Encyclopédie du paranormal - Tatzelwurm

     Tatzelwurm


Cryptide vermiforme des Alpes


Le tatzelwurm ("ver à pattes" en allemand ; pluriel tatzelwürmer) est un créature légendaire du folklore de la chaîne des Alpes.
L'existence du tatzelwurm étant jugée comme plausible par de nombreux cryptozoologues, celui-ci est de ce fait davantage considéré comme un cryptide que comme un animal mythique purement fictif.

Le tatzelwurm est le plus souvent décrit comment un gros reptile de 50 à 90 cm de long, évoquant par son apparence un serpent ou un ver : il aurait en effet un long corps cylindrique et épais, recouvert d'écailles grisâtres.
Sa tête serait de forme ronde (comme celle d'un chat) et sans cou visible (elle n'apparaît pas nettement différenciée du reste du corps). Une langue bifide comme celle des serpents est parfois signalée.
La grande majorité des descriptions et témoignages dépeignent le tatzelwurm avec deux très petites pattes antérieures mais pas de pattes postérieures.

Cependant, si ce portrait-robot est largement admis par les cryptozoologues et le grand public, il existe également un grand nombre de témoignages atypiques qui dépeignent des tatzelwürmer de taille colossale (15 mètres !), ou recouverts de poils, ou sans pattes... voire l'inverse, avec 4 pattes.

Gravure du tatzelwurm dans un almanach de 1841

(Source : Institut Virtuel de Cryptozoologie)

Selon les croyances alpines, le tatzelwurm vivrait dans les infractuosités et les cavernes de montagne, dont il ne sortirait qu'en de rares occasions.
Toujours selon cette même tradition, l'animal aurait un caractère très agressif et serait venimeux ; son poison serait même si virulent qu'il pourrait tuer un homme -mais cela n'a jamais été attesté. Le folklore autrichien et quelques témoignages attribuent également au tatzelwurm la capacité de faire des bonds impressionnants, de plusieurs mètres de long.

La tradition du tatzelwurm existe dans tous les pays parcourus par la chaîne des Alpes de l'Ouest : Suisse, Autriche, Est de la France, Sud-Est de l'Allemagne, Nord de l'Italie et Slovénie.
Ainsi suivant la région considérée, le nom connaît des variations : arassas en Savoie, springwurm ("ver sauteur") au Tyrol, stollenwurm ("ver des galleries souterraines") en Suisse, kuschka en Slovénie et lindwurm en Autriche et en Bavière.
Le mot tatzelwurm se rencontre lui en Allemagne, en Suisse et en Autriche ; il est peu à peu devenu le nom officiel de l'animal pour les cryptozoologues internationaux.


Il n'existe aucun indice ni trace matériel permettant de démontrer l'existence du tatzelwurm.
En 1934, un suisse du nom de Balkin prit lors d'une promenade une photo de ce qu'il pensait être un vieux tronc d'arbre ; lorsque le flash se mit en marche, le supposé "tronc d'arbre" prit la fuite et disparut. Le cliché, publié dans le Berliner Illustrieten Zeitung, montre une sorte de tête de poisson au milieu d'un taillis.
La photographie de Balkin est de nos jours considérée de façon unanime comme un canular par les cryptozoologues.

Cliché (supposé truqué) du "tatzelwurm" pris par Balkin en 1934 en Suisse

La croyance jadis très répandue selon laquelle le tatzelwurm était une sorte de "dragon inférieur", voire une larve de dragon, s'est éteinte progressivement au cours du XIXème et du XXème siècle.

Les cryptozoologues ont proposé diverses hypothèses pour tenter d'identifier et de classifier le tatzelwurm. S'il ne fait aucun doute pour eux qu'il s'agit bien d'un reptile (entre autre à cause de sa langue bifide, de ses écailles et de son apparence similaire à celle d'un serpent), en revanche le mystère subsiste quant à son espèce :

  • selon certains, le tatzelwurm serait une espèce inconnue d'héloderme, un genre de lézards particuliers qui possèdent la particularité d'avoir une salive venimeuse et dont le représentant le plus connu est le monstre de Gila.
    Le cryptozoologue amateur tyrolien Jakob Nicolussi fut le premier à émettre cette hypothèse en 1933, et il donna même un nom scientifique au tatzelwurm : Heloderma europeanum.
    Cette théorie est cependant très discutée, dans la mesure où il n'existe aucun héloderme dans l'Ancien monde (les deux espèces connues sont strictement américaines) et où les hélodermes ne partagent que peu de points communs avec le tatzelwurm (un corps trapus dont la tête et la queue sont nettement distinctes, et avec 4 pattes bien visibles).
  • Bernard Heuvelmans a suggéré que le tatzelwurm pourrait être un lézard de la famille des Anguidés, des lézards sans pattes répandus dans toute l'Europe (on peut citer notamment l'orvet en France). Certaines espèces d'anguidés possèdent des pattes antérieures atrophiées, tandis que d'autres peuvent atteindre des tailles impressionnantes, tel le sheltopusik des Balkans (Ophisaurus apodus) qui peut mesurer jusqu'à 1 mètre 30.
  • pour d'autres cryptozoologues, le tatzelwurm serait une sorte d'amphisbene, une catégorie de reptiles fouisseurs encore méconnu. Certains traits des amphisbènes évoquent en effet une parenté avec le tatzelwurm : le corps allongé et recouvert d'écailles, évoquant celui d'un ver, avec la tête non différenciée du cou, la présence de deux petites pattes antérieures que l'on retrouve notamment chez certaines espèces...
    Cependant la ressemblance s'arrête là : il n'y a pas d'amphisbènes en Europe (à l'exception de la péninsule ibérique), les amphisbènes ne sont pas venimeux, et surtout ils ont un mode de vie souterrain qui cadre mal avec les témoignages recueillis.
  • il a été avancé que le tatzelwurm pouvait être une sorte de salamandre, mais les écailles et la langue bifide n'existent pas chez les batraciens et sont le propre des reptiles.

Certains cryptozoologues établissent parfois un lien entre le tatzelwurm et l'olgoï khorkhoï, un cryptide vermiforme de Mongolie. Toutefois en dehors de leur ressemblance extérieure superficielle, ces deux créatures présentent de nombreuses différences tant dans leur aspect que dans leur mode de vie.

Un ajolote (Bipes biporus), une espèce d'amphisbène mexicain dont la particularité est de posséder deux pattes antérieures, comme le tatzelwurm

Les plus sceptiques avancent cependant que le tatzelwurm est une pure légende, probablement liée à celle du "lindworm?'', le « dragon serpent » des croyances germaniques et scandinaves.
Ils s'appuient sur l'absence de la moindre preuve démontrant son existence, et pointent du doigt certaines caractéristiques improbables du tatzelwurm – comme par exemple sa capacité à faire des bonds en hauteur, ce qui est très improbable pour un reptile de cette morphologie – ainsi que la grande hétérogénéité des témoignages.
Les cryptozoologues expliquent ce dernier point par la confusion des témoins, qui auraient parfois interprétés des animaux bien connus (des serpents, des salamandres, ou des mammifères comme la belette ou la martre) comme des tatzelwürmer.


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Traduction anglaise : Tatzelwurm

Localisation : Ouest de la chaîne montagneuse des Alpes (soit France, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche et Slovénie), Europe.

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Auteur : Ar Soner
Mise en ligne : 12/07/09
Dernière modification : le 05/01/16 à 17:41