux autres ont péri à côté du tas de bois en les attendant.
  • Les quatre derniers corps, retrouvés plus loin dans les bois sous quatre mètres de neige sont plus difficiles à expliquer en raison des fractures terribles constatées sur trois des cadavres. Il semble toutefois possible que ces fractures, provoquées selon le légiste par "une importante pression", aient été causées par le déferlement d'une grande quantité de neige sur les victimes lors d'une avalanche. De même, l'absence de langue chez l'une des victimes est peut-être due au fait qu'elle l'a mordue au moment du choc. Puisque ces corps n'ont été retrouvés qu'un mois après les autres, il est possible qu'une partie de la neige qui les recouvrait ait fondu.
  • Enfin, le teint étrange des cadavres pourrait être dû à leur séjour prolongé dans la neige.

Cette hypothèse n'explique cependant pas les aspects les plus étranges soulevés par l'enquête. De plus, l'idée selon laquelle de la neige aurait recouvert partiellement la tente semble contredite par le fait qu'elle était totalement dégagée lors de sa découverte et que les traces de pas des victimes étaient encore visibles, ce qui écarte la possibilité qu'il ait fait suffisamment chaud pour que la neige fonde significativement.

La passe de Dyatlov conserve donc aujourd'hui encore une grande part de mystère et a été rebaptisée en l'honneur du leader du groupe, Igor Dyatlov.


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Traduction anglaise : Dyatlov pass (l'affaire est appelée « l'incident de la passe de Dyatlov », Dyatlov pass incident)

Traduction russe : Перевал Дятлова

Localisation : Oural, Russie, Asie (61°45′17″N 59°27′46″E)

Date : nuit du 12 février 1959

Liens complémentaires :

Article Mysterious Deaths of 9 Skiers Still Unresolved, par Svetlana Osadchuk

Catégories : D ; Évènement ; Lieu ; Conspirations
Auteur : Paul Binocle
Mise en ligne : 04/10/08
Dernière modification : le 10/07/12 à 16:45